AMD vise le marché des centres informatiques avec EPYC
Une gamme de processeurs jusqu'à trente-deux cœurs mettant l'accent sur la mémoire

Le , par dourouc05, Responsable Qt
AMD a longtemps laissé un certain nombre de segments du marché des microprocesseurs à Intel et NVIDIA : le haut de gamme pour les particuliers, le calcul à haute performance, les centres informatiques, notamment. Le retour de la compagnie s’est d’abord fait dans les cartes graphiques, avec Polaris. Ensuite, ces derniers mois, il fait peur à Intel dans le haut de gamme (qui se voit obligé de lancer des processeurs avec plus de cœurs à des tarifs abordables, en relative urgence), avec Ryzen. Maintenant, c’est au tour de la plus grosse vache à lait d’Intel : les centres informatiques, où les Xeon règnent en maîtres… avant d’être détrônés par des processeurs ARM ou AMD ?

Ainsi, AMD porte sur le marché ses processeurs EPYC, construits sur la même architecture Zen que ses processeurs grand public, Ryzen (suivant la même stratégie qu’Intel). Les EPYC 7000 pourront avoir jusque trente-deux cœurs (vingt-huit côté Intel), avec jusque deux fils d’exécution par cœur. Ils sont prévus pour être mis seul à deux sur une même carte mère (là où Intel peut monter à huit, avec cependant une demande assez faible).



Contrairement à Intel, la distinction se fait très peu sur la fréquence (tous les EPYC 7000 fonctionnent entre 2,0 et 2,4 GHz, avec un mode turbo qui monte à 2,7 GHz — voire plus, si certains cœurs sont désactivés). Leur cache L3 est relativement grand (64 Mo), ils gèrent huit canaux DDR4 (maximum deux barrettes par canal, c’est-à-dire seize barrettes de mémoire par processeur ; contrairement à quatre chez Intel) pour un total de deux téraoctets maximum par processeur. La communication avec la mémoire peut être chiffrée et déchiffrée en temps réel, avec des clés générées par le processeur ou du côté logiciel (notamment pour la virtualisation) : ainsi, cela limite très fortement les possibilités d’attaque d’une machine virtuelle à l’autre.



Pour la communication, ils prévoient cent vingt-huit lignes PCIe, quatre fois ce que propose Intel, mais la moitié des lignes (c’est-à-dire soixante-quatre) est réservée en cas de deuxième processeur sur la carte mère. Ainsi, peu importe la configuration, ces processeurs offriront cent vingt-huit lignes vers l’extérieur — de quoi offrir une connectivité pour huit cartes graphiques (seize lignes chacune) ou encore trente-deux SSD en NVMe (quatre lignes chacun)… ou toute autre combinaison. Huit lignes sont cependant réservées pour être compatibles SATA.



Au niveau architectural, une puce EPYC est constituée de quatre plus petits éléments, reliés par l’Infinity Fabric d’AMD. Cette même technologie est utilisée pour la communication entre processeurs. L’intérêt est donc de fabriquer des puces relativement petites (et donc faciles à réaliser), puis de les assembler. Chaque bloc a un total de trois liens Infinity Fabric, avec un débit maximum de trente-huit gigaoctets par seconde. Infinity Fabric est aussi utilisé à l’intérieur de chaque bloc de huit cœurs, afin de relier des “complexes” (CCX, pour core complex) de quatre cœurs), mais avec un débit plus important (quarante-deux gigaoctets par seconde) — la probabilité d’erreur de transmission est plus faible.

Cette manière de procéder montre à quel point EPYC n’est qu’un sous-produit de l’architecture Zen : Ryzen n’a qu’un seul de ces éléments (huit cœurs) et Threadripper deux (seize cœurs). Le travail de conception spécifique à EPYC est donc très limité.



Cependant, les statistiques pour les processeurs Intel sont données pour la génération actuelle, Broadwell, où effectivement EPYC a de nombreux avantages à mettre en avant. La compétition aura cependant lieu avec la prochaine génération, Skylake, qui devrait aussi arriver en fin d’année. Certaines fonctionnalités des processeurs EPYC seront donc mises à mal (AMD affirme augmenter la performance en calcul à virgule flottante de 75 %, mais sans compter les instructions AVX-512 d’Intel) — on ne s’attend pas à ce qu’EPYC batte Intel à plates coutures au niveau de la performance brute par cœur. Néanmoins, AMD semble avoir prévu le coup en ce qui concerne la mémoire (Intel ne proposera que six canaux, contre huit pour EPYC) et la communication (cent vingt-huit lignes PCIe, quand on s’attend à quarante-huit pour Intel). Sans oublier qu’AMD se placera probablement un peu en dessous d’Intel niveau prix… et que la distinction entre les processeurs se fait surtout au niveau du nombre de cœurs, toutes les fonctionnalités étant disponibles sur toute la gamme.



Sources : AMD Challenges Intel’s Datacenter Dominance with New EPYC Processors, AMD muscles in on Xeon’s turf as it unveils Epyc (images).


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Avatar de massimo16 massimo16 - Candidat au Club https://www.developpez.com
le 27/06/2017 à 11:22
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