En raison de sa vitesse élevée, sa durée de vie constamment améliorée et sa faible consommation, la mémoire flash est, à bien des égards, préférée par les utilisateurs et les entreprises par rapport aux disques durs traditionnels. Récemment, Shawn Rosemarin, vice-président R&D au sein de l’unité Customer Engineering de l’entreprise américaine Pure, a donné une interview dans laquelle il déclarait que « plus aucun disque dur ne sera vendu après 2028 ». Même si la tendance actuelle est favorable aux SSD, sachant que 2028 n’est que dans cinq ans, cette déclaration n’est-elle pas a minima trop osée, voire trompeuse ? Ou va-t-on effectivement assister à la disparition des disques durs dans quelques années pour laisser place aux mémoires flash comme ce fut le cas pour les disquettes avec les clés USB ? Le disque dur est une mémoire de masse à disque rotatif magnétique. Il a été inventé vers la fin de l’année 1955 par Reynold Johnson, un ingénieur d’IBM. Le premier système de disque dur se nomme le RAMAC (Random Access Method of Accounting and Control). Il pesait une tonne et utilisait cinquante disques magnétiques de 24 pouces tournant à 1200 tours par minute avec deux têtes de lecture-écriture pour accéder rapidement aux fichiers. Mais c’est en 1956 qu’IBM a présenté le premier disque dur commercial, le RAMAC 350. Aujourd’hui encore, tous les lecteurs de disques sont fondés sur les principes développés par Johnson. En voyant les caractéristiques des premiers disques durs, l’on peut se faire une idée de l’évolution que ce dispositif de stockage a connue au fil des années tant au niveau de sa taille, de sa capacité, de ses performances, de son interface de connexion que de son prix afin d’être adoptée par l’industrie informatique.
Mais depuis l’arrivée des SSD, la part de marché des disques durs a considérablement baissé. Il faut noter que malgré plusieurs avantages que l’on reconnaît au disque dur, ce dispositif de stockage intègre également plusieurs défauts. Par exemple, vu qu’il est constitué d’un ou de plusieurs plateaux pour l’écriture des données, un choc même léger peut occasionner des égratignures sur la surface magnétique et donc détériorer les éléments d’accès du disque qui au final se soldera par une perte de données. À l’inverse, le fait que les SSD sont dépourvus de partie mécanique fait qu’ils sont résistants aux chocs.
En plus du risque élevé de perte de données, il est rapporté que la consommation d’énergie des disques durs oscille entre 15 et 30 W en charge maximale là où un SSD SATA consommerait jusqu’à 5 W et un SSD M.2 environ 7 à 8 W sous une charge élevée. Enfin, une des caractéristiques qui pousse les utilisateurs et les entreprises à opter pour les SSD au détriment d’un disque dur traditionnel est la performance. En effet, là où un disque de 7200 rotations par minute fournira une vitesse de lecture-écriture d’environ 160 Mb/s, un SSD SATA offrira une vitesse comprise entre 200 et 500 Mb/s. En sus, ces vitesses peuvent facilement monter avec un SSD NVMe m.2 pour atteindre les 5000 Mb/s.
Toutefois, tous ces avantages des mémoires flash ne doivent pas occulter le fait qu’elles comportent également des inconvénients. En effet, les puces des mémoires flash ont un nombre limité de cycles d’écriture, ce qui fait que ces mémoires ont une obsolescence programmée. Après un certain volume d’écritures, des pannes apparaîtront ce qui pourrait conduire en des corruptions de données. Au niveau des disques durs, l’on n’a pas ce problème si le plateau est de bonne qualité. C’est pourquoi les entreprises qui mènent des activités nécessitant l’écriture de gros volumes de données privilégieront les disques durs traditionnels au détriment des SSD. Par ailleurs, les mémoires flash sont fortement exposées aux corruptions de données notamment en cas de coupure inopinée de l’alimentation. Enfin, même si le prix des SSD au gigaoctet a considérablement baissé depuis les années 2010, il reste tout de même bien plus élevé que celui des disques durs. Malgré ces inconvénients, les consommateurs ont plus tendance à se tourner vers les SSD au détriment des disques durs.
C’est fort de ce constat que Shawn Rosemarin qui travaille chez Pure Storage, une entreprise américaine qui fournit des produits matériels et logiciels de stockage de données 100 % flash, déclarait récemment que « plus aucun disque dur ne sera vendu...
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: en gros [pour des NVMe], 80 - 150 €uros pour 1 To, 180 - 280 €uros pour 2 To et > 450 €uros pour 4 To.

