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La Chine injecte 2,2 milliards de dollars dans une entreprise locale de fabrication de puces,
Alors que Washington tente de couper Huawei des fournisseurs mondiaux de semi-conducteurs

Le , par Stan Adkens

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La Chine continue de multiplier des manœuvres pour réduire sa dépendance à l'égard de la technologie américaine. Alors que Washington est en train de resserrer ses restrictions technologiques à l'égard de ce pays et de ses entreprises technologiques, les fonds soutenus par l'État chinois ont injecté 2,25 milliards de dollars dans une usine de fabrication de plaquettes de Semiconductor Manufacturing International Corp. (SMIC), l'un des principaux producteurs de semi-conducteurs de Chine, pour soutenir la fabrication de puces avancées, a rapporté Bloomberg.

Le capital social de l'usine de Semiconductor Manufacturing International Corp. passe par conséquent de 3,5 à 6,5 milliards de dollars après l'investissement, a déclaré la société dans une annonce publiée en chinois vendredi. La participation du fabricant de puces dans l'usine de Shanghai passera de 50,1 % à 38,5 %, selon Bloomberg. L'usine a une capacité de production de 6 000 plaquettes de 14 nanomètres par mois et prévoit de la porter à 35 000, soit une augmentation d’environ six fois.


SMIC est l'une des nombreuses entreprises de fabrication de puces qui incarnent l'espoir de Pékin de créer une industrie de semi-conducteurs autonome et de classe mondiale. La société cotée à Hong Kong, un fabricant de puces sur lequel Pékin compte pour réduire sa dépendance à l'égard de la technologie américaine, prévoyait un peu plus tôt ce mois une vente de jusqu'à 1,69 milliard de nouvelles actions sur le marché de Shanghai, selon Bloomberg.

SMIC prévoyait d'utiliser les recettes de cette vente pour développer la fabrication de puces de nouvelle génération afin d'essayer de concurrencer Intel Corp. et Taiwan Semiconductor Manufacturing Co. (TSMC). Cet effort intervient à un moment où l'administration Trump se préparait à renforcer les restrictions sur la vente de technologies à la Chine, menaçant de refuser aux entreprises nationales comme SMIC ou Huawei Technologies Co. l'accès à des composants et circuits essentiels.

« Stratégiquement, nous pensons que le SMIC coupe progressivement ses liens avec les marchés financiers américains, alors que la tension entre les États-Unis et la Chine s'intensifie à cause du Covid-19 et qu'un nouveau cycle de guerre commerciale se prépare », avaient écrit les analystes de Bernstein dans une note, d’après Bloomberg.

Washington a modifié ses règles pour empêcher Huawei de concevoir et de produire ses propres puces

Ce nouvel investissement chinois intervient alors que Washington a pris des mesures pour empêcher les ventes à Huawei Technologies par des fabricants de puces utilisant la technologie américaine. Le ministère du Commerce a déclaré vendredi qu'il exigerait des licences avant d'autoriser l'utilisation de la technologie américaine par l'entreprise chinoise ou ses 114 filiales, dont son unité de conception de puces HiSilicon.

Dans un communiqué publié le 13 mai, la Maison-Blanche a décidé de prolonger un décret signé en mai 2019 qui interdit aux entreprises américaines d'utiliser des équipements de télécommunications fabriqués par des entreprises « présentant un risque pour la sécurité nationale », parmi lesquelles figurent Huawei ou encore ZTE. Selon l’administration Trump, « les technologies ou de services d'information et de communication conçus, développés, fabriqués ou fournis par des personnes détenues, contrôlées ou soumises à la juridiction ou à la direction d'adversaires étrangers » comme Huawei et ses filiales continuent de constituer une menace contre les Etats-Unis. Pour cette raison, l'urgence nationale déclarée le 15 mai 2019 doit se poursuivre jusqu’en 2021.


Les actions de la Maison-Blanche ne se sont pas arrêtées là, la semaine dernière. Vendredi dernier, elle a décidé de bloquer les expéditions de semi-conducteurs vers Huawei Technologies par les fabricants de puces, non seulement aux USA, mais dans tout le monde entier. Le département américain du Commerce a déclaré qu’il modifiait une règle d’exportation pour « cibler stratégiquement l’acquisition de semi-conducteurs par Huawei qui sont le produit direct de certains logiciels et technologies américains ». Le ministère a ajouté que « l’annonce met fin aux efforts de Huawei pour saper les contrôles à l’exportation des États-Unis ».

Ce changement de règle élargit l'autorité américaine pour exiger des licences pour la vente à Huawei de semi-conducteurs fabriqués à l'étranger avec la technologie américaine, élargissant considérablement sa portée pour arrêter les exportations vers l'équipementier chinois. « Cette action fait passer l'Amérique en premier, les entreprises américaines en premier et la sécurité nationale américaine en premier », a déclaré un haut responsable du Département du Commerce. La plupart des fabricants de puces s’appuient sur des équipements produits par des sociétés américaines comme KLA, Lam Research et Applied Materials, selon un rapport publié l’an dernier par la société chinoise Everbright Securities.

La Chine a réagi spontanément à cette décision avec un rapport publié le même vendredi par le biais de Global Times, un quotidien chinois, indiquant que Pékin était prêt à placer les entreprises américaines sur une "liste d'entités non fiables", dans le cadre de contre-mesures en réponse aux au plan américain visant à bloquer les livraisons de semi-conducteurs à Huawei. La Chine a également déclaré être prête à lancer des enquêtes, à imposer des restrictions à des sociétés américaines telles qu'Apple, et à arrêter l'achat d'avions Boeing, d’après le quotidien chinois.

Tous les fabricants de puces du monde, y compris TSMC et SMIC, ont besoin de l'équipement des entreprises américaines pour fabriquer des puces pour tout, des smartphones aux superordinateurs. Mais la dernière mesure touche TSMC de manière disproportionnée, car elle compte sur Huawei pour environ 10 % de ses revenus, selon les estimations de Bloomberg.

« Nous suivons de près le changement des règles d'exportation américaines », a déclaré la TSMC dans un communiqué, suite à la décision américaine. « La chaîne d'approvisionnement de l'industrie des semi-conducteurs est extrêmement complexe, et est desservie par un large éventail de fournisseurs internationaux. Faisant partie de l'écosystème mondial des semi-conducteurs, TSMC entretient des collaborations à long terme avec des partenaires d'équipement du monde entier, y compris ceux situés aux États-Unis ».

« La Chine prendra des contre-mesures énergiques pour protéger ses propres droits légitimes », si les États-Unis vont de l'avant avec le plan visant à empêcher les fournisseurs essentiels de puces, y compris TSMC basé à Taiwan, de vendre des puces à Huawei, a déclaré une source au Global Times dans une interview exclusive.

Avec ce nouvel investissement, la Chine parie sur le fabricant de puces local pour pouvoir réduire la dépendance du pays à l'égard de la technologie américaine. Huawei a pris un bon nombre de décisions stratégiques pour aller de l’avant alors que les mesures de restrictions américaines persistent et qu’il est privé des ressources comme les applications Google sur ses smartphones. Mais jusqu’à quand ses premières puces seront-elles exportées à partir de ses propres usines ?

Source : Bloomberg

Et vous ?

Que pensez-vous du nouvel investissement chinois ?
Selon vous, cette initiative pourra-t-elle permettre à la Chine d’être à l’avenir indépendante de la technologie américaine ?

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Les USA ont-ils sous-estimé la capacité de Huawei à surmonter leur sanction ? Cela ne va-t-il pas encourager des alternatives à Play Store ?

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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 16/07/2020 à 9:32
Huawei voudrait court-circuiter les approvisionnements d'entreprises US via la juridiction US sur les brevets,
afin de lutter contre l'administration Trump qui l'a écarté du marché de l'infrastructure réseau

Mettre Huawei sur liste noire l'a peut-être empêché de profiter des licences sur une technologie américaine critique, mais Huawei cherche à générer des revenus par d'autres moyens. Huawei a déposé des demandes de violation de brevet contre Verizon ainsi que pour des produits que Verizon acquiert auprès d'autres sociétés américaines telles que Cisco et Hewlett-Packard ; Huawei exige le paiement de royalties pour des centaines de brevets. Les brevets de Huawei ne sont pas nécessairement utilisés dans les produits des entreprises, mais Huawei est autorisé à utiliser le processus juridique pour contraindre le tribunal à se pencher sur les informations confidentielles de Verizon et de ses fournisseurs. Des observateurs pensent que Huawei pourrait alors utiliser illégalement ces données pour enrichir ses connaissances sur les produits et technologies de ses concurrents.

Pour ne rien arranger, un changement de politique des États-Unis sur les technologies standardisées a involontairement suralimenté le jeu de brevets de Huawei, donnant la possibilité au Chinois de revenir sur ses engagements antérieurs d'accorder des licences équitables sur ses brevets. Cela pourrait empêcher les titulaires de licence en aval d'expédier et de vendre des produits, ce qui pourrait nuire à de nombreuses entreprises américaines.

En ce qui concerne l'industrie mobile, l'analyste Richard Windsor explique que si la 5G était un avion, les brevets des moteurs, les ailerons et les ailes (les brevets essentiels standard ou SEP) sont détenus par Qualcomm, Nokia et Ericsson tandis que Huawei détient les brevets pour les chariots de boissons ainsi que pour les sièges. En 2019, Nokia a généré 740 millions de dollars de revenus en royalties ; Ericsson, environ 800 millions de dollars. Le seul chiffre comparable pour Huawei est un « gain / (perte) net » de 98 millions de dollars pour 2018, noté dans ses états financiers. Ce chiffre montre la faible valeur des brevets de Huawei.

Cependant, bien que tous les brevets ne soient pas égaux, les titulaires de brevets ont un accès égal aux tribunaux américains. En tant que tel, Huawei, récemment considéré comme une société-écran pour l'armée chinoise, utilise ses brevets de manière spéculative alors qu'il fait face à un éventail d'accusations : vol de secrets commerciaux, fraude électronique et obstruction à la justice ; blanchiment d'argent, complot en vue de frauder les États-Unis et violations des sanctions ; et complot de racket et complot pour voler des secrets commerciaux.


Les technologies standardisées utilisées dans de nombreuses entreprises et produits (5G, Bluetooth, WiFi, etc.) sont basées sur les propriétaires de brevets qui acceptent volontairement de concéder sous licence leurs brevets en vertu des accords FRAND (équitables, raisonnables et non discriminatoires). Les propriétaires de brevets adoptent cette structure, car elle leur permet de tirer des revenus de leurs brevets tandis que d'autres entreprises paient des frais pour mettre en œuvre la norme (souvent de manière innovante, en générant des produits plus nombreux, différents et meilleurs pour le consommateur). Mais FRAND et d'autres accords de bonne foi contraignent également les titulaires de SEP, les empêchant de s'engager dans des pratiques de licence discriminatoires telles que refuser à un concurrent l'accès à la technologie. Une fois qu'un accord FRAND est conclu, les titulaires de brevets ne peuvent plus reculer et retenir captives les entreprises en refusant d'accorder une licence. Comme l'explique Michael Rosen, avocat plaidant en matière de brevets et associé à l'American Enterprise Institute, « les propriétaires de SEP sont, par définition, obligés de négocier de bonne foi pour fournir une licence aux conditions FRAND. S'ils abusent de leurs obligations FRAND, ils ne devraient pas avoir le droit d'en récolter les bénéfices ».

Auparavant, la politique américaine obligeait en fait les titulaires de SEP à tenir leurs accords FRAND. Cependant, la nouvelle politique publiée conjointement en 2019 par le ministère de la Justice (DOJ), le US Patent and Trademark Office (USPTO) et le National Institute of Standards and Technology (NIST), modifie l'équilibre des pouvoirs entre le propriétaire et le licencié du SEP en supprimant d'importants obstacles juridiques au refus d'un titulaire de brevet de concéder sous licence ses brevets à des concurrents ou à des fournisseurs de composants. Huawei, malheureusement, est susceptible de militariser ce changement pour punir les entreprises américaines. En outre, Huawei peut également refuser d'accorder des licences à des fournisseurs de composants tiers pour les entreprises américaines, voire demander une injonction pour fermer efficacement les chaînes d'approvisionnement pour les produits américains.

Il est probable que l'administration Trump n'avait tout simplement pas réfléchi à la manière dont Huawei retournerait la loi américaine sur les brevets contre les entreprises américaines, car le président Donald Trump et son équipe ont constamment mené la charge pour débarrasser les infrastructures de communication aux États-Unis et chez leurs alliés du contrôle des entreprises chinoises, en particulier en ce qui concerne la 5G. Néanmoins, le Ministère pourrait étouffer cette initiative de l'entreprise chinoise dans l’œuf en clarifiant quelles parties peuvent demander une licence et en interdisant que des injonctions soient introduites par des parties qui ont accepté un engagement FRAND. Dans cette optique, les Sénateurs Marco Rubio (R-FL) et John Cornyn (R-TX) ont proposé des projets de loi pour empêcher Huawei (et potentiellement toute entreprise ajoutée à la liste noire) d'abuser de ces avantages qui sont censés profiter aux acteurs légitimes du marché.

Source : nouvelle politique sur les brevets, analyse de Richard Windsor, analyse de Bird&Bird, chefs d'accusation contre Huawei au sein du ministère de la Justice (vol de secrets commerciaux, fraude électronique et obstruction à la justice; blanchiment d'argent, complot en vue de frauder les États-Unis et violations des sanctions; et complot de racket et complot pour voler des secrets commerciaux), proposition de loi des Sénateurs

Et vous ?

Que pensez-vous de cette stratégie ?
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Avatar de Patrick Ruiz
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 14/07/2020 à 22:16
Le Royaume-Uni annonce le retrait total des équipements de Huawei de son réseau 5G d’ici à 2027
S’alignant ainsi sur la position de Donald Trump sur la Chine

La campagne mondiale des États-Unis pour empêcher ses alliés les plus proches d'utiliser Huawei n’avait jusqu’ici pas porté de fruits ; du moins, pour ne citer que le cas du Royaume-Uni qui, au mois de janvier de l’année en cours, a autorisé l’entreprise chinoise à participer au déploiement de la 5G sur son territoire. On est désormais en plein revirement puisque le gouvernement britannique annonce le retrait total des équipements de Huawei de son réseau 5G d’ici à 2027. Le Royaume-Uni finit par s’aligner sur la position de Donald Trump sur la Chine.

Les équipements de réseau de Huawei vont être retirés des réseaux 5G du Royaume-Uni. Les opérateurs de télécommunications ne seront pas autorisés à acheter de nouveaux équipements de télécommunications 5G à la société chinoise à partir de janvier prochain. Ils disposent de sept ans pour retirer la technologie existante du constructeur chinois de leur infrastructure 5G. Voilà en substance le contenu de la récente annonce du gouvernement britannique au sujet de ses choix en matière de déploiement de la technologie 5G sur son territoire.

On part donc d’une situation où Huawei plafonne à 35 % de parts de marché (avec des équipements écartés de parties centrales du réseau ou de zones géographiquement sensibles) à une autre où l’entreprise va voir ses équipements complètement retirés des réseaux 5G du pays. La décision va retarder le déploiement de la 5G de deux à trois ans et introduire des dépenses additionnelles estimées à 2,5 milliards de dollars.

Au cours des derniers mois, le gouvernement britannique a subi une pression croissante, tant à l’internationall, pour que Huawei soit totalement mis en touche. Cette pression tire ses racines des craintes des experts en sécurité que les équipements de Huawei constituent un risque pour la sécurité nationale en permettant à Pékin d'espionner les pays occidentaux. La pression internationale est venue principalement des États-Unis. Depuis mai 2019, Huawei est sur une liste d’entités qui ne peuvent pas se fournir en technologies auprès des entreprises américaines.

Au mois de mai de l’année en cours, les USA ont même durci leur position en annonçant de nouvelles sanctions contre Huawei. En vertu de ces nouvelles mesures qui doivent entrer en vigueur en septembre, Huawei et ses fournisseurs (comme le fabricant de puces TSMC) ne peuvent pas utiliser la technologie américaine pour concevoir ou produire les produits de Huawei. C’est notamment sur cette dernière mesure que la décision du Royaume-Uni de se passer de Huawei s’appuie. Son application implique, d’après un rapport du service de renseignements électroniques du Royaume-Uni, que l’impossibilité pour Huawei de faire usage de la technologie américaine signifie que les équipements du constructeur chinois sont douteux du point de vue de la sécurité.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a également subi des pressions de l'intérieur de son propre parti. Le gouvernement a essuyé la plus grande défaite de son mandat actuel en mars dernier. 38 députés conservateurs votaient contre le gouvernement en faveur d'un amendement demandant la fin de l'utilisation d'équipements Huawei dans les réseaux 5G du pays d'ici 2023. Bien que le gouvernement a remporté le vote, l'incident a mis la pression sur le premier ministre britannique pour qu'il adopte une position plus ferme.


En réponse à la nouvelle, un porte-parole de Huawei a qualifié la décision de décevante et a déclaré que la société est confiante que les nouvelles sanctions américaines n'affecteront pas la résilience ou la sécurité des produits qu’elle fournit au Royaume-Uni. Il a jouté que ces sanctions étaient motivées par la politique commerciale américaine plutôt que par la sécurité et a exhorté le gouvernement britannique à reconsidérer sa décision.

La manœuvre devrait toutefois profiter à Nokia et Ericsson qui sont les deux autres principaux fournisseurs de kits 5G.

« Nous avons la capacité et l'expertise nécessaires pour remplacer tout l'équipement Huawei des réseaux britanniques à l'échelle et à la vitesse voulues, ce, avec un impact minimal sur les personnes qui utilisent les réseaux de nos clients », a déclaré Nokia.

« Cette décision lève l'incertitude qui ralentissait les investissements autour du déploiement de la 5G au Royaume-Uni et nous sommes prêts à travailler avec les opérateurs britanniques pour respecter leur calendrier », a ajouté Ericsson.

Le gros bémol derrière est qu’il s’agit d’entreprises qui fabriquent leurs équipements en Chine, ce qui dans la logique devrait aussi poser problème aux USA. En juin, le ministère américain de la défense a publié une liste de 20 sociétés qui, selon lui, avaient des liens étroits avec l'armée chinoise. Parmi elles figurait Panda Electronics, la société avec laquelle Ericsson dirige une usine de fabrication dans la ville chinoise de Nanjing.

Sources : gov.uk, Reuters 1, 2, 3

Et vous ?

Quelle lecture faites-vous de cette décision ?

Voir aussi :

5G en Europe : Stéphane Richard, le PDG d'Orange, s'oppose à l'exclusion de Huawei, une réponse au Commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton
Très critiquée, la loi « anti-Huawei » pour sécuriser la 5G est désormais une réalité, mais elle ne discrimine pas un équipementier en particulier
Le blocus Huawei de Trump fléchit en Europe, qui ne veux pas prendre de retard dans le déploiement de la 5G
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Avatar de Nancy Rey
Chroniqueuse Actualités https://www.developpez.com
Le 16/06/2020 à 11:23
Huawei est sur le point de perdre le Brésil, car les États-Unis ne financeront les infrastructures 5G brésiliennes qu'à une seule condition :
que le Brésil tourne le dos à Huawei

Dans une interview accordée au journal brésilien Folha de S.Paulo, l'ambassadeur américain au Brésil, Todd Chapman a déclaré que le retrait de Huawei du marché brésilien est une question de « sécurité nationale pour Washington et vise à protéger les données et la propriété intellectuelle, ainsi que les informations sensibles des nations ».

Le Brésil, l'un des plus grands marchés du géant chinois des télécommunications Huawei, pourrait être prêt à céder ses contrats 5G aux acteurs européens des télécommunications : Ericsson et Nokia. Les États-Unis sont en pourparlers avec le gouvernement brésilien, ils proposent de financer l'infrastructure 5G à condition que le Brésil se débarrasse de Huawei.

Ce serait une grande perte pour le géant chinois des télécommunications, car l'entreprise a renforcé sa présence sur le marché brésilien au cours des deux dernières décennies. Huawei a mené des essais 5G pour les quatre grandes entreprises de télécommunications du Brésil : Telefonica Brasil SA, TIM Participacoes SA, America Movil's Claro et Oi SA. La société a également promis d'installer une usine à Sao Paulo d'ici 2022 avec un investissement de 800 millions de dollars.


Le marché brésilien était une valeur sûre pour Huawei, mais maintenant que les États-Unis sont prêts à financer les coûts d'infrastructure si le gouvernement brésilien se tourne vers les acteurs européens, l'accord semble très improbable. Et cela signifierait une perte énorme pour le géant chinois des télécommunications. « Qui veut faire des investissements dans des pays où ses informations ne seront pas protégées ? », s’est interrogé Chapman.

Antérieurement, les entreprises de télécommunications canadiennes ont fermé la porte aux entreprises chinoises en raison de la pression américaine. Deux entreprises de télécommunications canadiennes (BCE et Telus Corp) ont décidé d'utiliser des équipements de Nokia et de Ericsson pour construire leurs réseaux 5G de nouvelle génération au Canada.

Alors que Bell et Telus allaient certainement utiliser l'équipement 5G de Huawei pour déployer la technologie au Canada, les choses ont basculé en peu de temps. Bell qui utilise déjà Huawei dans son réseau 4G existant, a exclu la participation de l'entreprise chinoise au déploiement de la 5G. Telus a déclaré en février de cette année qu'il s'associerait à Huawei pour le déploiement de la technologie 5G dans le pays. Mais Bell et Telus ont tous deux rejeté Huawei de manière assez virulente. Les trois principaux opérateurs de télécommunications du Canada, à savoir Bell, Telus et Rogers, travaillent désormais avec Nokia et Ericsson.

Les États-Unis utilisent la même méthode que celle utilisée au Canada et, par conséquent, Huawei risque une seconde secousse majeure d’ici quelques semaines.

Parmi les principaux fournisseurs des équipements 5G dans le monde (Altiostar, Cisco Systems, Datang Telecom/Fiberhome, Ericsson, Huawei, Nokia, Qualcomm, Samsung et ZTE), les trois sociétés chinoises ont pris la tête de la course (Huawei, Datang et ZTE), compte tenu des produits moins chers et plus efficaces. Notons que la réaction hostile mondiale envers la Chine et les entreprises chinoises, en particulier les vendeurs d'équipements de télécommunications, a entraîné la renaissance de deux entreprises européennes. Il s'agit de la multinationale suédoise Ericsson et de la société finlandaise Nokia.

Le contrecoup à l'endroit de Huawei vient non seulement des gouvernements, mais aussi des acteurs du secteur des télécommunications eux-mêmes. Le gouvernement des États-Unis a déjà notifié aux pays européens d'utiliser les produits Ericsson, Nokia et Samsung à la place de Huawei. Ce que de nombreuses entreprises devraient suivre, car elles ne veulent pas avoir à dos l'administration Trump, au regard de l'importance des marchés américains.

Les actions Ericsson et Nokia sont en hausse depuis quelques mois, après des années de baisse constante, ceci grâce à Donald Trump et au ressentiment envers la Chine et ses entreprises après l'apparition du Covid-19.

Source : Folha de S.Paulo

Et vous ?

Que pensez-vous des manœuvres américaines imposées à Huawei et des justifications liées à la sécurité nationale avancées par l’ambassadeur américain ?

Voir aussi :

Huawei signe un accord avec TomTom pour utiliser son service de cartographie dans ses smartphones, le Chinois réduit encore plus sa dépendance aux entreprises US

Voici 6 raisons pour lesquelles Huawei donne aux États-Unis et à ses alliés des cauchemars en matière de sécurité informatique

Huawei poursuit le gouvernement des USA pour ce qu'il appelle une interdiction injuste, l'obligeant à rendre publiques ses accusations à son encontre

Après l'Allemagne et le Royaume-Uni, la Belgique blanchit Huawei, nouveau coup dur pour la campagne de diabolisation des États-Unis ?
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Avatar de Darkzinus
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 16/06/2020 à 13:49
On n'est pas à une ingérence près …
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Avatar de Pierre GIRARD
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 20/05/2020 à 13:33
Citation Envoyé par Eric80 Voir le message
...Au final, SMIC et la Chine sortiront gagnantes et renforcées...
C'est exactement ce que je pense. Trump est un accélérateur pour la technologie chinoise, pas un frein. Bien sur, ça va emmerder Huawei pendant quelque temps, mais ils en sortiront renforcés peu de temps après.

En fait, Trump fait juste preuve d'arrogance, et l'arrogance ne s'est jamais transformée en force.
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Avatar de yahiko
Rédacteur/Modérateur https://www.developpez.com
Le 18/07/2020 à 13:20
La démocratie n'est plus tendance. C'est le sentiment que j'observe sur les réseaux sociaux.
On en vient à préférer l'autoritarisme "éclairé" d'un Poutine ou d'un Xi Jinping en face d'une soupe politique insipide que nous offre nos parlements d'Europe Occidentale ou d'Amérique du Nord.
Bien sûr que nous partageons bien plus de valeur avec les Etats-Unis qu'avec la Chine. Il suffit de voyager un minimum pour s'en rendre compte.
Cela n'empêche pas que les Etats-Unis ont leur spécificités culturelles, tout comme l'Italie a les siennes.

Nous sommes les enfants d'Athènes.

Et nous sommes en train de renier notre héritage et notre civilisation en nous jetant dans les bras du nouveau Tsar de Russie ou du Parti Unique de la Chine et de sa République (sic) Populaire (re-sic).

Dans le discours anti-américain, je relève souvent notre propre aveux d'impuissance. On reproche souvent à autrui ce que nous aimerions pouvoir faire, mais que nous ne pouvons pas ou plus faire. C'est le drame de l'Europe.

Alors, on réécrit l'Histoire, en minimisant le rôle des Américains lors de la 2nde Guerre Mondiale. Pourtant, sans eux, sans leurs ressources industrielles, pétrolifères, et aussi humaines, nous serions encore sous domination Nazi. Dire le contraire n'est pas sérieux. L'URSS a certes beaucoup contribué à la victoire aussi, mais je suis heureux et reconnaissant que les Américains aient débarqué en Normandie et aient libérée la France, avant les Soviétiques. Le sort des états satellites sous occupation soviétique ne me fera jamais rêver.

La Chine est une dictature, tout comme l'Arabie Saoudite ou le Qatar. Ceux qui méprisent l'Arabie Saoudite et le Qatar (j'en fais partie), restez cohérent, méprisez la Chine.

Mais j'ai l'impression que c'est pourtant vers ça que nous souhaitons aller dans des discours de plus en plus nombreux sur la Toile. A vouloir juste un hypothétique bonheur, sans la liberté, nous n'aurons ni l'un, et ni l'autre.

Les responsables de la situation de la France, ils sont connus de tous, c'est nous-même. Pas juste le Président, pas juste le Premier Ministre, pas les députés et la classe politique forcément corrompue et/ou incompétente. Mais à toi et à moi.

Le venin qui circule sur la Toile envers tout ce qui ne va pas, c'est surtout le reflet de notre propre lâcheté, de notre propre manque de courage, de notre propre passivité que nous déplorons.

Il y a un vrai combat à mener. C'est un combat envers nous-même.
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Avatar de lechapelierfou33
Membre à l'essai https://www.developpez.com
Le 20/05/2020 à 18:21
Eh oui on peut rêver de la gentillesse de la Chine à notre égard mais le rêve va se transformer inévitablement en cauchemar. Deux nations puissantes(pas grande parce que ça demande d'autres qualités) et tous les petits qui s'amusent de leur querelle. Cela me rappelle les mineurs et leurs patrons qui gagnent à la fin? qui trompe l'autre? Ces querelles dont nous serons les victimes collatérales me font vomir. Les temps à venir vont être terribles pour les générations futures avec un dément, un mégalo, la justification de l'extrême droite pour solution. Du sang de la sueur et des larmes le cocktail préféré des dirigeants. Souriez vous êtes déconfinés...
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Avatar de Eric80
Membre averti https://www.developpez.com
Le 20/05/2020 à 11:40
empêcher les fournisseurs essentiels de puces, y compris TSMC basé à Taiwan, de vendre des puces à Huawei
TSMC est un fondeur, celui qui fabrique les puces. C est le plus avancé au monde avec leur finesse en 7nm et bientot 5nm, une tendance que Samsung et surtout Intel ont du mal à suivre (Intel a toujours des soucis avec leur 10nm)
Apple, AMD, nVidia, Qualcomm?: toutes leurs puces sont fabriquées là bas!
Et celles de Huawei aussi?

Faute de pouvoir faire ces puces chez TSMC à cause de la pression US, Huawei passera chez Samsung et SMIC.
Au final, SMIC et la Chine sortiront gagnantes et renforcées...

D un point de vue politique, Taiwan est vraiment un point critique puisque depuis toujours considéré par la Chine comme appartenant à la Chine.
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Avatar de Pierre GIRARD
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 21/05/2020 à 12:11
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Du coup il faut que la France se rapproche de la Chine ...
Il ne faut plus raisonner en terme de France, mais en terme d'Europe.

La France seule face à la Chine ne vaux pas tripette. De leurs côté, les USA font tout pour empêcher l'émergence d'une Europe politique, industrielle, financière, militaire etc... Idem pour la Chine et pour la Russie car une Europe unie leur fait peur.
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Avatar de pemmore
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 24/05/2020 à 22:12
dans les années 50/60 notre technologie n'avait rien à envier aux Américains, nous avons toujours étés excellents en électricité et électronique, bien supérieurs aux Allemands (vous avez déjà entendu parler de supers calculateurs bosch siemens ou autres inventions teutonnes; non! Faut dire qu'arts et métiers, supelec sciencepo n'ont pas d'équivalent de l'autre côté du Rhin, des lycées comme le mien orientés à 50% électronique (l'informatique étant un sous ensemble)
En quelques dizaines d'années suite à des choix politiques stupides tout à disparu peut être ils ont considéré cette technologie comme des jouets sans intérêt. On voit bien maintenant les mêmes ignares qui nous gouvernent avec le covid.
Il a éxisté néanmoins une fabrication de puces mondialement connues avec les cartes téléphoniques, cartes bleues etc, il aurait été intéressant d'avoir une industrie indépendante rien que de tenir encore le haut du pavé au lieu de voir vendre des lignes de fabrication, des fours neufs revendus pour le prix de la ferraille en Normandie, normalement avec le niveau de nos scientifiques, de nos ingénieurs, on aurait du pouvoir fournir les Chinois, et faire comme De Gaulle envoyer les Américains aux gémonies.
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