Vous êtes nouveau sur Developpez.com ? Créez votre compte ou connectez-vous afin de pouvoir participer !

Vous devez avoir un compte Developpez.com et être connecté pour pouvoir participer aux discussions.

Vous n'avez pas encore de compte Developpez.com ? Créez-en un en quelques instants, c'est entièrement gratuit !

Si vous disposez déjà d'un compte et qu'il est bien activé, connectez-vous à l'aide du formulaire ci-dessous.

Identifiez-vous
Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ?
Créer un compte

L'inscription est gratuite et ne vous prendra que quelques instants !

Je m'inscris !

ARM coupe ses liens avec Huawei à cause des sanctions US
Ce qui menace la capacité du Chinois à concevoir de nouvelles puces pour ses smartphones

Le , par Michael Guilloux

111PARTAGES

16  0 
Le concepteur britannique de puces, ARM, a mis un terme à ses relations avec Huawei dans un souci de se conformer aux sanctions prises par les USA contre le géant chinois des télécoms. Comme nous l'avons rapporté la semaine passée, l'administration Trump a en effet publié un décret qui place Huawei sur une liste noire, une décision qui contraint les entreprises américaines à ne plus faire d'affaires avec le géant chinois des télécoms, à moins d'avoir une autorisation officielle.

Avec cette sanction, Huawei a vu rapidement ses partenaires US commencer à suspendre leurs relations commerciales jusqu'à nouvel ordre. C'est le cas de Google, l'éditeur de l'OS utilisé par les téléphones Huawei, mais aussi bon nombre de fournisseurs de semi-conducteurs entre autres entreprises technologiques : Intel, Qualcomm, Xilinx, Broadcom, Qorvo, Micron Technology et Western Digital.

Ce mouvement ne s'est toutefois pas limité aux USA. Le fabricant allemand de puces Infineon Technologies a par exemple suspendu ses livraisons de composants à Huawei, tandis que d'autres firmes technologiques en Europe et en Asie ont indiqué étudier les conséquences du décret de Trump pour leurs entreprises. Il s'agit notamment du fabricant franco-italien de puces ST Microelectronics ; Taiwan Semiconductor Manufacturing Co. (TSMC), le principal fournisseur asiatique de puces en Chine ; Toshiba Memory, le deuxième fournisseur mondial de mémoire flash au monde ; et le fournisseur d'écrans Japan Display Inc.

Il semble en effet que les entreprises étrangères utilisant une certaine quantité de technologie américaine dans la fabrication de produits qu'elles vendent à Huawei sont également soumises à la même restriction. Elles risquent donc des répercussions juridiques aux États-Unis si elles ne se conforment pas au décret de Donald Trump. Elles pourraient elles-mêmes être inscrites sur une liste noire. C'est ce qui explique la décision du concepteur de puces ARM, racheté en 2016 par le Japonais Softbank, mais qui maintient son siège à Cambridge.

La société britannique a ordonné à ses employés de suspendre « tous les contrats actifs et engagements en cours » avec Huawei après que les États-Unis ont ajouté Huawei à une liste d'entreprises avec lesquelles les entreprises US ne peuvent pas traiter. ARM a déclaré dans un mémo interne que ses conceptions contenaient une technologie d'origine américaine. Par conséquent, son personnel n'était plus autorisé à « fournir de l'assistance, des technologies (logiciels, codes ou autres mises à jour) ou engager des discussions techniques » avec Huawei.

« ARM se conforme aux dernières restrictions établies par le gouvernement américain et est en discussion avec les agences gouvernementales américaines appropriées pour s'assurer que nous restons en conformité », a déclaré un porte-parole d'ARM dans un communiqué. « ARM apprécie sa relation avec notre partenaire de longue date HiSilicon [la branche de Huawei spécialisée dans les semi-conducteurs, NDLR] et nous espérons une résolution rapide de ce problème. »


Si Huawei dit avoir un plan B pour contourner Android, sans ARM, ce serait plus difficile de surmonter les restrictions des USA. ARM propose en effet des architectures qui sont vendues sous licence de propriété intellectuelle à de nombreux concepteurs. Elle propose différentes options dans lesquelles les constructeurs peuvent prendre ce qui les intéresse pour compléter avec leurs options propres ou celles de concepteurs tiers. Aujourd'hui, ARM est surtout connue pour ses systèmes sur puce (SoC), intégrant sur une seule puce : microprocesseur, processeur graphique (GPU), DSP, FPU, SIMD, et contrôleur de périphériques. Et ceux-ci sont présents dans la majorité des smartphones et tablettes.

Par conséquent, lorsque vous entendez parler d'un appareil alimenté par une puce Samsung Exynos, Qualcomm Snapdragon ou Apple A11, c'est toujours la technologie ARM qui est impliquée. Comme Apple et des fabricants de puces tels que Qualcomm, Huawei utilise la propriété intellectuelle d'ARM pour concevoir les processeurs qui alimentent ses smartphones. Autrement dit, ARM est à la base de la conception des puces pour les smartphones Huawei. Pour cette raison, certains analystes estiment que la décision d'ARM constitue un obstacle insurmontable pour Huawei. Cela paralysait potentiellement la capacité de la société chinoise à fabriquer de nouvelles puces pour ses futurs smartphones.

Source : Reuters

Et vous ?

Que pensez-vous du fait que les entreprises étrangères reconsidèrent leurs relations avec Huawei à cause d'une décision US ?
Cela ne devrait-il pas interpeller l'Europe sur la nécessité d'être technologiquement souveraine ?

Voir aussi :

La Chine prévoit un fonds de 47 milliards de dollars pour stimuler son industrie de semi-conducteurs et réduire le fossé technologique avec les USA
La Chine aurait commencé la production de ses processeurs x86 pour serveurs basés sur AMD Zen, Dhyana serait un clone pur et simple d'EPYC
Les USA envisagent de reconsidérer leur coopération avec les alliés qui utilisent les équipements 5G de Huawei en ne partageant plus les informations
Technologie 5G : la France dégaine la « loi Huawei », ou plutôt une « réponse technique et technologique à un problème technique et technologique. »
USA : la bataille opposant ZTE et les États-Unis touche à sa fin suite à un accord autour d'un dépôt d'entiercement de 400 millions de dollars
Les sanctions américaines contre ZTE pourraient à nouveau entrer en vigueur après un vote du Sénat malgré les efforts de Donald Trump

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-le nous !

Avatar de Christian Olivier
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 24/05/2019 à 15:51
Les motifs avancés par Trump pour justifier l’embargo contre Huawei sont inacceptables
Les USA auraient-ils bluffé depuis le début ?

Alors que l’entreprise chinoise Huawei est sur le point de jouer un rôle majeur dans le déploiement de la 5G à l’échelle planétaire, l’administration Trump s’est engagée dans une campagne de boycott de grande ampleur pour imposer le bannissement des équipements réseau du chinois. Les États-Unis veulent persuader leurs alliés de l’UE et des Big Five qu’en raison des forts soupçons de collusion qui existeraient entre Huawei et le gouvernement et l’armée de Chine, les logiciels et le matériel de cette société pourraient être utilisés par Pékin à des fins de cyberespionnage ou de sabotage.


La semaine dernière, l’administration Trump a pris des mesures extrêmes et sans précédent contre Huawei, mettant sous embargo le géant technologique chinois au risque d’une rupture à long terme des relations commerciales entre Washington et Pékin. Ces mesures incluent l’ajout du géant des télécoms chinois, comme la société russe de cybersécurité Kaspersky avant elle, dans une liste noire qui contraint les entreprises étasuniennes à ne plus faire affaire avec Huawei, à moins d’avoir une autorisation officielle préalable. Cette action a poussé de nombreuses entreprises technologiques américaines (Microsoft, Intel, ARM, Google…) à mettre un terme à leurs relations commerciales avec le second fabricant mondial de smartphones qui occupe près du quart du marché dans la zone EMEA.

Pour justifier sa décision, l’administration Trump a expliqué que le matériel Huawei expose les États-Unis à un risque accru d’espionnage. D’après elle, « les adversaires étrangers créent et exploitent de plus en plus de vulnérabilités dans les technologies et services d’information et de communication ». Elle est persuadée que « l’acquisition ou l’utilisation sans restriction » d’équipements conçus par des adversaires étrangers aggrave ces vulnérabilités au point de constituer « une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale ».

Si cette manœuvre avait pour but de restreindre Huawei dans le domaine de l’infrastructure réseau, ça pourrait se comprendre. Mais quel est le rapport avec le matériel exporté et surtout destiné à des marchés autres que celui des États-Unis : pourquoi les puces Intel, AMD et Qualcomm ou la mémoire flash de Micron ne devraient-elles pas être vendues à Huawei pour être utilisées sur des produits (PC ou smartphones et autres) destinés à l’Europe ? Huawei ne vend pas de smartphones aux États-Unis et malgré le fait que la Chine a des antécédents de violation de la propriété intellectuelle et de vol de secrets commerciaux, pourquoi d’autres groupes chinois comme Lenovo, OnePlus ou DJI ne sont pas inquiétés ?


Les États-Unis et la Chine se livrent une intense guerre commerciale depuis l’an dernier, un conflit dans lequel la surenchère verbale, l’arrestation de hauts responsables de multinationales de part et d’autre et la manipulation des tarifs douaniers font partie des principaux instruments de cette confrontation économique. Certains pourraient voir les mesures contre Huawei comme faisant partie d’une stratégie visant à augmenter la pression sur l’économie chinoise afin d’obtenir des concessions à l’avenir. Mais invoquer des raisons liées à la sécurité nationale dans l’affaire Huawei comme le font les USA actuellement ne pourrait-il pas nuire durablement à la crédibilité des USA en cas d’apparition d’une menace réelle pour la sécurité ?

Récemment, le président Trump s’est adressé à la presse après un événement au cours duquel a été abordée la question de l’appui aux agriculteurs étasuniens impactés par la guerre commerciale entre Washington et Pékin. Lorsqu’un journaliste a interrogé Donald Trump au sujet des actions menées à l’encontre de Huawei, la réponse du président a été troublante : « Huawei est quelque chose de très dangereux. Si vous regardez ce qu’ils ont fait du point de vue de la sécurité, du point de vue militaire, c’est très dangereux. Il est donc possible que Huawei soit même inclus dans une sorte d’accord commercial. Si nous parvenions à un accord, j’imagine que Huawei pourrait être inclus dans un accord commercial sous une forme ou une autre ».


Trump semble indiquer qu’un embargo a été imposé à Huawei parce que cette entreprise constitue une menace pour la sécurité nationale des USA. Mais il précise aussi que ces restrictions pourraient être levées dans le cadre d’un accord commercial entre les États-Unis et la Chine, ce qui à première vue ne parait pas logique : comment pourriez-vous négocier une menace à la sécurité dans le cadre d’un accord commercial sachant que votre partenaire ne peut pas promettre de façon crédible qu’il n’essayera pas de vous espionner ?

Ces allégations apparemment incompatibles pourraient tout de même trouver un sens en admettant que la menace pour la sécurité nationale brandie par le camp étasunien était du bluff à la base. Quel que soit l’accord que Trump signe, les agences d’espionnage chinoises continueront leurs activités et si Huawei était une menace avant l’accord, elle le sera tout autant par la suite. Bien sûr, si la société technologique n’était pas vraiment une menace pour la sécurité et que l’administration Trump s’en est servi comme excuse pour intensifier la guerre commerciale, ce serait encore pire, car n’importe quelle autre entreprise technologique pourrait servir de bouc émissaire à l’avenir.

Le monde de la sécurité nationale repose sur des renseignements confidentiels et les opérations de vie ou de mort doivent souvent être entreprises pour des raisons qui ne peuvent être rendues publiques. Dans ces cas-là, le président et les autres chefs de gouvernement ne peuvent raconter qu’une partie de l’histoire, et au-delà de cela, ils ont besoin que le public ait confiance dans le fait qu’il existe une préoccupation de sécurité nationale valable pour dissimuler le reste. Cette confiance a été ébranlée ces dernières années, souvent pour de bonnes raisons, mais c’est une part importante de ce que signifie avoir un service de renseignement fonctionnel. Faire reculer des restrictions massives à la suite d’un accord commercial serait catastrophique pour cette crédibilité et la confiance dans cette institution est la principale raison pour laquelle nous devons croire que Huawei est une menace en premier lieu.

Il se pourrait que les propos de Trump aient été mal interprétés. Mais, quels que soient les faits, c’est au président de justifier ses actions auprès du public et de présenter clairement ces mesures contre Huawei dans le cadre d’un plan plus large entrepris pour le bien des États-Unis, ne serait-ce que pour préserver la crédibilité du gouvernement en place. La décision de Trump a causé un immense chaos et de l’inquiétude à l’échelle mondiale dans l’industrie technologique. Il doit au moins aux différents acteurs de ce milieu une explication honnête sur les raisons qui l’ont poussé à agir de la sorte.

Et vous ?

Que pensez-vous de l’embargo américain imposé à Huawei et des justifications avancés avancées par le président américain ?

Est-il, selon vous, possible de négocier une menace à la sécurité dans le cadre d’un accord commercial sachant qu’aucun des partenaires impliqués ne peut pas promettre de façon crédible qu’il n’essayera pas de vous espionner ?

Invoquer des raisons liées à la sécurité nationale dans l’affaire Huawei comme le font les USA actuellement ne pourrait-il pas nuire durablement à la crédibilité des USA en cas d'apparition d'une menace « réelle » pour la sécurité ?

Est-il admissible que des puces Intel, AMD et Qualcomm ou la mémoire flash de Micron ne puissent pas être vendues à Huawei pour être utilisées sur des produits (PC ou smartphones et autres) destinés à des marchés autres que celui des USA ?

Les USA auraient-ils bluffé depuis le début ?

Voir aussi

Les Etats-Unis accusent la Chine de cyberespionnage des entreprises et agences américaines, HPE, IBM piratés et les données de leurs clients volées
Voici 6 raisons pour lesquelles Huawei donne aux États-Unis et à ses alliés des cauchemars en matière de sécurité informatique
Huawei poursuit le gouvernement des USA pour ce qu'il appelle une interdiction injuste, l'obligeant à rendre publiques ses accusations à son encontre
Après l'Allemagne et le Royaume-Uni, la Belgique blanchit Huawei, nouveau coup dur pour la campagne de diabolisation des États-Unis ?
24  1 
Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 04/06/2019 à 16:33
L'IEEE décide de lever les sanctions contre Huawei sur les activités éditoriales,
après les éclaircissements du département américain du Commerce

Le mois dernier, suite à une longue liste d’entreprises et d'organisations internationales qui se sont désolidarisées de Huawei depuis que le président Donald Trump a signé un décret interdisant l’achat ou l’utilisation de toute technologie de communication produite par des entités contrôlées par « un adversaire étranger », assorti d’une mesure connexe prise par le ministère américain du Commerce interdisant aux entreprises américaines de traiter avec Huawei et 68 affiliés, l'Institute of Electrical and Electronics Engineers (IEEE) a interdit aux employés de Huawei d'examiner les articles publiés dans ses revues en raison des sanctions mentionnées ci-dessus.

IEEE est une importante société scientifique basée à New York qui dispose d’un large éventail d'activités et d'avantages pour ses membres, les bénévoles et la communauté technique, y compris ses quelque 200 revues. Mais l’association a déclaré le mois dernier aux rédacteurs en chef des revues qu'elle craignait des « conséquences juridiques graves » si elle continuait à avoir les scientifiques de Huawei comme examinateurs pour la révision des documents techniques. Ils « ne peuvent pas s'occuper des papiers » jusqu'à ce que les sanctions soient levées, pouvait-on lire dans un courriel envoyé aux rédacteurs en chef par l’association. Toutefois, l’IEEE a rassuré que l'impact de la politique commerciale aurait des effets limités sur ses membres, et que les employés de la firme chinoise pouvaient continuer à siéger aux comités de rédaction de l'IEEE et faire bien d’autres choses qu’ils faisaient avant.

Des réactions en chaîne

Le 15 mai dernier, le président des États-Unis a signé un décret établissant les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis, visant à neutraliser la capacité de Beijing à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération. Le 16 mai, le Bureau de l'industrie et de la sécurité (BIS) du département du Commerce des États-Unis, qui administre et applique les règlements américains sur l'administration des exportations (EAR), a expressément ajouté Huawei Technology Ltd. et 68 de ses filiales à sa liste noire commerciale.

Ces décisions ont contraint certaines grandes entreprises et organisations à mettre fin à leur collaboration avec Huawei. Quelques jours seulement après la prise de la mesure, Google a mis une pause à sa collaboration avec Huawei en lui bloquant certains services Android ; ARM aurait ensuite ordonné à ses employés de suspendre leurs activités avec la firme ; les fabricants de puces, Intel et Qualcomm auraient également coupé des liens avec Huawei ; Wi-Fi Alliance et SD Association ont également rompu tout lien avec l’entreprise chinoise.

Selon la déclaration de l’association, il était toujours permis à Huawei et ses employés de continuer à participer à d'autres activités en tant que membre, y compris accéder à la bibliothèque numérique de l'IEEE, soumettre des articles techniques pour publication, faire des présentations à des conférences parrainées par l'IEEE et accepter des prix IEEE. Les employés de Huawei pouvaient également continuer à exercer leur droit de vote, assister aux réunions d'élaboration des normes, soumettre des propositions et faire des commentaires lors des débats publics sur les nouvelles normes, en tant que membres de l’association. Les membres affiliés à Huawei pouvaient également participer à des réunions d'affaires, de logistique et autres, y compris celles liées à la planification de conférences.


Cette déclaration a suscité de l’indignation parmi les professeurs chinois membres de l’association. Ils reprochent aux responsables de l’association de laisser la politique s'immiscer dans la collaboration universitaire, en soulignant le danger que cela pourrait représenter. Haixia(Alice) Zhang, professeur à l’Institut de microélectronique à l’Université de Pékin, a écrit dans un courriel, en réponse à la décision de l’IEEE :

« Haixia Zhang de l'Université de Pékin, en tant que vieille amie et membre senior de l'IEEE, je suis vraiment choquée d'apprendre que l'IEEE est impliqué dans « US-Huawei Ban » pour remplacer tous les réviseurs de Huawei, ce qui est bien au-delà du domaine scientifique et technologique de base que je suis depuis ma formation professionnelle ».

« Aujourd'hui, ce message de l'IEEE pour « remplacer tous les réviseurs de Huawei dans les revues de l'IEEE » remet en question mon intégrité professionnelle. Je dois dire qu'en tant que professeur, je ne l'accepte PAS. Par conséquent, j'ai décidé de quitter le comité de rédaction de l'IEEE NANO et de l'IEEE JMEMS jusqu'au jour où il reviendra à notre intégrité professionnelle commune », a-t-elle ajouté.

La décision de l’IEEE a suscité également de nombreux commentaires sur les sites Web et plusieurs commentateurs lient la décision à la négociation commerciale qui a lieu depuis des mois entre les États-Unis et la Chine. Selon un autre commentaire, Huawei et ses entreprises seraient traqués parce que la société aurait une longueur d'avance sur les entreprises américaines en termes d'infrastructure 5G et que l'Amérique craint de ne pas être dans la course à un développement technologique qui pourrait représenter des centaines de milliards de dollars.

Après les éclaircissements, l’IEEE lève les sanctions

Le jeudi 16 mai 2019, le département américain du Commerce a appliqué des restrictions de contrôle des exportations à Huawei Technology Ltd. et à 68 de ses filiales. L’IEEE a publié une déclaration concernant la conformité et a précisé que si le gouvernement américain clarifiait l’application du Règlement d’exportation des exportations des États-Unis en ce qui concerne l’examen par les pairs. L’IEEE fournirait une mise à jour à la communauté de l’IEEE.

L’IEEE a reçu les éclaircissements demandés par le département américain du Commerce sur l’applicabilité de ces restrictions de contrôle des exportations aux activités de publication de l’IEEE. Sur la base de ces nouvelles informations, l’IEEE a déclaré que les employés de Huawei et de ses filiales peuvent participer en tant qu’évaluateurs et réviseurs à ses processus de publication. Tous les membres de l'IEEE, quel que soit leur employeur, peuvent continuer à participer à toutes les activités de l'IEEE.

« Notre approche initiale, plus restrictive, était uniquement motivée par notre volonté de protéger nos bénévoles et nos membres contre les risques juridiques. Avec la clarification reçue, ce risque a été traité. Nous apprécions les nombreuses questions et commentaires de nos membres et de nos bénévoles du monde entier et les remercions de leur patience alors que nous travaillions dans une situation complexe sur le plan juridique.

« L'IEEE propose un large éventail d'activités et d'avantages pour ses membres, ses volontaires et la communauté technique au sens large, notamment en parrainant plus de 1 900 conférences et événements annuels dans le monde entier et en donnant accès à plus de 4,8 millions de publications sur IEEE Xplore®.

« IEEE reconnaît que la science et la technologie sont une activité mondiale. Nous sommes fiers du travail accompli par nos membres dans le monde entier et nous nous engageons à promouvoir l'excellence technologique au profit de l'humanité« l'»

Source : IEEE

Huawei aurait arrêté sa production de smartphones après son ajout sur la liste noire des Etats-Unis, en pleine guerre commerciale avec la Chine
Vente de smartphones : Huawei enregistre la plus forte croissance et reste second malgré son absence aux USA, d'après les statistiques de Gartner
La Chine s'apprête à publier sa liste d'entreprises étrangères jugées à risque et à bannir de son marché comme l'ont fait les USA avec Huawei
Huawei a demandé à ses employés de ne plus avoir de réunions techniques avec leurs contacts US, et a remercié ses employés US travaillant en R&D
17  1 
Avatar de Patrick Ruiz
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 01/06/2019 à 10:09
La Chine s’apprête à publier sa liste d’entreprises étrangères jugées à risque et à bannir de son marché
Comme l’ont fait les USA avec Huawei

La Chine s’apprête à publier sa propre liste d’entités étrangères jugées à risque et à bannir de son marché. C’est ce qui ressort d’une récente communication du ministre du Commerce de ce pays. La liste comprendra des entités, individus et entreprises étrangères qui bloquent la chaîne d’approvisionnement ou prennent des mesures discriminatoires pour des raisons non commerciales et qui, par leurs actions, mettent en danger les activités des entreprises chinoises ainsi que les consommateurs et entreprises mondiales.


M. Gao – ministre du Commerce chinois – a indiqué que ladite liste est basée sur certaines lois chinoises dont celles sur le commerce extérieur et la sécurité nationale. Le détail quant à ce qui concerne les entités et entreprises étrangères concernées fera l’objet d’une publication dans les jours à venir. On reste de même dans l’attente d’informations supplémentaires pour ce qui est des mesures que le gouvernement chinois entend prendre.

L’une des plus grosses contre-mesure depuis le début de cette rixe entre Américains et Chinois ?

À mi-parcours du mois de mai, le président Donald Trump a signé un décret qui établit les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis. La mesure vise à neutraliser la capacité de la Chine à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération. L’ordonnance interdit l’achat ou l’utilisation de toute technologie de communication produite par des entités contrôlées par « un adversaire étranger » susceptible de saboter des systèmes de communication américains ou de créer des « effets catastrophiques » sur l’infrastructure américaine. Y faisant suite, le ministère américain du Commerce a pris une mesure connexe qui interdit aux entreprises américaines de vendre des composants et des logiciels à Huawei et à 70 de ses affiliés (désormais inscrits sur la liste américaine d’entités à bannir) sans autorisation.


Depuis que ces deux décisions sont tombées, l’équipementier chinois est sevré de licence Android et de partenaires stratégiques comme la Wi-Fi Alliance et la SD Association. Huawei peut donc uniquement faire usage de la version publique d’Android (celle de l’AOSP), mais ne peut accéder aux applications et services propriétaires de Google. L’entreprise ne pourra de même s’appuyer sur les cartes microSD pour les futures générations de ses smartphones. L’on anticipe de même qu’elle aura du mal à coller aux futures normes sur les réseaux Wi-Fi. À date, la liste est bien longue avec (entre autres) le britannique ARM et l’Allemand Infineon qui ont eux aussi mis une pause à leurs collaborations respectives avec l’entreprise chinoise.

En réponse à l’étau américain Huawei a annoncé un certain nombre de mesures. L’entreprise a déjà fait savoir qu’un système d’exploitation destiné à remplacer Android est en gestation au sein de ses laboratoires. Puisqu’il s’agit désormais d’une rixe inter-états, la Chine a annoncé qu’elle va se passer de Windows comme système d’exploitation sur les postes de travail de son armée, ce, au profit d’un système d’exploitation personnalisé qui, d’après les retours initiaux, ne sera pas basé sur Linux non plus. Mais, l’escalade en termes de décision est clairement perceptible puisque Huawei vient d’ordonner à ses employés de ne plus organiser de réunions techniques avec leurs contacts américains. D’après une publication du Financial Times, l’équipementier chinois a également renvoyé des citoyens américains exerçant des fonctions de recherche et développement à son siège à Shenzhen. Avec l’annonce de la future publication de cette liste chinoise d’entités à bannir, des observateurs pensent que la Chine vient de se lancer sur l’une des plus grosses contre-mesure depuis le début de cette rixe.

Quelles conséquences ? Et pour lequel des acteurs ?

Ces diverses pertes de relations et de partenariats pourraient engendrer une baisse des livraisons de Huawei dans le monde. Selon Fubon Research and Strategy Analytics, les livraisons de smartphones chez Huawei, le deuxième fabricant mondial de smartphones en volume, pourraient chuter entre 4 % et 24 % en 2019 si les USA maintiennent le status quo sur leurs récentes décisions. Une perte définitive de l’accès aux services et applications propriétaires de Google est susceptible d’entraîner la disparition de son marché en Europe occidentale. De plus, plusieurs autres experts anticipent sur une diminution des expéditions mondiales de Huawei au cours des six prochains mois. En outre, Huawei ne devrait expédier que 200 millions de smartphones en 2019 contre 258 millions d’après des prévisions de Fubon Research.

Mais, il semble que dans un environnement des affaires délétère, personne ne puisse au finish être à son aise. Huawei est l’un des acteurs majeurs de la mise en œuvre des réseaux 5G vers lesquels les gouvernements du monde qui ont les moyens veulent aller. Bannir l’entreprise à l’échelle globale impliquerait un ralentissement conséquent du déploiement de cette technologie de réseaux sans fils – argument que certains pays d’Europe ont déjà mis sur la table.

Source : Global Times

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?

La Chine a-t-elle les moyens de battre les USA à son propre jeu ?

Voir aussi :

L'Europe doit se méfier de Huawei, dit un responsable technique européen, après l'arrestation d'un dirigeant de Huawei dans le cadre d'une enquête
Huawei prévoit une enveloppe de 2 milliards USD sur cinq ans pour la cybersécurité, afin de rassurer ses clients occidentaux
Huawei a été accusé d'avoir triché sur les tests de plusieurs flagships, en se servant d'un « mode performance » pour booster ses appareils
Les liens de Google avec Huawei vus d'un mauvais œil par des législateurs américains, qui y voient une menace pour la sécurité des États-Unis
La demande mondiale de nouveaux smartphones serait en chute libre, Huawei pourrait en profiter pour devenir le numéro 2 du marché devant Apple
15  0 
Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 30/05/2019 à 18:04
L'IEEE interdit à Huawei l'évaluation par pairs des articles,
Et des scientifiques chinois démissionnent pour protester

L’isolement de Huawei Technology Ltd. continue après l’ajout du géant chinois des technologies de l'information et de la communication et ses sociétés affiliées à la « liste des entités » du BIS (le Bureau de l'industrie et de la sécurité). Suite à une longue liste d’entreprises et d'organisations internationales qui se sont désolidarisées de Huawei depuis que le président Donal Trump a signé un décret interdisant l’achat ou l’utilisation de toute technologie de communication produite par des entités contrôlées par «un adversaire étranger», assorti d’une mesure connexe prise par le ministère américain du Commerce interdisant aux entreprises américaines de traiter avec Huawei et 68 affiliés, l'Institute of Electrical and Electronics Engineers (IEEE) a interdit aux employés de Huawei d'examiner les articles publiés dans ses revues en raison des sanctions mentionnées ci-dessus.

IEEE est une importante société scientifique basée à New York qui dispose d’un large éventail d'activités et d'avantages pour ses membres, les bénévoles et la communauté technique, y compris ses quelque 200 revues. Mais l’association a déclaré mercredi aux rédacteurs en chef des revues qu'il craignait des « conséquences juridiques graves » de continuer à avoir les scientifiques de Huawei comme examinateurs pour la révision des documents techniques. Ils « ne peuvent pas s'occuper des papiers » jusqu'à ce que les sanctions soient levées, peut-on lire dans un courriel envoyé aux rédacteurs en chef plus tôt cette semaine par l’association. Toutefois, l’IEEE a rassuré que l'impact de la politique commerciale aura des effets limités sur ses membres, et que les employés de la firme chinoise pouvaient continuer à siéger aux comités de rédaction de l'IEEE et faire bien d’autres choses qu’ils faisaient avant.


En effet, le 15 mai dernier, le président des Etatas-Unis a signé un décret établissant les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis, visant à neutraliser la capacité de Beijing à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération. Le 16 mai, le Bureau de l'industrie et de la sécurité (BIS) du département du Commerce des États-Unis, qui administre et applique les règlements américains sur l'administration des exportations (EAR), a expressément ajouté Huawei Technology Ltd. et 68 de ses filiales à sa liste noire commerciale.

Ces décisions ont contraint certaines grandes entreprises et d'organisations à mettre fin à leur collaboration avec Huawei. Quelques jours seulement après la prise de la mesure, Google a mis une pause à sa collaboration avec Huawei en lui bloquant certains services Android ; ARM aurait ensuite ordonné à ses employés de suspendre leurs activités avec la firme ; les fabricants de puces, Intel et Qualcomm auraient également coupé des liens avec Huawei ; Wi-Fi Alliance et SD Association ont également rompu tout lien avec l’entreprise chinoise.

La mesure du gouvernement Trump fait suite à des allégations selon lesquelles le gouvernement chinois pourrait utiliser de l'équipement fabriqué par Huawei, qui est l’un des fournisseurs mondiaux de premier plan de téléphones cellulaires et de réseaux de données sans fil, pour espionner les utilisateurs ou perturber l'infrastructure essentielle.

Bien avant sa déclaration publiée hier, l’IEEE avait déjà, en début de la semaine, envoyé un courriel empêchant les employés de Huawei d'être réviseurs ou éditeurs pour son processus d'évaluation par les pairs, à en croire une capture d'écran d’un courriel envoyé à ses éditeurs qui a été tweetée par Junhui Qian, professeur d'économie au Antai college of economics and management de Shanghai Jiao Tong University.


La mesure du ministère américain du Commerce interdit Huawei et ses sociétés affiliées d’acquérir des composants et des technologies auprès de sociétés américaines sans l’approbation du gouvernement, mesure qui n’a en principe littéralement rien avoir avec l'examen par les pairs à l'IEEE, mais l’association « apolitique » et « globale » qui vise à « favoriser l'innovation technologique et l'excellence au profit de l'humanité » a interdit aux employés de Huawei de jouer le rôle de réviseur par crainte « de graves implications juridiques ».

Toutefois, selon la déclaration de l’association, il est toujours permis à Huawei et ses employés de continuer à participer à d'autres activités en tant que membre, y compris accéder à la bibliothèque numérique de l'IEEE, soumettre des articles techniques pour publication, faire des présentations à des conférences parrainées par l'IEEE et accepter des prix IEEE. Les employés de Huawei peuvent également continuer à exercer leur droit de vote, assister aux réunions d'élaboration des normes, soumettre des propositions et faire des commentaires lors des débats publics sur les nouvelles normes, en tant que membres de l’association. Les membres affiliés à Huawei peuvent également participer à des réunions d'affaires, de logistique et autres, y compris celles liées à la planification de conférences, selon la déclaration de l’IEEE.

Cette déclaration a suscité de l’indignation parmi les professeurs chinois membres de l’association. Ils reprochent aux responsables de l’association de laisser la politique s'immiscer dans la collaboration universitaire, en soulignant le danger que cela pourrait représenter. Haixia(Alice) Zhang, professeur à l’Institut de microélectronique à l’Université de Pékin, a écrit dans un courriel, en réponse à la décision de l’IEEE :

« Haixia Zhang de l'Université de Pékin, en tant que vieille amie et membre senior de l'IEEE, je suis vraiment choquée d'apprendre que l'IEEE est impliqué dans « US-Huawei Ban » pour remplacer tous les réviseurs de Huawei, ce qui est bien au-delà du domaine scientifique et technologique de base que je suis depuis ma formation professionnelle ».

« Aujourd'hui, ce message de l'IEEE pour « remplacer tous les réviseurs de Huawei dans les revues de l'IEEE » remet en question mon intégrité professionnelle. Je dois dire qu'en tant que professeur, je ne l'accepte PAS. Par conséquent, j'ai décidé de quitter le comité de rédaction de l'IEEE NANO et de l'IEEE JMEMS jusqu'au jour où il reviendra à notre intégrité professionnelle commune », a-t-elle ajouté.

La décision de l’IEEE a suscité également de nombreux commentaires sur les sites Web et plusieurs commentateurs lient la décision à la négociation commerciale qui a lieu depuis des mois entre les Etats-Unis et la Chine. Selon un autre commentaire, Huawei et ses entreprises seraient traqués parce que la société aurait une longueur d'avance sur les entreprises américaines en termes d'infrastructure 5G et que l'Amérique craint de ne pas être dans la course à un développement technologique qui pourrait représenter des centaines de milliards de dollars.

Huawei a annoncé mercredi qu’il déposait une plainte pour l'annulation du décret d'interdiction de ses équipements aux USA signé par Trump, qu'il juge « anticonstitutionnel ». Plus tôt ce mois-ci, le magazine militaire canadien Kanwa Asian Defence a publié la décision des autorités chinoises de mettre au point un système d'exploitation personnalisé pour les ordinateurs militaires afin de remplacer les systèmes Windows actuellement utilisés, en réponse au bras de fer de sécurité en ligne que lui oppose le l’administration Trump.

Source : IEEE, Tweet Junhui Qian

Et vous ?

Que pensez-vous de la décision de l’IEEE ?

Lire aussi

L'armée chinoise va remplacer le système d'exploitation Windows dans la crainte d'un piratage américain, elle ne fait pas non plus confiance à Linux
Le blocage de Huawei pourrait s'étendre au-delà des frontières US, l'Allemand Infineon a déjà suspendu ses livraisons de puces au Chinois
1 milliard de dollars par mois : c'est ce qu'ont coûté les tarifs douaniers de Trump sur les produits technologiques, aux entreprises américaines
Trump signe un décret pavant le chemin vers le blocage d'Huawei aux USA, la France assure qu'elle n'a pas l'intention de faire la même chose
Huawei dépose une plainte pour l'annulation du décret d'interdiction de ses équipements aux USA, signé par Trump, qu'il juge « anticonstitutionnel »
12  0 
Avatar de Loceka
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 27/05/2019 à 10:34
Moi ce que je remarque surtout c'est à quel point les USA ont la mainmise sur les technologies.

Si une entreprise déplaît aux USA et qu'ils décident de lui faire du tort, ça peut entraîner des "sanctions" allant de l'impossibilité d'utiliser certains produits (processeurs, ...) au refus de validation de normes (WiFi, ...), en plus de ne pas pouvoir être vendus sur le sol des USA.

Pour le coup je ne m'en fais pas trop pour Huawei qui doit avoir les reins assez solides pour faire face à ça. Mais très peu d'entreprise seraient dans ce cas-là.

Et je trouve que ça devrait surtout faire réfléchir les différents gouvernements et entreprises sur le danger que représentent les USA dans leur monopole sur les produits technologiques, et donc l'urgence de leur retirer ce monopole en "libérant" les organismes de certifications et en créant des alternatives viables à certains constructeurs.

My 2 yuans.
10  0 
Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 01/06/2019 à 7:49
Huawei a demandé à ses employés de ne plus avoir de réunions techniques avec leurs contacts US,
et a remercié ses employés US travaillant en R&D à son siège

Mi-mai, le président Donald Trump a signé un décret établissant les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis, visant à neutraliser la capacité de Beijing à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération.

L’ordonnance interdit l’achat ou l’utilisation de toute technologie de communication produite par des entités contrôlées par «un adversaire étranger» et susceptible de créer un «risque de sabotage indu» des systèmes de communication américains ou des «effets catastrophiques» sur l’infrastructure américaine.

« Moi, DONALD J. TRUMP, Président des États-Unis d'Amérique, constate que les adversaires étrangers créent et exploitent de plus en plus de vulnérabilités dans les technologies et les services de l'information et de la communication, qui stockent et communiquent de grandes quantités d'informations sensibles, facilitent l'économie numérique et soutiennent infrastructures critiques et services d’urgence essentiels, afin de mener des actions malveillantes fondées sur le numérique, y compris l’espionnage économique et industriel contre les États-Unis et leur population.

« Je conclus en outre que l’acquisition ou l’utilisation sans restriction aux États-Unis de technologies ou de services de l’information et de la communication conçus, développés, fabriqués ou fournis par des personnes détenues par, contrôlées ou soumises à la juridiction ou à la direction d’adversaires étrangers, accroissant la capacité des adversaires étrangers à créer et exploiter des vulnérabilités dans les technologies ou les services d’information et de communication, avec des effets potentiellement catastrophiques, constituent ainsi une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale, la politique étrangère et l’économie des États-unis ».


Le Département du commerce dispose de 150 jours depuis la publication de ce décret pour élaborer des règles permettant d’identifier « des pays ou des personnes » en tant qu’adversaires étrangers. Il est presque certain que ces règles indexent la Chine, Huawei ou les deux.

Le décret suscitera certainement la colère de Pékin à un moment où les deux plus grandes économies du monde luttent pour résoudre une guerre commerciale qui bouleverserait les marchés. La directive intervient également alors que le ministère de la Justice demande l'extradition du Canada d'un dirigeant de Huawei accusé d'avoir violé les sanctions contre l'Iran.

Le décret-loi tant attendu de Trump invoque la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationale et déclare une urgence nationale pour habiliter le gouvernement à bloquer l’achat de technologies liées à des adversaires étrangers.

Le ministère américain du Commerce prend une mesure connexe

Le ministère américain du Commerce a pris mercredi une mesure distincte, mais connexe, interdisant aux entreprises américaines de traiter avec Huawei et 70 affiliés en les ajoutant à la « liste d'entités » (une décision qui interdit donc à la société d’acquérir des composants et des technologies auprès de sociétés américaines sans l’approbation du gouvernement). L'administration a engagé une action similaire à l'encontre de ZTE, une autre entreprise de télécommunication chinoise, pour violation présumée des sanctions américaines sur l'Iran, mais Trump a renversé la décision et infligé à la société une lourde amende.

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a déclaré que le président Donald Trump avait soutenu la décision « d'empêcher que des entités sous contrôle étranger utilisent la technologie américaine de manière potentiellement préjudiciable à la sécurité nationale ou aux intérêts de la politique étrangère des États-Unis ».

Huawei, qui affirme que ses produits ne représentent pas une menace pour la sécurité, a déclaré qu’il était « prêt et disposé à s’engager avec le gouvernement américain et à proposer des mesures efficaces pour assurer la sécurité des produits ».

Il a déclaré que le fait d'empêcher Huawei de faire des affaires aux États-Unis « limiterait les États-Unis à des alternatives inférieures mais plus coûteuses, laissant les États-Unis à la traîne dans le déploiement de la 5G et finissant par nuire aux intérêts des entreprises et des consommateurs américains ».

S'exprimant lors d'une audience du sous-comité du Sénat sur les crédits au Sénat américain, Steven Mnuchin, le Secrétaire au Trésor, a qualifié de constructives les deux journées de pourparlers de haut niveau avec des responsables chinois à Washington la semaine dernière.

« Je m'attends à ce que nous nous rendions à Beijing dans un proche avenir pour poursuivre ces discussions », a-t-il déclaré. « Il reste encore beaucoup de travail à faire ».


Huawei perd également ses liens avec la Wi-Fi Alliance et la SD Association

Les choses ne se sont pas améliorées pour l’équipementier chinois. Après le retrait de la licence Android à Huawei par Google, l’équipementier a vu s’éloigner de lui la Wi-Fi Alliance et de la SD Association, ce qui signifie que Huawei ne pourra plus utiliser les cartes microSD dans ces prochains smartphones ou autres équipements et que Huawei pourrait avoir des problèmes avec les futures normes sur les réseaux Wi-Fi. Il s’agit là d’une situation qualifiée de délicate par les experts et qui, selon Reuters, peut avoir une incidence négative sur les livraisons de la société chinoise au cours du reste de l’année.

Huawei a perdu sa licence Android en mi-mai après que Google ait annoncé qu’il mettait une pause à sa collaboration avec l’entreprise ; la firme de Mountain View restreint l'utilisation de l'écosystème Android par le constructeur chinois. L'entreprise chinoise a ainsi perdu l'accès aux mises à jour du système d'exploitation Android ; en sus, sa prochaine génération de smartphones sera sevrée d'accès aux applications et services populaires y compris le Google Play Store via lequel les utilisateurs ont accès à des applications comme Gmail.

« Huawei pourra uniquement faire usage de la version publique d'Android [celle de l'AOSP] et ne pourra pas accéder aux applications et services propriétaires de Google », avait précisé Reuters sur le sujet. ARM a fait de même pour se conformer au décret de la présidence américaine, ce qui menace la capacité du chinois à concevoir de nouvelles puces pour ses smartphones. À l’heure actuelle, Huawei n’entretient plus de relations commerciales avec une longue liste d’entreprises américaines notamment Intel, Qualcomm, Xilinx, Broadcom, Qorvo, Micron Technology et Western Digital.

Cette liste s’est encore allongée ; deux organismes internationaux de normalisation, la Wi-Fi Alliance et la SD Association s’y sont ajouté fin mai. La Wi-Fi Alliance qui établit les normes de la technologie sans fil et compte parmi ses membres Apple, Qualcomm, Broadcom et Intel, a annoncé avoir “temporairement restreint” la participation de Huawei aux activités de l’alliance. D’un autre côté, Huawei a également disparu de la liste des membres de la SD Association. Comme ARM, la SD Association a annoncé qu'elle a procédé au retrait de Huawei en vue de se conformer aux ordres du département américain du Commerce.

La SD Association est une organisation à but non lucratif qui contrôle les normes des produits SD. L’organisme est connu pour avoir développé les normes de la carte SD, le format de carte mémoire le plus répandu dans les appareils portables. Cela inclut toutes les cartes SD standard et les cartes microSD de votre smartphone. Il inclut également les modèles de port qui lisent ces cartes. Si une entreprise n’est pas membre de l’Association, elle ne peut pas officiellement produire des produits conformes à ces normes.


Des conséquences potentiellement désastreuses pour Huawei

Ces deux retraits constituent un coup dur pour Huawei, a rapporté le média Nikkei Asian Review. Cette situation va empêcher Huawei de participer à l’élaboration de nouvelles normes pour ses deux technologies : le Wi-Fi et les cartes SD. Cependant, la société se dit confiante et espère que la situation aura un dénouement dans un avenir très proche. « Huawei apprécie ses relations avec tous les partenaires et associations du monde entier et comprend la situation difficile dans laquelle ils se trouvent. Nous espérons que cette situation sera résolue et nous travaillons pour trouver la meilleure solution », a déclaré vendredi un porte-parole du groupe chinois.

Selon Nikkei Asian Review, il faut comprendre par là que les organismes de normalisation sont devenus de nouveaux champs de bataille mondiaux, où les acteurs de l'industrie se battent pour influencer le développement technologique en leur faveur. L'exclusion pourrait désavantager Huawei lors de l'expansion de ses activités à l'étranger. À ce titre, Reuters rapporte que selon certains groupes d’analystes, ces diverses pertes de relations et de partenariats pourraient engendrer une baisse des livraisons de Huawei dans le monde d’environ un quart cette année et que le chinois risque de voir ces smartphones disparaître des marchés internationaux.

En d’autres termes, les livraisons de smartphones chez Huawei, le deuxième fabricant mondial de smartphones en volume, pourraient chuter entre 4 % et 24 % en 2019 si l'interdiction restait en vigueur, selon Fubon Research and Strategy Analytics. « Si Huawei perd définitivement l'accès à Google, le marché des smartphones en Europe occidentale pourrait disparaître l'an prochain », a déclaré Linda Sui, directrice des stratégies pour les smartphones sans fil chez Strategy Analytics. De plus, plusieurs autres experts ont déclaré qu’ils s’attendent à une diminution des expéditions mondiales de Huawei au cours des six prochains mois, mais ont refusé de donner une estimation approximative en raison des incertitudes entourant l'interdiction.

En outre, Fubon Research, qui prévoyait auparavant que Huawei embarque 258 millions de smartphones en 2019, s'attend maintenant à ce que la société n'en expédie que 200 millions dans le pire des scénarios. Linda Sui prévoit que les livraisons de combinés Huawei diminueront encore de 23 % l’année prochaine, mais estime que la société pourrait survivre sur la taille du marché chinois. Néanmoins, la société pourrait toujours compter sur les marchés européens où elle n’est pas encore trop exposée aux sanctions. Selon l’IDC, la société considère l’Europe comme le marché le plus important pour ses smartphones haut de gamme. L’IDC estime qu’elle occupe environ 30 % du marché européen et a expédié 208 millions de téléphones l'année dernière, dont la moitié vers des marchés extérieurs à la Chine.


La réaction de l’entreprise chinoise

Huawei a réagi à la tension avec les Etats-Unis en ordonnant aux employés de ne plus organiser de réunions techniques avec leurs contacts américains, indique un rapport publié jeudi.

L’équipementier chinois a également renvoyé des citoyens américains exerçant des fonctions de recherche et développement à son siège à Shenzhen, selon le Financial Times. Cette décision est intervenue il y a deux semaines, après que le président américain Donald Trump ait signé un décret interdisant à Huawei de se substituer aux fournisseurs américains, a indiqué le rapport.

Tout s'est passé assez vite aussi, selon le FT. Un atelier s'est apparemment terminé subitement lorsque l'ordre de Trump a été annoncé, et les Américains ont été invités à quitter la propriété de Huawei.

Depuis lors, Huawei vérifie que les visiteurs étrangers ne détiennent pas de passeports américains et a demandé à tous les Américains d'éviter de discuter technologie, car elle essayait de se conformer à la réglementation, a déclaré Dang Wenshuan, architecte en stratégie de Huawei.

Source : Financial Times

Et vous ?

Que pensez-vous de cette réaction ?
10  0 
Avatar de marsupial
Membre expert https://www.developpez.com
Le 23/05/2019 à 12:12
La Chine comme les Etats-Unis disposent de différentes cartes à jouer dans ce contexte de guerre économique. L'une de ces cartes est représentée par les terres rares utilisées dans tous les produits de nouvelles technologies. Si la Chine abat cette carte, je ne donne pas cher de l'industrie de la tech dans le reste du monde.
9  1 
Avatar de rawsrc
Modérateur https://www.developpez.com
Le 23/05/2019 à 20:42
Citation Envoyé par ShigruM Voir le message
je préfère mourir libre que dans l'enfer du PC
Moi, c'est plutôt le Mac qui me file de l'urticaire
8  0 
Avatar de Jon Shannow
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 23/05/2019 à 14:16
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Si tout va bien, la troisième guerre mondiale devrait débuter dans un futur relativement proche.
Comment est-ce possible de souhaiter une troisième guerre mondiale ?
7  0 
Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 11/06/2019 à 6:12
Huawei encourage les développeurs à publier des applications sur sa vitrine de téléchargement AppGallery,
suite à l'interdiction américaine

Le mois dernier, Google a exclu Huawei de ses mises à jour Android, bien que le département américain du Commerce ait accordé à l’équipementier chinois une licence générale de trois mois pour mettre à jour les appareils existants, assouplissant ainsi temporairement les restrictions d'accès des composants américains à Huawei. Les téléphones Huawei fonctionnent sur une version du système d'exploitation mobile Android de Google.

Un développeur anonyme a partagé lundi un courriel sur le forum Android XDA Developers, faisant découvrir une invitation de Huawei à rejoindre AppGallery. Le courriel indiquait que AppGallery compte 270 millions d'utilisateurs actifs mensuels sur 350 millions de téléphones et une communauté de 560 000 développeurs.

AppGallery

Pour rappel, AppGallery est la plateforme officielle de distribution d‘applications Android de HUAWEI. Pour encourager les utilisateurs à se tourner vers sa vitrine de téléchargement, l’équipementier explique sur la page dédiée qu’elle est doté d’une détection des menaces en quatre étapes : « il s’agit d’un système de sécurité professionnel doté des fonctions suivantes: détection de comportement malveillant, contrôle de confidentialité, analyse de vulnérabilité du système de sécurité, vérification de l'authenticité du nom, de la personne, de l´appareil et de l'environnement d’identification garantissant que toutes les applications de AppGallery sont sans danger ».

Il met également en avant ce qu’il appelle la sélection Smart app : « AppGallery offre une sélection d’applications diverses et choisies pour vous dans les catégories lifestyle, voyage, divertissement et bien d’autres encore. Les algorithmes Machine Learning vous aident à trouver précisément et rapidement ce dont vous avez besoin.»

Il évoque également d’autres éléments comme le classement d’applications « les plus téléchargées, les mieux notées, les plus vendues, les plus grands succès et les applications dernier cri… Nos classements sont actualisés tous les jours pour que vous puissiez télécharger les meilleures applications ». Sans oublier le gestionnaire d’applications : « AppGallery vous permet de gérer les mises à jour et installations d’applications ou de packages ainsi que de libérer de l’espace. Vous pouvez également configurer la mise à jour automatique de vos applications sur Wi-Fi ».


Opération séduction des développeurs

« Afin de garantir une utilisation fluide de votre application à nos utilisateurs, Huawei s'est engagée à vous fournir une assistance complète pour vous aider à publier votre application dans AppGallery », aurait déclaré l'invitation envoyée par courrier électronique.

Le chinois offre également l’accès gratuit au portail Huawei Developer, a rapporté XDA Developers.

Hongmeng OS, Oak OS, le système d’exploitation d’Huawei

Huawei n'aurait apparemment pas l'intention immédiate de lancer son propre système d'exploitation, qui est en développement depuis 2012 et pourrait s'appeler "Hongmeng” pour le marché chinois et “Oak” à l’extérieur de la Chine (c’est en tout cas un nom qu’a déposé Huawei auprès de Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) le 24 mai 2018). Des informations à ce sujets ont fusé et laissaient entendre que cette option est envisagée comme ultime recours si Android est définitivement supprimé en tant qu'option pour ses clients possédant un smartphone.

Comme rapporté précédemment, HongMeng OS devrait être le nom utilisé pour le marché chinois, pas de changement à ce niveau là. Il est décrit comme un système d’exploitation compatible non seulement avec les smartphones de Huawei, mais aussi avec ses tablettes et montres connectées, voire ordinateurs pour remplacer Windows. Ce dernier point est encore à éclaircir.

Si l’on sait que le groupe travaille depuis des années à une telle solution, il est très fort probable qu’il ne s’agisse pas d’un OS reprenant tout de zéro mais basé sur Android Open Source Project, qui comme son nom l’indique est libre de droit. Huawei devrait s’appuyer sur son App Gallery et proposer une compatibilité avec les applications Android. Les développeurs n’auront alors pas besoin de développer des applications destinées spécialement au magasin de Huawei.


Le bannissement d'Android a fait suite à un décret des États-Unis publié en mai. qui établit les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis. La mesure vise à neutraliser la capacité de la Chine à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération. L’ordonnance interdit l’achat ou l’utilisation de toute technologie de communication produite par des entités contrôlées par « un adversaire étranger » susceptible de saboter des systèmes de communication américains ou de créer des « effets catastrophiques » sur l’infrastructure américaine. Y faisant suite, le ministère américain du Commerce a pris une mesure connexe qui interdit aux entreprises américaines de vendre des composants et des logiciels à Huawei et à 70 de ses affiliés (désormais inscrits sur la liste américaine d’entités à bannir) sans autorisation.

Huawei a déposé une requête devant un tribunal américain afin que la législation américaine interdisant aux agences fédérales d'acheter ses produits soit jugée inconstitutionnelle. Cependant, craignant des répercurssions juridiques, certains fournisseurs de matériel et de logiciels ont préféré se tenir à l’écart de l’équipementier Huawei : Amazon Japon ne vendrait plus d'appareils Huawei, et Microsoft aurait retiré les ordinateurs portables MateBook de Huawei de sa boutique en ligne.

Les scientifiques de Huawei se sont vus interdire l'examen d'articles scientifiques par l'éditeur américain Institute of Electrical and Electronics Engineers (IEEE). Mais l'IEEE a fait marche arrière après avoir reçu plus d’informations du ministère américain du commerce.

Fin mai, Trump aurait fait valoir à la presse qu'il attendrait une offre pour sortir Huawei de la liste noire, une entrée dans la liste noire qui a d’ailleurs été le levier de l'escalade des tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis.

Google met en garde la Maison Blanche contre le bannissement de Huawei

Suite à ces décisions (décret présidentiel), Google était l’une des premières entreprises américaines à s’aligner et à sevrer Huawei de sa licence Android. D’après les derniers retours au sujet de cette rixe entre Américains et Chinois, la firme de Mountain View veut faire machine arrière. De hauts responsables de Google font pression sur le gouvernement américain pour que l’entreprise soit exemptée de l’interdiction du ministère du Commerce de vendre des composants et logiciels à Huawei, ce, d’après les retours d’un trio d’individus au courant des tractations.

La firme de Mountain View joue la carte de la sécurité pour faire plier le gouvernement Trump. Google craint particulièrement que le fait que les smartphones Huawei ne reçoivent pas de mises à jour pousse l’entreprise chinoise à foncer sur la piste d’un fork d’Android. D’après les informateurs, le géant de la recherche en ligne souligne en sus que le camp chinois est susceptible d’avoir une meilleure maîtrise technologique de la pile Android avec sa version modifiée de l’OS. Il viendrait alors que cette dernière (et donc les smartphones de Huawei) serait plus perméable à des tentatives de piratage de la Chine.

Un autre aspect auquel la firme de Mountain View ne touche pas dans son argumentaire c’est celui qui concerne son business. En effet, avec les restrictions américaines en place, Google perd (pour le moment) un gros client. Malgré son absence aux États-Unis, Huawei maintient son rang de deuxième fournisseur mondial de smartphones et continue à réduire l'écart avec Samsung. D’après de récentes statistiques de Gartner, Les ventes de smartphones Huawei ont augmenté dans toutes les régions. « Huawei a particulièrement bien réussi dans deux de ses plus grandes régions, l’Europe et la Grande Chine, où ses ventes de smartphones ont augmenté de 69 % et 33 %, respectivement », indique la firme spécialisée en analyse des marchés. Ce détail a son importance quand on sait que la mise à l’écart de Huawei risque de sevrer Google d’accès à tous ces terminaux desquels l’entreprise pourrait extirper son pétrole – ces précieux data qui constituent l’une de ses plus importantes sources de revenus.


La Maison-Blanche demande plus de temps afin de préparer l’interdiction pour les entrepreneurs travaillant avec Huawei

Le gouvernement fédéral a interdit l'achat direct d'équipement Huawei, ce qui devrait entrer en vigueur cette année. Mais le Bureau de la gestion et du budget (OMB) de la Maison-Blanche a demandé au Congrès américain de lui accorder plus de temps pour interdire progressivement les contrats fédéraux avec les entreprises qui font affaire avec Huawei. Toute chose qui arrange les autorités chinoises qui demandent à ce que les entreprises de technologique ne se précipitent pas pour appliquer l’interdiction américaine, mais aussi les entreprises chinoises qui auront le temps de se préparer avant une éventuelle interdiction définitive.

Selon Reuters, le gouvernement américain aurait besoin de deux années supplémentaires pour élaborer des règles afin de compléter la loi qui exige que les fournisseurs et entrepreneurs tiers limitent leurs achats et l'utilisation du matériel Huawei. Dans un communiqué, Jacob Wood, porte-parole de l'OMB, a déclaré :
« Il s'agit de s'assurer que les entreprises qui font affaire avec le gouvernement américain ou qui reçoivent des subventions et des prêts fédéraux ont le temps de ne plus faire affaire avec Huawei et d'autres entreprises technologiques chinoises inscrites sur la liste de la NDAA ».

Reuters rapporte que plus tôt cette semaine, Russ Vought, directeur par intérim de l'OMB, a empêché la publication d’une lettre par le Congrès. Selon M. Vought, ce délai supplémentaire « assurerait la mise en œuvre effective de l'interdiction sans compromettre les objectifs de sécurité souhaités » et qu'il y aurait une « réduction spectaculaire » du nombre d'entrepreneurs capables de vendre au gouvernement des États-Unis. Ce délai supplémentaire complète à quatre ans la période pendant laquelle les entrepreneurs du gouvernement peuvent encore acheter l'équipement Huawei avant que la restriction n’entre en vigueur pour eux. Selon M. Vought, ce délai donnerait « plus de temps pour réfléchir aux impacts potentiels et aux solutions possibles ».

Toutefois, ce délai n’enlèverait rien aux conséquences du décret signé par le président Trump en mai dernier, ainsi qu’aux mesures qui ont ajouté Huawei sur la liste noire commerciale américaine, selon Reuters. Cependant, malgré ces mesures d’interdiction en vigueur, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a déclaré dimanche que le président Donald Trump pourrait assouplir les restrictions américaines sur Huawei s'il y avait des progrès dans le différend commercial avec la Chine.

Source : XDA, Huawei

Et vous ?

Demander aux développeurs de publier sur sa vitrine de téléchargement serait-il un élément qui indique que Huawei se préparerait à lancer son système d'exploitation mobile ?

Voir aussi

La Chine prévoit un fonds de 47 milliards de dollars pour stimuler son industrie de semi-conducteurs, et réduire le fossé technologique avec les USA
Les sanctions américaines contre ZTE pourraient à nouveau entrer en vigueur après un vote du Sénat, malgré les efforts de Donald Trump
USA : la bataille opposant ZTE et les États-Unis touche à sa fin, suite à un accord autour d'un dépôt d'entiercement de 400 millions de dollars
Technologie 5G : la France dégaine la « loi Huawei », ou plutôt une « réponse technique et technologique à un problème technique et technologique. »
La Chine aurait commencé la production de ses processeurs x86 pour serveurs basés sur AMD Zen, Dhyana serait un clone pur et simple d'EPYC
8  1 
Responsable bénévole de la rubrique Hardware : chrtophe -

Partenaire : Hébergement Web