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Les sociétés américaines de technologie contournent l'interdiction de Trump,
Pour continuer à vendre les composants à Huawei, selon un rapport

Le , par Stan Adkens

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Une ordonnance de l’administration Trump interdisant la vente de la technologie américaine à Huawei et ses alliés est en vigueur, mais selon un rapport du New York Times publié le mardi, les entreprises américaines de technologie continuent de vendre des composants au géant chinois des télécommunications. En effet, les fabricants américains de puces et d'autres entreprises ont trouvé des moyens de poursuivre les ventes qui leur permettent d’outrepasser les sanctions en vendant des produits fabriqués en dehors des États-Unis, a indiqué le journal en citant des sources anonymes.

Selon les sources du quotidien new-yorkais, les fabricants de composants Intel et Micron profitent d'une disposition concernant la façon dont les marchandises sont étiquetées pour les expédier à Huawei, car les marchandises produites à l'étranger par des entreprises américaines ne sont pas toujours considérées comme fabriquées aux États-Unis. Les composants ont commencé à être expédiés à Huawei il y a trois semaines, selon le journal. Cette exemption des produits des sociétés américaines fabriqués à l'étranger pourrait permettre à Huawei de continuer à vendre des produits tels que des smartphones et des serveurs.


En mai dernier, Huawei a été ajouté à la liste noire américaine par le ministère du Commerce, empêchant l’entreprise de recevoir des composants fabriqués aux États-Unis sans l'autorisation de Washington. Bien avant, le président Donald Trump avait signé un décret exécutif interdisant l’achat ou l’utilisation de toute technologie de communication produite par des entités contrôlées par « un adversaire étranger » et susceptible de créer un « risque de sabotage indu » des systèmes de communication américains ou des « effets catastrophiques » sur l’infrastructure américaine.

L’interdiction visait essentiellement le chinois Huawei en raison des allégations selon lesquelles Huawei a des liens étroits avec le gouvernement chinois. Huawei a nié à plusieurs reprises cette accusation. Mais les restrictions imposées à Huawei ont été revues par le ministère du Commerce qui a accordé à Huawei un délai de 90 jours pour lui permettre de conserver les réseaux existants et de mettre à jour les téléphones, tablettes et autres appareils existants jusqu'à mi-août.

L’interdiction avait déjà commencé à avoir d’importants effets sur les affaires internationales du fabricant chinois de smartphones. Un peu plus tôt ce mois, Bloomberg a rapporté que Huawei se préparerait à une baisse de 40 % à 60 % des livraisons internationales de smartphones correspondant à une baisse en volume de l'ordre de 40 à 60 millions de smartphones cette année. Huawei perdra l'accès à Play Store et aux principales applications Google comme YouTube et Gmail à un moment donné. Et les utilisateurs devront chercher d'autres App Stores pour bénéficier des applications courantes ou abandonner les smartphones Huawei, si les choses ne s’arrangent pas entre Pékin et Washington. Toutefois, si Huawei peut se procurer les composants des entreprises américaines fabriqués en dehors des Etats-Unis, il pourra continuer certaines expéditions.

Le PDG de Micron, Sanjay Mehrotra, a déclaré mardi, lors d'une conférence téléphonique sur les bénéfices, qu'il avait cessé ses livraisons à Huawei le mois dernier, mais qu'il les avait reprises il y a deux semaines après avoir « déterminé que nous pourrions légalement reprendre » certaines livraisons, a rapporté le New York Times.

Vendredi dernier, John Neuffer, président de la Semiconductor Industry Association, une association professionnelle basée aux États-Unis, a déclaré que ses membres « s'engagent à respecter rigoureusement » les sanctions, mais a noté qu' « il est maintenant clair que certains articles peuvent être fournis à Huawei conformément à la liste des entités et aux règlements applicables ».

« Chaque entreprise est touchée différemment en fonction de ses produits et de sa chaîne d'approvisionnement, et chaque entreprise doit évaluer la meilleure façon d'exercer ses activités et de demeurer en conformité avec la loi », a ajouté M. Neuffer.

Mais malgré cette exemption des produits fabriqués à l’étranger, Huawei n’est pas encore tiré d’affaire, selon le journal : « Cependant, la situation de Huawei reste très incertaine », a-t-il écrit.

Plus tôt ce mois-ci, Pékin a également exercé des pressions sur les entreprises américaines. Les autorités chinoises ont déclaré qu'il créerait leur propre « liste d'entités peu fiables » pour punir les entreprises et les individus qu'il perçoit comme portant atteinte aux intérêts chinois. La semaine suivante, le principal organisme de planification économique de la Chine a convoqué des dirigeants étrangers, dont des représentants de Microsoft, Dell et Apple. Elle les a avertis que le fait de couper les ventes aux entreprises chinoises pourrait entraîner des sanctions et a laissé entendre que les entreprises devraient faire pression sur le gouvernement américain pour qu'il mette fin à ces interdictions.

Quelques jours après la réunion de Pékin, Reuters a rapporté que les fabricants de puces américains faisaient discrètement pression pour assouplir l'interdiction de Huawei.

Les responsables des fournisseurs américains de puces de Huawei, Intel et Xilinx Inc, ont assisté à une réunion à la fin du mois de mai avec le ministère du Commerce pour discuter d'une réponse au placement de Huawei sur la liste noire, a écrit Reuters. Selon quatre sources d’information de Reuters, Qualcomm aurait également fait pression sur le Département du Commerce à ce sujet.

Selon Reuters, les fabricants de puces ont dit au département du Commerce que les unités de l’entreprise chinoise qui vendent des produits tels que les smartphones et les serveurs informatiques utilisent des pièces couramment disponibles et il est peu probable qu'elles présentent les mêmes problèmes de sécurité que l'équipement réseau 5G de la société technologique Huawei.

Le Département du Commerce ainsi que Micron et Huawei n'ont pas répondu immédiatement à une demande de commentaires de Reuters. Quant à Intel, il a refusé de commenter, d’après Reuters.

Source : The New York Times

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Loi possibilité de vendre aux entreprises chinoises les composants fabriqués en dehors des Etats-Unis ne va-t-elle pas inciter les entreprises américaines à développer leur chaine d’approvisionnement à l’étranger ?

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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 01/07/2019 à 11:46
G20 : l'administration Trump autorise les ventes américaines à Huawei,
tandis que la Chine et les États-Unis reprennent les négociations commerciales

Samedi 29 juin, en marge du G20, à Osaka (Japon) Donald Trump et Xi Jinping ont convenu de relancer les négociations commerciales.

« D’énormes changements se sont produits dans la situation internationale et les relations entre la Chine et les États-Unis, mais un fait de base demeure inchangé : la Chine et les États-unis bénéficient toutes les deux de la coopération et perdent toutes les deux dans des affrontements. La coopération et le dialogue sont mieux que les frictions et les affrontements », a souligné le Président chinois.

S’adressant à Donald Trump devant les journalistes, il a ajouté « récemment, monsieur le Président, vous et moi avons eu une communication fermée via des appels téléphoniques et échanges de lettres. Aujourd’hui, je suis préparé à échanger des points de vue avec vous sur l’issue fondamentale que représente la croissance de la relation entre la Chine et les États-unis afin de déterminer la direction que prendra notre relation dans la période à venir pour une relation basée sur coordination, la coopération et la stabilité »

De son côté, le Président américain a déclaré « j’ai hâte de travailler avec vous car, comme vous le savez, nous avons eu une excellente rencontre ». Il a continué en disant « Je pense que nous sommes très proches, mais quelque chose s’est produit qui nous a un peu éloigné mais cela serait historique si nous pouvions avoir un accord Fair Trade. Nous sommes totalement ouvert à cette finalité, je sais que vous l’êtes également et tous vos représentants ont travaillé très dur avec nos représentants et je puis avancer que cette rencontre sera très productive ».


En échange d'une flexibilité sur Huawei, Trump a déclaré que la Chine avait accepté de gros achats de produits agricoles américains « presque immédiatement ». Mais il n'a révélé aucune précision et les responsables chinois n'ont pas confirmé l'offre. « Nous avons discuté de beaucoup de choses et nous sommes de retour sur la bonne voie », a déclaré Trump. « Nous allons voir ce qui se passe »

Selon l'agence officielle chinoise Xinhua, les négociations, qui avaient été brutalement interrompues en mai, vont reprendre et Washington a levé sa menace d'imposer de nouvelles taxes à l'importation, qui auraient frappé la totalité des plus de 500 milliards de dollars de biens chinois achetés chaque année par les Etats-Unis.

Mais les taxes déjà en vigueur, qui concernent près de la moitié des exportations chinoises vers les Etats-Unis, près de 250 milliards de dollars, ne sont pas levées pour autant. Et sur le fond, les différends concernant notamment la propriété intellectuelle ou les nouvelles technologies stratégiques n'ont pas été réglés.

En mai, Trump a signé un décret autorisant le gouvernement américain à bloquer les ventes des entreprises américaines à des entreprises étrangères considérées comme un risque pour la sécurité. On ne sait pas tout de suite quelles sont les mesures - ou le cas échéant - qui ont été prises pour lever la restriction sur les ventes à la société de technologie chinoise assiégée. Selon le Washington Post, Trump a déclaré à la presse qu'il rencontrerait des responsables américains dans le but d'alléger la pression sur Huawei, mais qu'ils n'avaient pas encore pris la décision formelle de les lever, tandis que le Wall Street Journal rapporte qu'il a indiqué que les deux pays ne vont pas évoquer les conditions entourant la levée de restrictions sur Huawei jusqu'à la fin des négociations.

Les fonctionnaires de la Maison Blanche ont clarifié les propos du président dimanche. Larry Kudlow, président du Conseil économique national, a déclaré dimanche à Fox News que le département du Commerce « accordera quelques licences supplémentaires là où il y a une disponibilité générale » des pièces nécessaires, et que « les préoccupations en matière de sécurité nationale resteront primordiales ».

Huawei est pris dans la plus grande guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Bien que les deux pays se soient mutuellement taxés, les responsables américains de la sécurité ont mis en garde sur la possibilité que la compagnie de télécommunications maintienne des liens avec le gouvernement chinois et que cela puisse représenter une menace pour la sécurité des États-Unis. L’ordre exécutif de Trump a provoqué des maux de tête immédiats pour Huawei: Google a retiré la licence Android de la société, les fabricants de puces ont cessé de fournir des pièces, Microsoft a cessé de vendre des ordinateurs portables Huawei et la société n’est pas autorisée à utiliser des cartes microSD dans ses appareils.


Huawei n'a pas tardé à réagir. l'équipementier chinois a encouragé les développeurs à rejoindre AppGallery, sa plateforme officielle de distribution d‘applications Android. Mais le chinois a également montré qu'il pouvait aller plus loin et a envisagé de lancer son propre système d'exploitation, qui est en développement depuis 2012 et pourrait s'appeler "Hongmeng” pour le marché chinois et “Oak” à l’extérieur de la Chine (c’est en tout cas un nom qu’a déposé Huawei auprès de Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) le 24 mai 2018). Des informations à ce sujets ont fusé et laissaient entendre que cette option est envisagée comme ultime recours si Android est définitivement supprimé en tant qu'option pour ses clients possédant un smartphone.

Le président Donald Trump a-t-il renoncé à imposer ses nouvelles taxes sous la pression des milieux d'affaires américains, qui y sont opposés car elles affaiblissent également l'économie américaine ? S'agit-il d'un véritable geste envers les Chinois ou d'une volte-face stratégique ? Quoi qu’il en soit, aucun calendrier pour la reprise des discussions n'a été communiqué. En effet, Trump n'a pas annoncé la date à laquelle son négociateur en chef, le représentant américain au Commerce, Robert E. Lighthizer, va rencontrer le vice-Premier ministre chinois Liu He, qui dirige l’équipe de négociation de Beijing. Le président n'a également fixé aucune nouvelle date butoir pour parvenir à un accord.

Les deux hommes répètent ainsi le scénario du dernier G20, en Argentine fin 2018. Ils avaient alors suspendu les hostilités pour quelques mois, afin de reprendre les négociations commerciales approfondies... lesquelles avaient cependant tourné court.

D'ailleurs, pour Ely Ratner, assistant de sécurité nationale du vice-président Joe Biden « Il s'agit d'une trêve temporaire ». Selon lui, « Ils ne sont pas en voie de résoudre les problèmes fondamentaux au centre du conflit ».

Les deux parties sont divisées sur la question de savoir si et comment rapidement supprimer les barrières commerciales qu’elles ont érigées au cours de l’année écoulée, ainsi que les dispositions visant à faire appliquer un accord et les détails de l’augmentation des commandes chinoises de produits agricoles, énergétiques et industriels américains. « Les deux parties ne font que gagner du temps », a déclaré Scott Kennedy, conseiller pour la Chine au Center for Strategic and International Studies. « Je ne vois pas cela comme une sorte d'avancée ».

Source : Washington Post, WSJ, Reuters

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ? Trêve temporaire et fortuite ou véritable avancée dans les échanges commerciaux entre la Chine et les USA ?
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Avatar de Bruno
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 14/08/2019 à 8:18
Impôt : Trump retarde l'application des droits de douane sur certaines importations chinoises.
Cette mesure peut-elle apaiser la guerre commerciale américano-chinoise ?

Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé hier le report de ses 10 % de droits de douane sur les importations chinoises, fixant ainsi les droits de douane sur les téléphones portables, ordinateurs portables et autres biens de consommation, dans le but d'atténuer leur impact sur les ventes des vacances.

Donald Trump, s’adressant aux journalistes, a déclaré que ce retardement visait en partie à éviter de perturber les clients américains pour Noël. « Nous le faisons pour la saison de Noël, au cas où certains des tarifs auraient un impact sur les clients américains », a déclaré Trump à des journalistes au New Jersey. « Juste au cas où ils pourraient avoir un impact sur les gens, ce que nous avons fait, c'est que nous l'avons retardé afin qu'ils ne soient pas pertinents pour la saison des achats de Noël ».


L'annonce faite par l'USTR a été publiée quelques minutes après que le ministère chinois du Commerce ait déclaré que le vice-premier ministre Liu He avait passé un appel téléphonique avec des responsables américains du commerce. Certains analystes ont déclaré que l’action de mardi ne signifiait pas que la guerre commerciale était terminée. Elena Duggar, directrice générale associée de l'agence de notation Moody's, a déclaré : « Cet apparent apaisement des tensions actuelles pourrait constituer un sursis temporaire ... Les relations entre les deux plus grandes économies du monde resteront controversées, ponctuées de mesures ponctuelles de compromis ».

L’incertitude entourant la guerre commerciale a pesé sur les marchés. Les actions américaines ont connu leur pire journée de l’année le 5 août, lorsque la Chine a laissé sa devise s’affaiblir, franchissant le seuil de 7 yuans pour un dollar et annonçant qu’elle mettrait fin aux importations de produits agricoles en provenance des États-Unis.

Les investisseurs technologiques ont bien accueilli l'annonce des exemptions, poussant l'indice des actions à puce à la hausse de 2,8 %. Les parts des détaillants et des industries ont également augmenté, avec General Electric en hausse de 4,4 %. À Wall Street, les trois principaux indices boursiers ont augmenté de plus de 2 % à un moment donné. Le Dow Jones et le S & P 500 ont progressé de 1,4 %, tandis que le Nasdaq, dominé par les technologies, a terminé en hausse de 1,9 %, mené par une hausse de 4 % pour Apple.

Au Royaume-Uni, les valeurs exposées au commerce mondial ont également augmenté, le mineur Glencore clôturant en hausse de 2,3 %. Les actions du principal marché Apple Inc. ont grimpé de 4,2 % après avoir appris que ses principaux produits pour iPhone, tablette et ordinateur portable seraient épargnés pour le moment. Le président Trump a annoncé le 1er août qu'il imposerait un droit de douane de 10 % sur 300 milliards de dollars de produits chinois, accusant la Chine de ne pas avoir honoré ses promesses d'acheter davantage de produits agricoles américains.

Il a aussi personnellement reproché au président chinois Xi Jinping de ne pas avoir fait plus pour freiner les ventes de fentanyl synthétique, un opioïde synthétique dans le contexte d'une crise de surdose d'opioïdes aux États-Unis. Mais dans un tweet, mardi, M. Trump a laissé entendre qu'il s'attendait à quelque chose en retour, suggérant que l'échec de la Chine à « acheter gros » aux agriculteurs américains pourrait être sur le point de changer.


L'agence de presse Xinhua a annoncé que les autorités chinoises avaient publié « une protestation solennelle » contre les sanctions prévues à compter du 1er septembre. M. Liu a convenu avec le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, et le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, de reprendre la parole par téléphone dans les deux prochaines semaines, a annoncé le ministère. Les deux parties devraient tenir une autre série de réunions à Washington en septembre, mais la détérioration des relations au cours des deux dernières semaines laisse planer un doute quant à la tenue ou non des négociations.

Le gouvernement Trump envisage toujours d’imposer des droits de douane de 10 % sur des milliers de produits alimentaires, de vêtements et autres produits électroniques grand public chinois à compter du 1er septembre. Parmi ceux-ci figurent des montres intelligentes de fabrication chinoise Apple et Fitbit, des haut-parleurs intelligents d'Amazon.com Inc. Google et Apple, ainsi que des écouteurs et autres appareils Bluetooth, catégorie estimée à 17,9 milliards de dollars US.

Les téléviseurs à écran plat en provenance de Chine, d’une valeur de 4,5 milliards de dollars, feront également l’objet d’une réduction de 10 % le 1er septembre, après avoir été épargnés par la première série des tarifs de Trump il y’a plus d’un an. Les animaux vivants, les produits laitiers, les skis, les balles de golf, les lentilles de contact, les piles au lithium ion et les souffleuses à neige recevront également des tarifs le 1er septembre.

Un représentant d'un groupe professionnel a déclaré que l'USTR les avait informés qu'il avait choisi de différer les droits de douane sur les articles pour lesquels la Chine fournissait plus de 75 % du total des importations américaines. Les catégories de produits pour lesquelles la Chine fournit moins de 75 % vont encore faire face à des tarifs le 1er septembre, a déclaré le représentant, qui a requis l'anonymat parce que l'information n'a pas été rendue publique. Selon les données du recensement américain, la Chine a fourni 82 % des téléphones cellulaires américains et 94,5 % des ordinateurs portables américains en 2018.


Dans une récente sortie, la Retail Industry Leaders Association a déclaré : « Le retrait de certains produits de la liste et le report de 10 % de droits de douane supplémentaires sur d’autres produits, tels que les jouets, les produits électroniques grand public, les vêtements et les chaussures, jusqu’au 15 décembre sont une bonne nouvelle, car cela atténuera certaines difficultés. Consommateurs tout au long de la saison des vacances ».

La Consumer Technology Association a applaudi le retard sur certains articles, mais a ajouté : « Le mois prochain, nous commencerons à payer davantage pour certains de nos appareils technologiques préférés y compris les téléviseurs, les haut-parleurs intelligents et les ordinateurs de bureau. L'administration devrait supprimer définitivement ces droits de douane néfastes et trouver un autre moyen de tenir la Chine pour responsable de ses pratiques commerciales déloyales ».


Source : Reuters, BBC News

Et vous ?

Donald Trump serait-il un bon président pour les Américains ou un bon président tout court ?

Préfériez-vous vous le président Trump au vote ?

Devrait-on placer des obstacles à l'économie chinoise ?

Voir aussi :

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L'armée chinoise va remplacer le système d'exploitation Windows dans la crainte d'un piratage américain, elle ne fait pas non plus confiance à Linux
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Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 11/10/2019 à 4:52
Les États-Unis envisageraient de subventionner les concurrents européens de Huawei,
le pays aurait envisagé de porter son soutien aux européens Ericsson ou Nokia

Même si Huawei ne parle presque plus de ses déboires avec l’administration Trump et semble déterminé à survivre après la rupture de ses rapports commerciaux avec les entreprises américaines, Washington n’a peut-être pas encore fini avec sa campagne de boycott qu’il a entamé vis-à-vis de l’entreprise chinoise. Selon des informations rapportées par le média britannique Financial Times, les États-Unis envisageraient de subventionner les concurrents européens de Huawei à l'instar du finlandais Nokia et du suédois Ericsson.

Donald Trump et son administration ont accusé le chinois Huawei de fabriquer des équipements qui pourraient permettre à la Chine d’espionner les autres gouvernements dans le monde et d’autres systèmes sensibles. Résultat, le président américain a signé un décret en mai dernier qui a placé l’entreprise chinoise sur une liste noire. Elle est interdite, du moins jusqu’à nouvel ordre, de nouer des partenariats commerciaux avec les entreprises américaines, une situation qui a eu pour effet de déclencher une guerre commerciale entre Pékin et Washington.

Le président américain a voulu étendre sa campagne de boycott vis-à-vis de Huawei vers le reste du monde, notamment vers l’Europe en prévenant sur les dangers que représente l’utilisation des équipements du chinois, mais plusieurs pays européens comme l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont refusé de suivre les USA dans leur décision. Néanmoins, Trump et son administration semblent déterminés à poursuivre la guerre contre Huawei, cette fois en donnant du soutien et du poids à certaines entreprises européennes qu'ils jugent capables de concurrencer Huawei.

À en croire les récentes informations rapportées par le quotidien londonien Financial Times, l’administration Trump pourrait envisager de subventionner (à travers des crédits) les concurrents de Huawei, à savoir le suédois Ericsson et le finlandais Nokia (qui a avalé le franco-américain Alcatel-Lucent) pour les rendre plus attractifs auprès des opérateurs télécom. Selon les analyses du journal, ce geste revient à admettre que Huawei est clairement le moins cher. Cela pourrait aussi signifier que malgré la position actuelle délicate de Huawei, bon nombre d’opérateurs télécom dans le monde ont tout de même du mal à le concurrencer.


Selon le Financial Times, Washington serait prêt à délivrer des crédits à Ericsson et Nokia pour leur permettre de mieux résister au géant chinois. Parallèlement, les États-Unis tentent de convaincre des sociétés américaines de se lancer sur le marché des équipements 5G. Le Financial Times a expliqué que l'objectif de Washington est de permettre à ces entreprises de s'aligner commercialement avec Huawei qui propose des conditions de financement généreuses (grâce au soutien des banques de Pékin) à ses clients et des délais de paiement plus longs.

Washington s’est-il rendu compte de son échec dans sa campagne de boycott des équipements de Huawei ? Si la démarche annoncée par le Financial Times s’avère être vraie, cela pourrait signifier que les USA n’ont pas pu évincer Huawei de sa position de leader mondial sur le marché des équipements 5G, ce malgré la panoplie de barrières commerciales dirigées contre l’entreprise. Si l’on doit se référer à certaines bouches indiscrètes proches du dossier, cela représente une préoccupation majeure à l’heure actuelle de la Maison-Blanche.

« C’est l’une des grandes préoccupations du gouvernement à l’heure actuelle. Tout le monde, du département de la Défense au département du Commerce en passant par le département de la Sécurité intérieure, examine la question », a déclaré au Financial Times une source proche du dossier. La Maison-Blanche a toutefois refusé de commenter le sujet. D’autres sources ont également indiqué qu’une autre alternative évoquée par Washington serait la création d'un champion local. Mais la tâche s’avère plus compliquée qu’on pourrait le croire.

Pour certains, on ne s'improvise pas équipementier 5G, un domaine ultra-technique et très coûteux, en seulement quelques mois. Il est bien trop tard pour réagir, d'ailleurs d’autres acteurs concernés comme Oracle ou Cisco auraient poliment décliné. Nokia et Ericsson ont refusé de commenter l'article du Financial Times. Par contre, interrogé par BFM Business sur la question, le président de la branche française d’Ericsson a réfuté les dires selon lesquels Huawei aurait deux ans d'avance sur ses concurrents en 5G. Selon lui, il n’y a aucune évidence pour affirmer cela.

« Nous avons signé 47 accords de partenariats avec des opérateurs dont 26 sont déployés ou sont en cours de déploiements et 19 sont allumés sur les quatre continents, ce qui représente la moitié des réseaux 5G ouverts commercialement dans le monde », a déclaré Franck Bouétard, PDG d’Ericsson France. En juillet dernier, Huawei revendiquait 50 accords. Franck Bouétard a aussi ajouté qu'Ericsson est leader en matière de contributions de brevets (49.000), « il n'y a donc pas d'évidence que Huawei a deux ans d'avance sur ses concurrents en 5G ».

Un coup de pouce de l'administration américaine serait-il inutile ? Les opérateurs télécom restent pragmatiques. Le déploiement rapide de la 5G à coûts maîtrisés est stratégique. Une étude a montré cette année que sans les fournisseurs chinois, les déploiements coûteront 62 milliards d'euros de plus et provoquerait un retard de 18 mois en Europe. « Si nous concentrons nos efforts sur deux acteurs, je pense que c'est une position malsaine, non seulement pour nous en tant qu'industrie, mais également pour l'infrastructure nationale du pays », avait déclaré Nick Read, PDG de Vodafone en février dernier.

Sources : BFM Business, Financial Times

Et vous ?

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Avatar de yahiko
Rédacteur/Modérateur https://www.developpez.com
Le 11/10/2019 à 7:59
Subventionner Ericsson et Nokia ? Pourquoi pas, à condition que l'argent aille dans la R&D (les ingénieurs) et pas dans la poche des dirigeants et des commerciaux...
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Avatar de Jon Shannow
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 11/10/2019 à 9:24
Citation Envoyé par pboulanger Voir le message
Subventionner des entreprises privées, ce n'est pas interdit par l'OMC? Les US ont bien fait condamner Airbus pour ça récemment, non?
Trump la loi c'est seulement quand ça l'arrange...
Pour une fois, je dirais que Trump est dans la même ligne que ses prédécesseurs. Les lois internationales ne sont valables pour les USA que si ça les arrange.
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Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 30/07/2019 à 18:18
Le chiffre d'affaires de Huawei est en hausse de 23 % au premier semestre de 2019
malgré la répression américaine

Huawei annonce aujourd’hui ses résultats du premier semestre de l’année 2019. Contrairement à ce que beaucoup de personnes pourraient croire, le chiffre d’affaires de l’entreprise chinoise n’a pas baissé ni stagné. Au contraire, Huawei a annoncé tôt ce matin que son chiffre d'affaires a progressé de 23,2 % au premier semestre de 2019, soit une accélération nettement supérieure à celle de l'année dernière (15 %). Cette hausse remarquable du chiffre d’affaires de l’entreprise intervient alors que Huawei est interdit de vente de smartphones et d’autres produits sur le marché américain depuis mai dernier.

Huawei a été mis sur liste noire par Washington depuis la moitié du mois de mai 2019, mais cela n’a pas empêché l’entreprise de réaliser de gros bénéfices et de renforcer sa position de leader sur le marché. L’entreprise, qui est un acteur non coté en bourse et dont les résultats trimestriels ont commencé à être publiés cette année, a annoncé un chiffre d'affaires de 401,3 milliards de yuans (58,28 milliards de dollars) au premier semestre, contre 325,7 milliards de yuans un an auparavant. Ce chiffre d'affaires de Huawei représente une croissance d’environ 23 % au premier semestre, contre 15 % à la même période de l'année dernière.

Selon les analystes, les fortes ventes de smartphones et les nouveaux contrats des opérateurs 5G sont en grande partie à l’origine de cette croissance. Elles ont permis de compenser l'impact de l'interdiction d'exportation qui menace de restreindre l'accès de Huawei à des composants et logiciels avancés américains, tels que Google Android. En effet, les données d’analyse ont révélé que Huawei a renforcé son avance sur le marché chinois des smartphones au deuxième trimestre, tandis que les ventes de smartphones à l'étranger ont légèrement diminué par rapport à l'année précédente.


« Les revenus ont augmenté rapidement jusqu'en mai », a déclaré le président de Huawei, Liang Hua, dans un communiqué ce matin. « Étant donné les bases que nous avons posées au premier semestre de l'année, nous continuons de voir une croissance même après notre ajout sur liste noire par Washington. Cela ne veut pas dire que nous n'avons pas de difficultés. Nous en avons, et elles pourraient affecter le rythme de notre croissance à court terme », a-t-il ajouté. Cette croissance infirme les déclarations faites aux journalistes par le fondateur et PDG de Huawei, Ren Zhengfei le mois dernier.

Selon lui, l'impact de la liste noire était pire que prévu. « Cela pourrait coûter à la société 30 milliards de dollars de revenus et les revenus de Huawei cette année et en 2020 pourraient rester à peu près identiques à ceux de 2018 », avait-il déclaré. Mais, vu la tournure des événements, cette croissance pourrait se répéter au cours des prochains semestres, voire augmenter. Selon le cabinet d’étude de marché Canalys, l’entreprise s’est assise sur le marché national avec 37,3 millions de smartphones livrés en Chine au cours du trimestre clos en juin. Il s’agit d’une hausse de 31 % par rapport à 2018.

Selon le communiqué de l’entreprise, les livraisons de smartphones de Huawei (y compris les téléphones Honor) ont atteint 118 millions d'unités, en hausse de 24 % en glissement annuel. La société a également constaté une croissance rapide de ses livraisons de tablettes, d’ordinateurs personnels et de dispositifs portables. Huawei commence à adapter son écosystème d'appareils pour offrir une expérience intelligente plus transparente dans tous les principaux scénarios d'utilisation. À ce jour, l'écosystème de Huawei Mobile Services compterait plus de 800 000 développeurs enregistrés et 500 millions d'utilisateurs dans le monde.


Selon Canalys, cela a permis à Huawei de voir sa part de marché progresser de plus de 10 % pour atteindre 38 % en Chine, alors même que tous les autres principaux fournisseurs ont perdu du terrain sur le plus grand marché de smartphones au monde. S’agit-il d’un soutien patriotique des Chinois ? Tout porte à le croire. « L’ajout à la liste a créé de l’incertitude à l’étranger, mais la société se concentre désormais sur son marché national, où elle a investi dans une expansion off-line agressive pour attirer les consommateurs avec un argumentaire patriotique », a déclaré Mo Jia, analyste chez Canalys.

De plus, des appels pour soutenir Huawei ont régulièrement fait surface sur les réseaux sociaux chinois. Bien que Huawei ait anticipé une telle décision du gouvernement US, celle-ci a été un coup dur qui, pour certains observateurs, pourrait avoir de graves conséquences pour le géant des télécoms, et pas seulement dans le domaine mobile. Mais en Chine, les utilisateurs semblent moins inquiets. Considérant Huawei comme une « fierté nationale », les internautes chinois ont apporté un soutien ferme à l'entreprise après le retrait de sa licence Android par Google et les autres restrictions annoncées par le gouvernement US.

Sur les réseaux sociaux chinois, nombreux sont ceux qui ont juré de ne pas abandonner l'entreprise alors que d'autres disent se préparer à rejoindre la grande famille d'utilisateurs d'appareils Huawei. La plupart des commentaires sur Weibo, le site chinois de microblogging, indiquent que les Chinois sont confiants que Huawei n'aura aucun problème à surmonter la sanction des USA. Ce qui est sans doute en train d’arriver quand on observe la marge de progression importante entre le chiffre d’affaires de l’entreprise au premier semestre de 2019 par rapport au premier semestre de l’année antérieur. De nombreux internautes ont déclaré qu'ils attendaient avec impatience le système d'exploitation Huawei.

Ces derniers ont fait savoir que l'une des conséquences potentielles de la guerre commerciale sino-américaine serait que tous les smartphones chinois basculent éventuellement vers un système d'exploitation chinois et utilisent des puces et des produits électroniques fabriqués en Chine. Si cela arrivait, Google (avec son système d’exploitation Android) et Intel et AMD (comme fabricants de puces pour smartphones) pourraient être sérieusement touchés, car le plus grand marché de smartphones dans le monde aurait basculé vers une solution locale. La part de marché de ces entreprises va donc chuter considérablement.

D’ailleurs, dans ce sens, la Chine prévoit un fonds de 47 milliards de dollars pour stimuler son industrie de semi-conducteurs et réduire le fossé technologique avec les USA. Selon la firme de recherche International Business Strategies Inc., près de 90 % des 190 milliards de dollars des puces utilisées en Chine sont importées ou produites en Chine par des entreprises étrangères. Avec la sanction des États-Unis contre ZTE, les dirigeants pensent que la Chine devrait davantage soutenir les efforts actuellement déployés pour améliorer la conception des puces domestiques. Cela pourrait essentiellement contribuer à réduire la dépendance des entreprises chinoises des fabricants de puces américains.

Kitty Fok, qui suit le secteur des smartphones en Chine au sein de la société de recherche IDC, a déclaré que les consommateurs avaient réagi au chahut de Huawei avec un sentiment prochinois, ce qui a permis de renforcer l'attrait déjà fort de la marque dans le pays. « Le produit lui-même est déjà bien reconnu et la guerre commerciale a aidé les gens à ressentir le besoin de soutenir Huawei. Le seul souci était de ne pas obtenir l'approvisionnement en composants, mais finalement, ils l'ont fait », a déclaré Fok. Résultat, les ventes de smartphones de Huawei au deuxième trimestre ont augmenté dans le pays, même si les expéditions chinoises de smartphones ont diminué.


De plus, selon Canalys, Oppo, Vivo, Xiaomi Corp et Apple Inc., les quatre principaux fournisseurs derrière Huawei, ont enregistré une baisse de leurs livraisons et de leur part de marché au cours du trimestre. « Il est clair que le marché international est désormais risqué, alors qu'en Chine, où l'écosystème Android est le plus mature, Huawei dispose d'un avantage certain en matière de canaux de vente et de revenus logiciels, en matière de négociation de prix », a déclaré Mo Jia, analyste chez Canalys.

Sources : Huawei, Canalys

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La Chine prévoit un fonds de 47 milliards de dollars pour stimuler son industrie de semi-conducteurs et réduire le fossé technologique avec les USA
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Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 19/08/2019 à 22:19
Les États-Unis accordent à Huawei 90 jours supplémentaires pour acheter auprès de fournisseurs américains,
Afin de permettre aux consommateurs américains d’être prêts à s'éloigner du matériel Huawei

Reuters avait appris des sources la semaine dernière que le gouvernement américain allait renouveler la licence spéciale de Huawei pour que la firme chinoise continue de faire des affaires avec les entreprises américaines après la fin de la première période d’exemption d’interdiction qui expire ce lundi. Eh bien ! 90 autres jours sont accordés, même si le président Donald Trump a suggéré dimanche qu'une telle prolongation ne serait pas accordée, a rapporté Reuters dans un rapport publié ce lundi.

En effet, une interdiction faite, en mai dernier, par Washington au géant chinois des télécommunications d'exporter ses produits et d'acheter des marchandises américaines, empêchant ainsi les entreprises américaines (et les entreprises utilisant des technologies d'origine américaine) de faire des affaires avec Huawei, a été perçue comme une escalade majeure dans la guerre commerciale entre les deux principales économies du monde.


Mais le Département américain du Commerce a ensuite accordé que Huawei continue d'acheter des produits de fabrication américaine, peu de temps après l'inscription sur la liste noire de l'entreprise. Cette décision avait pour but de réduire au minimum les perturbations pour ses clients, dont beaucoup exploitent des réseaux dans les régions rurales d'Amérique. L’exemption de 90 jours, qui expire ce lundi 19 août, a permis au plus grand fabricant d’équipement de télécommunication au monde de soutenir des clients existants dans le secteur des téléphones intelligents et de l'infrastructure cellulaire.

« La licence générale temporaire donne aux exploitants le temps de prendre d'autres dispositions et au ministère l'espace nécessaire pour déterminer les mesures à long terme appropriées pour les Américains et les fournisseurs de télécommunications étrangers qui dépendent actuellement du matériel Huawei pour leurs services essentiels. Bref, cette licence permettra aux utilisateurs de téléphones mobiles et aux réseaux à large bande ruraux de Huawei de poursuivre leurs activités ». C’est ainsi que le ministère du Commerce a décrit l'exemption en mai dernier.

Les États-Unis accordent à Huawei 90 jours supplémentaires de « licence générale temporaire » pour acheter auprès de fournisseurs américains, selon Reuters. La décision qui était attendue pour le week-end, après un entretien téléphonique attendu entre le président américain Donald Trump et le président chinois Xi Jinping, a été annoncée lundi par le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross. M. Ross a indiqué que la dernière extension visait également à éviter les perturbations dans les activités de ces mêmes clients de Huawei.

Le Ministère du Commerce a déclaré dans un communiqué que cette prolongation de 90 jours « a pour but d'accorder aux consommateurs de toute l'Amérique le temps nécessaire pour s'éloigner de l'équipement Huawei, compte tenu de la menace persistante pour la sécurité nationale et la politique étrangère ». « Alors que nous continuons d'inciter les consommateurs à abandonner les produits de Huawei, nous reconnaissons qu'il faut plus de temps pour éviter toute perturbation », a ajouté M. Ross.


Il faut noter aussi que cette prolongation s’accompagne de l’extension de la liste des sociétés affiliées à Huawei (46 sociétés de plus) ajoutées la « liste des entités » du ministère américain du Commerce, portant le nombre total à plus de 100 entités Huawei couvertes par ces restrictions.

Dans une déclaration à propos de la prolongation temporaire, Huawei a déclaré que la décision du gouvernement américain « ne change pas le fait que Huawei a été traité injustement. La décision d'aujourd'hui n'aura pas d'impact substantiel sur les affaires de Huawei ». Huawei s'est aussi opposé à la décision d'ajout de 46 autres affiliés à la liste des entités. « Il est clair que cette décision, prise à ce moment précis, est motivée par des considérations politiques et n'a rien à voir avec la sécurité nationale », a déclaré la société.

Le président Trump aussi ne serait pas pour la décision de prolongation. Il avait indiqué au cours du week-end qu'il n'y aurait pas de prolongation, disant que ce qui se passerait serait le « contraire » de ce qui a été rapporté le vendredi. « En fait, nous sommes ouverts à ne pas faire affaire avec eux », a déclaré M. Trump dimanche.

Le blocage de Huawei exacerbé par la guerre commerciale entre Washington et Pékin

Huawei est pris dans la plus grande guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Bien que les deux pays se soient mutuellement taxés, les responsables américains de la sécurité ont mis en garde sur la possibilité que la compagnie de télécommunications maintienne des liens avec le gouvernement chinois et que cela puisse représenter une menace pour la sécurité des États-Unis. Après la signature d’un décret en mai par le président Trump, écartant Huawei du milieu des affaires aux Etats-Unis et dans ces pays alliés, plusieurs entreprises, comme Google, Microsoft, ARM et Infineon ont commencé à suspendre toute activité avec l’entreprise.

Les Etats-Unis accusent Huawei de collaborer avec le gouvernement communiste chinois. Ils affirment que les téléphones intelligents et l'équipement réseau de Huawei pourraient être utilisés par la Chine pour espionner les Américains. Mais l’entreprise a toujours nié ces allégations. Dans un rapport publié cette semaine par le Wall Street Journal, le quotidien américain a affirmé que la société aidait aussi les gouvernements africains à espionner leurs citoyens, ce que Huawei a également nié.

Les négociations commerciales entre Washington et Pékin étaient interrompues en mai, mais une rencontre en marge du sommet du G20 en fin juin a relancé les échanges. Le Washington Post a rapporté, après la rencontre, qu’en échange d'une flexibilité sur Huawei, Trump a déclaré que la Chine avait accepté de gros achats de produits agricoles américains « presque immédiatement ». Mais il n'a révélé aucune précision et les responsables chinois n'ont pas confirmé l'offre. « Nous avons discuté de beaucoup de choses et nous sommes de retour sur la bonne voie », a déclaré Trump. « Nous allons voir ce qui se passe ».

En apportant des clarifications sur la déclaration de Trump, Larry Kudlow, président du Conseil économique national, a déclaré à Fox News que le département du Commerce « accordera quelques licences supplémentaires là où il y a une disponibilité générale » des pièces nécessaires, et que « les préoccupations en matière de sécurité nationale resteront primordiales ».

La prolongation vue comme un dernier préavis à l'ensemble des consommateurs américains

La prolongation, jusqu'au 18 novembre, renouvelle un accord qui maintient la capacité de la société chinoise à maintenir les réseaux de télécommunications existants et à fournir des mises à jour logicielles aux combinés Huawei. Par ailleurs, le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, a déclaré aux journalistes à la fin du mois dernier qu'il avait reçu plus de 50 demandes et qu'il s'attendait à en recevoir davantage, a rapporté Reuters. Selon Reuters, l'industrie des semi-conducteurs a fait pression pour vendre des articles non sensibles que Huawei pourrait facilement acheter à l'étranger, faisant valoir qu'une interdiction générale nuit aux entreprises américaines.

Pourvu que la prolongation permette aux derniers consommateurs américains de juguler leur dépendance du géant chinois. Selon le rapport de Reuters, sur les 70 milliards de dollars dépensés par Huawei pour l'achat de composants en 2018, quelque 11 milliards de dollars sont allés à des entreprises américaines comme Qualcomm, Intel et Micron Technology.

Reuters rapporte également que Doug Jacobson, avocat spécialisé en droit commercial à Washington, a déclaré qu'il n'est pas surprenant que la prolongation ait été accordée : « Il faut du temps aux fournisseurs de télécommunications pour trouver d'autres fournisseurs d'équipement ».

Lorsque M. Ross a été interrogé sur ce qui se passera en novembre, à la fin de cette dernière période de sursis, pour les clients américains de Huawei, il a répondu : « Tout le monde en a été averti, il y a eu beaucoup de discussions avec le président ».

Source : Reuters

Et vous ?

Que pensez-vous de cette prolongation de la licence spéciale de Huawei ?
Est-ce pour que Huawei continue d’assurer le service minimum aux clients existants ou pour permettre aux entreprises américaines de vendre à l’entreprise chinoise ?
Pensez-vous que la prolongation permettra aux entreprises américaines d’être en mesure de ne plus faire des affaires avec le chinois Huawei ?
La 5G tiendrait-elle ses promesses si un acteur majeur, Huawei, venait à être écarté définitivement de son processus de déploiement ?

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Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 11/10/2019 à 8:58
Subventionner des entreprises privées, ce n'est pas interdit par l'OMC? Les US ont bien fait condamner Airbus pour ça récemment, non?
Trump la loi c'est seulement quand ça l'arrange...
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Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 20/10/2019 à 20:48
Huawei affirme que des entreprises américaines ont manifesté leur intérêt pour l'octroi de licence pour sa technologie 5G,
Alors que la firme demeure sur a liste noire américaine, selon un rapport

Alors que le géant chinois de la technologie Huawei est toujours sous le coup des sanctions américaines, la firme serait actuellement engagée dans des pourparlers préliminaires avec certains opérateurs de télécommunications américains au sujet de l'octroi d'une licence pour sa technologie de réseau de cinquième génération (5G), a révélé un nouveau rapport de Reuters. Le géant mondial des télécommunications, qui avait annoncé qu’il continuerait à développer sa technologie malgré les difficultés, a parié ses chances de succès aux Etats-Unis sur l'octroi d'une licence pour sa technologie de réseau 5G à des opérateurs télécom américains.

Selon Reuters, Vincent Pang, vice-président sénior et directeur du conseil d'administration de l'entreprise, a déclaré que certaines entreprises américaines avaient exprimé leur intérêt pour une opération à long terme ou un transfert unique, sans donner plus de détails sur les noms ni le nombre des sociétés concernées. Lors d’une visite à Washington plus tôt cette semaine, M. Pang a déclaré ceci :

« Il y a des entreprises qui nous parlent, mais il faudrait un long voyage pour vraiment tout finaliser ». « Ils ont montré de l'intérêt », a-t-il ajouté. M. Pang a aussi indiqué que les conversations ne datent que de quelques semaines et n'ont pas encore atteint un niveau détaillé.


Les entreprises auraient entamé des discussions avec Huawei alors que la société chinoise est toujours sur la liste noire commerciale américaine. En mai dernier, le ministère américain du Commerce a ajouté le plus grand fournisseur mondial d'équipement de télécommunications et 70 autres entreprises alliées sur cette liste, les interdisant de faire affaire avec les entreprises américaines sans licence spéciale. Les raisons évoquées étaient d’ordre de la sécurité nationale, Huawei étant soupçonné d’être en lien avec les autorités, l’armée, le renseignement chinois, et le gouvernement américain craignant que l'équipement Huawei puisse être utilisé à des fins d’espionnage.

Washington a également porté des accusations criminelles contre l'entreprise, alléguant des fraudes bancaires, des violations des sanctions américaines contre l'Iran et des vols de secrets commerciaux. Huawei a plusieurs à plusieurs reprises nié ces accusations, mais cela n’a rien changé jusqu’à présent. Selon Reuters, les règles qui devaient être publiées par le ministère du Commerce au début de ce mois devraient effectivement bannir l'entreprise de la chaîne d'approvisionnement des télécommunications aux États-Unis.

Le gouvernement américain a mené une campagne en fin de l’année dernière pour convaincre ses alliés d’interdire Huawei du processus de mise en place de leurs réseaux 5G. Mais alors que le président américain Donald Trump a annoncé en avril que la course à la 5G est ouverte et que l'Amérique doit gagner, le fait est qu'il n'y a actuellement aucun fournisseur américain de réseaux 5G. Outre Huawei, les seuls autres fournisseurs 5G sont les sociétés européennes Nokia et Ericsson, qui pratiquent des prix beaucoup plus élevés que Huawei, selon Reuters.

Les sanctions ont impacté durement les activités internationales de Huawei, mais les firmes américaines en souffrent aussi. Selon un rapport du New York Times qui date de juin, les entreprises américaines de technologie contournaient l’interdiction du gouvernement américain pour continuer de vendre des composants au géant chinois des télécommunications. De nouvelles entreprises d’intelligence artificielle chinoises, clients des sociétés américaines, ont également été ajoutées à la liste noire plus tôt ce mois, pour sanctionner Pékin pour son mauvais traitement des minorités musulmanes, a rapporté Reuters.

Huawei avait proposé de concéder sous licence sa technologie 5G à des sociétés américaines

Ce nouveau développement est intervenu dans l’affaire après que Ren Zhengfei, PDG et fondateur de la société, ait proposé le mois dernier, lors d'une interview accordée au New York Times, de concéder sous licence sa technologie 5G à des sociétés américaines afin qu'elles puissent développer leur propre industrie 5G. En effet, M. Zhengfei a proposé cette offre, permettant de concéder sous licence sa technologie avec une redevance unique comprenant l'accès au brevet 5G de Huawei, les licences, le code et le support.

Dans l’interview, M. Zhengfei avait dit qu’ « Il n'y a aucune restriction sur ce dont nous serions prêts à discuter avec le ministère de la Justice ». « Huawei est ouvert à partager nos technologies et techniques 5G avec des entreprises américaines afin qu'elles puissent développer leur propre industrie 5G. Cela créerait une situation équilibrée entre la Chine, les États-Unis et l'Europe », a-t-il ajouté.


Cette offre pourrait permettre à l'acheteur de modifier le code source, ce qui signifie que ni Huawei ni le gouvernement chinois n'auraient le contrôle d'aucune infrastructure de télécommunications construite à l'aide des équipements produits par la nouvelle société. Pourtant, aux Etats-Unis, une telle idée sera impopulaire étant donné la guerre commerciale qui fait rage entre Washington et Pékin depuis plusieurs mois déjà, et les problèmes avec Huawei. Dans une interview accordée à Reuters le mois dernier, un représentant du département d'État a exprimé son scepticisme à l'égard de l'offre du fondateur de Huawei.

« Il n'est tout simplement pas réaliste que les opérateurs adoptent cet équipement et gèrent ensuite tous les logiciels et le matériel eux-mêmes », a déclaré la personne. « S'il y a des bogues logiciels qui sont intégrés au logiciel initial, il n'y a aucun moyen de savoir s'ils sont présents et ils pourraient être activés à tout moment, même si le code logiciel est remis aux opérateurs mobiles », a ajouté le responsable.

Plus tôt cette année, l’opérateur de télécommunication britannique Vodafone avait constaté que des vulnérabilités étaient présentes dans les équipements Huawei depuis un bon bout de temps et pourraient permettre, entre temps, au fournisseur d’avoir accès à certaines installations de Vodafone en Italie et dans d'autres pays d'Europe. Vodafone avait interrompu le déploiement de l'équipement Huawei dans ses réseaux centraux en janvier, en attendant que les gouvernements occidentaux accordent à l'entreprise chinoise une autorisation de sécurité complète. Ces failles de sécurité avaient été constatées pour la première fois dans les équipements fournis par la société chinoise à l’activité italienne de Vodafone en 2011.

Bien que M. Zhengfei ait fait une offre exceptionnellement généreuse pour sortir de l'impasse avec les États-Unis et que les opérateurs de télécommunications américains aient exprimé leur intérêt, il est toujours possible que les pourparlers préliminaires s'enlisent pour plusieurs autres raisons, étant donné le contexte actuel. M. Pang n’a pas non plus voulu prédire si un éventuel accord pourrait être signé. Toutefois, il a averti que l'investissement en recherche et développement nécessaire pour améliorer continuellement la plateforme après un transfert unique de Huawei serait très coûteux pour les entreprises. Cependant, l’offre de Huawei n’est-elle pas une meilleure option pour les opérateurs américains ?

Source : Reuters

Et vous ?

Quels commentaires faites-vous de l’intérêt des sociétés américaines pour la licence de la technologie 5G de Huawei ?
Pensez-vous que les autorités américaines permettront que les firmes américaines acquièrent cette licence ?

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Avatar de yahiko
Rédacteur/Modérateur https://www.developpez.com
Le 31/08/2019 à 8:48
Je suis très curieux de voir comment le Mate 30 va se vendre sans accès au Play Store.

On pourrait se dire que même si les parts de marché de Huawei vont continuer à dégringoler en Europe, la marque peut se maintenir en Asie et notamment en Chine, patriotisme économique oblige.
Ce qui pourrait lui donner du temps pour développer un écosystème alternatif à celui de Google.

Néanmoins, je doute que d'autres constructeurs de smartphones, comme Samsung par exemple, soient enclins à adopter l'OS et le store d'un de leur concurrent...
Pour que la sauce prenne, il faudrait que Huawei puisse rallier d'autres constructeurs.

Maintenant, quand on regarde l'état du marché, à part Apple (US) et Samsung (Corée), on peut constater que les autres principaux constructeurs sont chinois : Xiaomi, vivo et Oppo.
La partie pourrait ne pas être perdue donc, avec un effet boomerang qui serait de contribuer à l'émergence d'une réelle alternative aux Etats-Unis dans le domaine de la tech.
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