L'architecture RISC-V est relativement nouvelle, mais les entreprises qui l'exploitent pour concevoir des processeurs (CPU) modernes obtiennent de plus en plus des performances parfois comparables à celles des architectures plus vieilles et plus populaires (ARM, x86, x64, etc.). Micro Magic, un exploitant du RISC-V, a annoncé dernièrement avoir conçu le processeur RISC-V 64 bits le plus rapide au monde qui surpasse la puce M1 d'Apple et l'ARM Cortex-A9. Ce CPU est, selon Micro Magic, la matérialisation de la vision de David Patterson, vice-président du conseil d'administration de la Fondation RISC-V, pour l'architecture RISC.RISC-V : une architecture open source de plus en plus populaire
RISC-V est une norme ISA (Instruction Set Architecture) libre et ouverte permettant une nouvelle ère d'innovation en matière de processeurs grâce à la collaboration sur des normes ouvertes. L'ISA RISC-V offre un nouveau niveau de liberté logicielle et matérielle libre et extensible sur l'architecture, ouvrant de ce fait la voie d'autres idées de conception et d'innovations informatiques. Introduite en 2010, elle est utilisée depuis par plusieurs entreprises pour mettre en place des processeurs modernes, notamment la startup américaine SiFive, Microsemi ou encore le géant Western Digital.
Cette architecture du jeu d'instructions est censée concurrencer des standards de l'industrie, comme l'ARM, dont la popularité grimpe en flèche ces dernières années, notamment grâce aux smartphones. À titre d'exemple, le processeur M1, basé sur l'ARM, introduit dernièrement par Apple a fait sensation parmi les enthousiastes, les analystes et l'industrie informatique en général. RISC-V est loin d'atteindre la notoriété de l'ARM ou d'autres architectures du jeu d'instructions, mais les organisations qui l'exploitent revendiquent davantage des performances records.
À ce titre, Micro Magic, une entreprise californienne, connue surtout pour ses outils d'automatisation de la conception électronique (EDA), en parlant du M1 d'Apple, a indiqué que le processeur de la marque à la pomme a fait "jazzer" l'industrie, mais il n'est pas la plus grande innovation du secteur pour cette fin d'année. La société a en effet déclaré qu'il travaillait depuis un moment sur ce qu'il considère comme étant le noyau RISC-V 64 bits le plus rapide du monde. Pour l'avoir essayé, des critiques de l'industrie ont déclaré que le nouveau processeur de Micro Magic offre des performances décentes avec une efficacité record.
Micro Magic revendique le processeur RISC-V le plus rapide au monde
Micro Magic est un fournisseur privé d'EDA basé en Californie, spécialisé dans les outils de mise en page TSV (Through Silicon Via) tridimensionnels. Il prétend pouvoir charger, visualiser et modifier la conception de plus d'un trillion de transistors en temps réel. La société a été fondée en 1995, vendue à Juniper Networks pour 260 millions de dollars, et en 2004, elle a été reprise sous le même nom par les fondateurs d'origine. Les fondateurs, Mark Santoro et Lee Tavrow, ont d'abord travaillé ensemble chez Sun Microsystems et ont dirigé une équipe qui a développé un microprocesseur SPARC à 300MHz.
Selon Andy Huang, un conseiller de Micro Magic et à l'origine de la création du simulateur de circuit FineSim, Santoro était également sous les ordres de Steve Jobs chez Apple. Il y a environ un mois, Micro Magic a fait la démonstration de son noyau RISC-V 64 bits au magasine EETimes. Le magazine a ensuite rapporté que le noyau a atteint 5 GHz et 13 000 CoreMarks à 1,1 V. Le noyau test fonctionnait sur un SBC Odroid. C'est une étape importante, mais en général un seul noyau Micro Magic fonctionne à 0,8V nominal pour fournir 11 000 CoreMarks à 4,25GHz, tout en ne consommant que 200mW.
Micro Magic a annoncé un peu plus tard que le même processeur pouvait fournir plus de 8 000 CoreMarks à 3 GHz tout en ne consommant que 69mW de puissance. Tout d'abord, qu'est-ce que le CoreMark ? Il s'agit d'un outil de benchmarking CPU délibérément simplifié, publié par le Embedded Microprocessor Benchmark Consortium (EMBC), conçu pour être aussi neutre au niveau de la plateforme et aussi simple à construire et à utiliser que possible. CoreMark se concentre uniquement sur les fonctions de base du pipeline d'un CPU, y compris les opérations de base de lecture/écriture, d'entier et de contrôle.
Cela permet d'éviter spécifiquement la plupart des effets des différences entre les systèmes au niveau de la mémoire, des E/S, etc. L'EMBC est un groupe largement représenté dans l'industrie : Intel, Texas Instruments, ARM, Realtek et Nokia sont quelques-uns de ses membres les plus remarquables et les plus facilement reconnaissables.
Comparaison entre la puce M1 d'Apple et celle de Micro Magic
Pour en revenir à la puce M1, Huang a essayé d'expliquer l'importance des performances de Micro Magic par rapport au CPU d'Apple. « En utilisant le benchmark de l'EMBC, nous obtenons 55 000 CoreMarks par Watt. La puce M1 est à peu près l'équivalent de 10 000 CoreMarks avec ce même benchmark. Divisez ce chiffre par huit noyaux et 15W au total, et cela donne moins de 100 CoreMarks par Watt. Le processeur ARM le plus rapide selon les critères de l'EMBC est le Cortex-A9 (quadricœur), avec un chiffre de 22 343 CoreMarks. Divisez ce chiffre par quatre cœurs et 5W par cœur, et vous obtenez 1112 CoreMarks par...
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