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L'Espagne va investir 12,3 Mds € dans la production de semi-conducteurs et de micropuces,
Pour devenir une « référence » dans ce secteur stratégique confronté à d'importants problèmes de pénurie

Le , par Stéphane le calme

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Le gouvernement espagnol a annoncé mardi un plan d'investissement de 12,3 milliards d'euros pour convertir le pays en un important producteur de micropuces et contribuer à réduire la dépendance de l'Espagne et de l'Union européenne vis-à-vis d'autres fournisseurs. L'annonce à Madrid est intervenue alors que le Premier ministre Pedro Sánchez devait rencontrer des dirigeants d'entreprises technologiques lors de la réunion du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, pour expliquer le plan et rechercher de nouveaux investissements.

Avec cette initiative, financée grâce aux fonds du plan de relance européen post-Covid-19, l'Espagne « lance une course de fond pour devenir une référence dans l'industrie des semi-conducteurs », a assuré sur Twitter Pedro Sánchez . L'objectif est de « créer un écosystème solide pour le futur de l'informatique en Europe et d'attirer d'importants investissements », a-t-il ajouté.


S'exprimant à Madrid, la vice-première ministre et ministre de l'Économie Nadia Calviño a déclaré que le plan quinquennal vise à permettre à l'Espagne de couvrir tous les domaines de la conception et de la production de micropuces, qui sont désormais considérées comme essentielles pour tous les domaines de l'industrie moderne.

« L'objectif est de développer de manière globale les capacités de conception et de production de l'industrie espagnole de la microélectronique et des semi-conducteurs, couvrant l'ensemble de la chaîne de valeur, de la conception à la fabrication de puces », a expliqué Nadia Calvino.

Dans le détail : 9,3 milliards d'euros seront alloués aux capacités de production du pays pour la fabrication de semi-conducteurs de pointe (en dessous de 5 nanomètres) et de milieu de gamme (au-dessus de 5 nanomètres) ; 1,1 milliards d'euros seront dédiés à la R&D ; 1,3 milliards d'euros financeront la conception ; un fonds de 200 millions d'euros va financer start-up et scale-up dans les semi-conducteurs.

« Nous voulons que l'Espagne joue un rôle pertinent dans ce domaine technologique, le rôle qu'elle mérite, et les fonds européens offrent une opportunité extraordinaire », a-t-elle déclaré.

Une pénurie mondiale de puces informatiques a rendu plus difficile pour les consommateurs de mettre la main sur des voitures, des ordinateurs et d'autres nécessités modernes. L'Union européenne a annoncé un plan de 48 milliards de dollars pour devenir un important producteur de semi-conducteurs, reflétant la poussée de 52 milliards de dollars du président américain Joe Biden pour investir dans un secteur national de production de puces afin d'assurer une production accrue au niveau national.


Elle a déclaré que le plan était l'un des projets les plus ambitieux du gouvernement espagnol pour relancer l'économie après la pandémie de COVID-19 et qu'il aurait un effet sur d'autres secteurs.

Le projet visait à renforcer la faible position de l'UE dans la production de micropuces, qui, selon Calviño, représentait environ 10 % du total mondial. Elle a déclaré que cela conduisait à une grande dépendance vis-à-vis d'un petit nombre de grands producteurs tels que Taïwan, les États-Unis, la Corée du Sud, le Japon et la Chine.

Calviño a ajouté que « la guerre en Ukraine fait du renforcement de l'autonomie stratégique dans les domaines de l'énergie, de la technologie, de la production alimentaire ainsi que de la cybersécurité une priorité ».


La ministre de l'Économie espagnole Nadia Calviño

L'initiative américaine

Lors de son discours sur l'état de l'Union en mars 2022, le président américain Joe Biden a félicité le directeur général d'Intel, Pat Gelsinger, qui a annoncé le mois d'avant un investissement de 20 milliards de dollars pour deux nouvelles installations de fabrication de puces, ou fabs, que la société construira juste à l'ouest de Columbus, Ohio. Intel prévoit de dépenser 100 milliards de dollars pour construire le "mégafab" de l'Ohio au cours de la prochaine décennie, avec un total éventuel de huit fabs, mais la rapidité de cet investissement dépendra de la subvention américaine, a déclaré Gelsinger.

« Le PDG d'Intel, Pat Gelsinger, qui est ici ce soir, m'a dit qu'ils étaient prêts à augmenter leur investissement de 20 milliards de dollars à 100 milliards de dollars. Ce serait l'un des plus gros investissements dans la fabrication de l'histoire américaine », a déclaré Biden. « Et tout ce qu'ils attendent, c'est que vous adoptiez ce projet de loi. Envoyez-le à mon bureau. Je le signerai ».


En mai 2021, dans une lettre adressée aux dirigeants de la Chambre des représentants et du Sénat, la Semiconductors in America Coalition (SIAC - un groupe de lobbying formé entre autres par certains des plus gros acheteurs de puces du monde, dont Apple Inc, Microsoft Corp et Google d'Alphabet Inc afin d'obtenir des subventions gouvernementales pour la fabrication de puces) a déclaré que le Congrès avait déjà montré son engagement à sécuriser les chaînes d'approvisionnement nationales en semi-conducteurs en promulguant la loi CHIPS for America, mais qu'un financement supplémentaire des programmes de cette loi était nécessaire.

« À plus long terme, un financement solide de la loi CHIPS for America aiderait l'Amérique à construire la capacité supplémentaire nécessaire pour avoir des chaînes d'approvisionnement plus résilientes afin de garantir que les technologies critiques seront là quand nous en aurons besoin », a déclaré la SIAC dans la lettre. « Les incitations à la fabrication financées par le Congrès devraient s'attacher à combler les principales lacunes de notre écosystème national des semi-conducteurs et couvrir toute la gamme des technologies des semi-conducteurs ».

Le « CHIPS for America Act » autorise les incitations fédérales visant à promouvoir la fabrication de semi-conducteurs et les investissements fédéraux dans la recherche sur les semi-conducteurs. Le SIAC a déclaré qu'elle était d'accord avec la proposition du président Joe Biden de soutenir ces programmes avec un financement de 50 milliards de dollars afin de rester au niveau des programmes d'incitation offerts dans d'autres pays.

« Les gouvernements du monde entier offrent des subventions importantes pour attirer de nouvelles installations de fabrication et de recherche sur les semi-conducteurs », a déclaré le groupe industriel. « En conséquence, il est 20 à 40 % plus cher de construire et d'exploiter une installation de fabrication aux États-Unis qu'à l'étranger ».

Le CHIPS for America Act a été promulgué dans la loi d'autorisation de la défense nationale (NDAA) de l'exercice 2021. On peut lire sur le site Web de la Semiconductor Industry Association (SIA), une association commerciale et un groupe de lobbying fondé en 1977, qui représente l'industrie des semi-conducteurs aux États-Unis :

« La part de la capacité mondiale de fabrication de semi-conducteurs aux États-Unis s'est érodée, passant de 37 % en 1990 à 12 % aujourd'hui, principalement parce que les gouvernements d'autres pays ont investi de manière ambitieuse dans des incitations à la fabrication de puces et que le gouvernement américain ne l'a pas fait. Entre-temps, les investissements fédéraux dans la recherche sur les puces sont restés stables en pourcentage du PIB, alors que d'autres pays ont considérablement augmenté leurs investissements dans la recherche ».

« En promulguant la loi CHIPS for America dans la loi d'autorisation de la défense nationale (NDAA) de l'exercice 2021, le Congrès a reconnu le rôle essentiel que joue l'industrie américaine des semi-conducteurs dans l'avenir de l'Amérique. Maintenant, l'administration et le Congrès doivent financer pleinement les dispositions relatives à la fabrication de semi-conducteurs et à la recherche autorisées par la NDAA – et promulguer un crédit d'impôt à l'investissement – afin de renforcer le leadership mondial de l'Amérique dans la technologie des puces pour les années à venir ».

L'initiative européenne

En février, l'Union européenne a présenté « l'EU Chips Act », un plan à 43 milliards d'euros visant à regagner en autonomie dans ce domaine. Il est vital que l'UE réduise sa dépendance à l'égard des importations en provenance d'Asie et d'ailleurs et atténue les risques géopolitiques. Les futures industries européennes devraient pouvoir bénéficier de capacités de fabrication de puces basées en Europe et à la pointe de la technologie. En outre, la Commission européenne estime qu'il serait bon que la capacité de production locale de semi-conducteurs corresponde à la demande des marchés finaux européens d'ici la fin de la décennie.

De cette façon, l'économie sera moins exposée aux perturbations de la chaîne d'approvisionnement, mais elle pourra aussi participer pleinement aux développements futurs dans le domaine de l'intelligence artificielle (IA) et des systèmes industriels autonomes, où les innovations de pointe en matière de semi-conducteurs joueront un rôle crucial. En fait, tous les secteurs qui utiliseront des systèmes d'IA auront besoin de semi-conducteurs avancés. L'UE veut donc prendre part à ces développements pour rester pertinente. L'ambition de l'UE fait également suite à un plan similaire de 52 milliards de dollars dévoilé en 2021 par les États-Unis.

L'UE veut que sa future loi sur les puces rivalise avec les États-Unis. Le commissaire européen chargé du marché intérieur, Thierry Breton, a déclaré que les projets de l'UE seraient "à la mesure" des 52 milliards de dollars annoncés récemment par les États-Unis pour financer leur propre chaîne d'approvisionnement en puces. Mais selon des personnes proches du sujet, les États membres et les législateurs européens ont de plus en plus de doutes sur la manière de mettre les fonds existants à disposition. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a déclaré que l'EU Chips Act devrait nécessiter un investissement de 42 milliards d'euros.

En France ce sujet est notamment évoqué dans « France 2030 ». Ce plan, présenté par Emmanuel Macron mardi 12 octobre 2021, vise à renforcer la France sur le plan industriel et dans des secteurs jugés essentiels. « On ne va pas être leader dans tous les domaines, note Emmanuel Macron. Il y a quelques secteurs où l'on peut prendre le leadership et quelques secteurs où l'on est en retard, mais qu'on ne peut pas abandonner, car ils sont stratégiques. Il faut alors consolider nos parts de marchés ».

Une enveloppe de 30 milliards d'euros a été débloquée pour réindustrialiser le pays, innover et prendre ce leadership dans certains domaines. Le but final étant de réduire la dépendance de la France et de l'Europe aux autres puissances mondiales.

L'un des objectifs de ce plan concerne les composants et plus particulièrement les semi-conducteurs. Un défi énorme pèse actuellement sur la France, et plus globalement l'Europe, sur cette question : « L'Europe produit plus que 10 % des composants électroniques mondiaux », a rappelé Emmanuel Macron. Le but est de doubler la production électronique d'ici 2030 et d'avoir une feuille de route pour concevoir des puces électroniques de plus petites tailles.

De manière globale, les plans d'investissements dans ce secteur se multiplient et les fabricants eux-mêmes déboursent des milliards pour renforcer leurs capacités de production.

Sources : twitter du gouvernement d'Espagne, Pedro Sánchez

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Avatar de mith06
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 30/05/2022 à 9:02
Peut être ne fallait-il pas envoyer les usines en Asie et désindustrialiser la France en premier lieu?
Nous ne faisons que payer la politiques des années 90/2000.

Politiciens qui sont responsables mais pas coupables...
4  1 
Avatar de LeDruide87
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 03/06/2022 à 21:47
Il y a belle lurette qu'une telle mesure aurait dû être prise dans un pays européen. Mais peut-on rattraper quarante ans de laisser-aller ? Pas en un clin-d'œil, certainement.
Bon : Et la France ? Elle eut jadis deux plans : "Calcul" et "Composants". Tout ceci a sombré dans la mondialisation. Seulement la réalité se rappelle au bon souvenir des imprudents : voilà qui devrait donner à réfléchir. Mais allez dire cela à des technocrates !
3  0 
Avatar de Escapetiger
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 31/05/2022 à 23:45
Citation Envoyé par mith06 Voir le message
Politiciens qui sont responsables mais pas coupables...
Tout à fait, on peut rajouter sous l'influence des grands patrons de l'époque :

Un livre joliment titré « Ils se croyaient les meilleurs » revient sur les grandes erreurs de patrons qui ont ruiné des géants industriels. Exemple emblématique : Alcatel et son PDG Serge Tchuruk.
(.../...)

Le propos de Christine Kerdellant, diplômée de l’école de commerce HEC égarée en journalisme, n’est pas de mettre les patrons en accusation, mais simplement de montrer, par une belle série d’exemples, en France et à l’étranger, comment les plus puissants peuvent tomber par aveuglement, excès d’orgueil ou de confiance, incapacité à anticiper sur l’innovation de rupture qui viendra bousculer leur modèle (la fameuse « ubérisation »).
(.../...)
Source : Quand le patron d’Alcatel rêvait d’une entreprise «sans usines» - L'OBS avec Rue89



[Edit]
Par ailleurs,
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
En France ce sujet est notamment évoqué dans « France 2030 ». Ce plan, présenté par Emmanuel Macron mardi 12 octobre 2021, vise à renforcer la France sur le plan industriel et dans des secteurs jugés essentiels. « On ne va pas être leader dans tous les domaines, note Emmanuel Macron. Il y a quelques secteurs où l'on peut prendre le leadership et quelques secteurs où l'on est en retard, mais qu'on ne peut pas abandonner, car ils sont stratégiques. Il faut alors consolider nos parts de marchés ».

Une enveloppe de 30 milliards d'euros a été débloquée pour réindustrialiser le pays, innover et prendre ce leadership dans certains domaines. Le but final étant de réduire la dépendance de la France et de l'Europe aux autres puissances mondiales.

L'un des objectifs de ce plan concerne les composants et plus particulièrement les semi-conducteurs. Un défi énorme pèse actuellement sur la France, et plus globalement l'Europe, sur cette question : « L'Europe produit plus que 10 % des composants électroniques mondiaux », a rappelé Emmanuel Macron. Le but est de doubler la production électronique d'ici 2030 et d'avoir une feuille de route pour concevoir des puces électroniques de plus petites tailles.
Attention de ne pas finir comme le fleuron français de l'époque, Gemplus :

Gemplus était une entreprise française de fabrication de carte à puce. Elle a fusionné avec Axalto le 27 octobre 2008 pour former le groupe Gemalto.

Gemplus est considéré comme un véritable cas d'école en matière de guerre économique moderne et d’intelligence économique.

L'entreprise, numéro un mondial de la carte à puce devant SchlumbergerSema, Oberthur Card Systems et Giesecke & Devrient est victime d'un espionnage économique intense puis d'une prise de contrôle par les services de renseignement américains.
(.../...)
Source : Gemplus - wikipedia
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Avatar de thal1
Membre à l'essai https://www.developpez.com
Le 02/06/2022 à 11:13
Reste plus qu'à trouver des ingénieurs digne de ce nom . Ceux avec des diplômes , des vrais , pas des Smartphones et rien dans le ciboulot
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