
leur licenciement pourrait entraîner la mort par défaut du programme
L'avenir du CHIPS Act reste incertain. Le programme de relance de l'industrie américaine des puces est dirigé par le NIST et une équipe d'employés récemment embauchés est chargée de sa mise en œuvre. Mais des rapports récents indiquent que la majorité du personnel de cette équipe pourrait être licenciée. S'il n'y a plus d'employés pour administrer le programme CHIPS Act, celui-ci sera mort par défaut, car il n'y aura plus personne pour certifier que les entreprises ont satisfait aux exigences, et encore moins pour octroyer les subventions. Le programme cessera donc d'exister. Cela pourrait impacter les plans des entreprises américaines de semiconducteurs.
Des licenciements massifs prévus au NIST menacent la survie du CHIPS Act
Les projets de l'administration Trump pour réduire la taille et les dépenses du gouvernement fédéral des États-Unis pourraient entraîner la fin de plusieurs initiatives ambitieuses. L'un des projets menacés par les coupes budgétaires de l'administration est le programme de subvention du CHIPS Act qui vise à redynamiser l'industrie américaine des semiconducteurs. Selon les informations récentes, les personnes travaillant sur le CHIPS Act en passe d'être licenciées.
La mise en œuvre du CHIPS Act est supervisée par le NIST (National Institute of Standards and Technology). Le NIST est un laboratoire du ministère américain du Commerce. Et c'est lui qui est d'administrer les fonds destinés à soutenir l'industrie américaine des semiconducteurs dans le cadre du CHIPS Act.
La loi « CHIPS and Science Act » a été adoptée par le Congrès américain en juillet 2022 et promulguée par le président Joe Biden le 9 août 2022. La législation alloue 52,7 milliards de dollars à la recherche sur les semiconducteurs, à la fabrication et au développement de la main-d'œuvre aux États-Unis. Elle est en effet considérée comme l'une des principales réalisations en matière de législation de la présidence Biden. Plusieurs entreprises en ont déjà bénéficié.
Mais de nouveaux rapports révèlent que la nouvelle administration Trump envisage de licencier environ 500 personnes au NIST et que la suppression de ces emplois pourrait sonner le glas du CHIPS Act. Selon les rapports, les personnes visées par les licenciements au NIST sont en « période probatoire ».
Robert Maire, analyste chez Semiconductor Advisors, ajoute que la grande majorité des personnes sont associées à la loi CHIPS, car ce sont les employés les plus récents, la plupart d'entre eux ayant été recrutés en 2024, alors que le président Joe Biden intensifiait ses efforts pour mettre en œuvre le CHIPS Act.
Les employés du NIST impliqués dans la mise en œuvre du programme sont chargés de certifier que les entreprises ont satisfait aux exigences nécessaires pour bénéficier des subventions dans le cadre du CHIPS Act. Ainsi, si le personnel est licencié, le programme pourrait tout simplement disparaître avec eux.
Ces changements interviennent alors que la rivalité avec la Chine s'intensifie
Le président Donald Trump est critique de la législation CHIPS Act. Il a déclaré en avril 2024 que « les États-Unis ne devraient pas donner [à Taïwan] des milliards de dollars pour construire des puces ». « Cet accord CHIPS est tellement mauvais », avait-il déclaré. Donald Trump a accusé Taïwan d'avoir avalé l'industrie américaine des puces et s'est interrogé sur le bien-fondé de l'octroi de « milliards de dollars à des sociétés étrangères pour la production de puces ».
Robert Maire indique que les employés du NIST ont confirmé qu'ils s'attendent à des licenciements dans les jours à venir, probablement cette semaine, et il semble que le CHIPS Act sera la cible principale. L'analyste s'inquiète de l'avenir du CHIPS, mais espère que les entreprises qui construisent des usines dans des États contrôlés par des législateurs républicains seront épargnées par d'éventuelles réductions des dépenses. Mais le CHIPS n'est peut-être pas le seul.
Le rapport de Robert Maire indique que de nombreux programmes de sécurité informatique et de lutte contre le piratage sont également visés par les coupes. Les programmes de sécurité de l'IA au NIST semblent également concernés. Il rapporte notamment que l'Institut américain de sécurité de l'IA (AI Safety Institute - AISI) a perdu son chef au début du mois et son personnel a été exclu du Sommet pour l'action sur l'IA qui s'est récemment tenu à Paris.
« Ces réductions signifient que l'Institut américain de sécurité de l'IA, qui s'est efforcé de garantir la fiabilité des modèles d'IA émergents, est vidé de sa substance, de même que la plupart du personnel travaillant sur la mise en œuvre du programme Chips for America du NIST », a écrit Robert Maire.
Ces réductions interviennent à un moment où les États-Unis cherchent à prendre la tête de la course à l'IA et à contrer la concurrence de la Chine. Le PDG d'ASML a déclaré que la Chine a 10 à 15 ans de retard en matière de fabrication de puces, mais les entreprises chinoises travaillent sur des machines EUV.
Les restrictions américaines sont parmi les principaux facteurs à l'origine du retard des fabricants chinois de puces, car elles ont privé le pays des outils de lithographie EUV de pointe comme ceux construits par ASML. Mais la Chine pourrait échapper aux restrictions occidentales grâce à ses propres machines EUV.
Les impacts potentiels des droits de douane annoncés par le Donald Trump
Les informations sur les suppressions massives d'emplois prévues au NIST surviennent juste après que le président Donald Trump a menacé d'imposer des droits de douane de 25 % sur les automobiles, les produits pharmaceutiques et les semiconducteurs. Les droits de douane pourraient être annoncés le 2 avril, après un examen des politiques commerciales qui devrait s'achever le 1er avril. Mais les experts craignent l'impact potentiel de ces taxes.
La mort du CHIPS Act viendra s'ajouter aux vents contraires auxquels l'industrie des semiconducteurs est déjà confrontée. Ainsi, 2025 pourrait être une année de baisse pour l'industrie des puces plutôt qu'une année de stabilité ou de légère hausse comme l'ont récemment indiqué de nombreuses entreprises.

Les fabricants d'équipements utilisés pour produire de puces, telles qu'Applied Materials et LAM Research ont été considérées comme des bénéficiaires potentiels du CHIPS Act. Applied Materials a toutefois vu sa demande de financement d'une nouvelle installation de recherche de 4 milliards de dollars rejetée.
La fragilité du modèle de relocalisation des semiconducteurs aux États-Unis
Le projet de relocalisation de la fabrication de puces aux États-Unis, avec l’ouverture prochaine de l’usine de TSMC en Arizona, est une réponse stratégique aux défis géopolitiques et industriels contemporains. Toutefois, ce projet de relocalisation comporte des défis de taille. L'insuffisance de main-d'œuvre qualifiée aux États-Unis et les différences culturelles dans les méthodes de travail pourraient freiner la montée en puissance de ces nouvelles installations.
La fabrication de semiconducteurs, nécessitant des compétences techniques avancées, pourrait pâtir de la difficulté à recruter et former suffisamment de travailleurs compétents sur le territoire américain. En outre, les coûts de production élevés, exacerbés par des réglementations strictes et des salaires plus élevés qu’en Asie, soulèvent de nombreux doutes sur la viabilité économique à long terme de ces projets. Une inquiétude partagée par plusieurs experts.
Par ailleurs, la dépendance croissante aux subventions publiques pour soutenir ces initiatives interroge sur leur pérennité. La capacité politique des États-Unis à maintenir ces financements sur plusieurs cycles législatifs inquiète. Si ces usines peinent à rivaliser en termes de coûts ou de rendements avec leurs homologues taïwanaises, elles risquent de devenir des projets très coûteux, vulnérables aux changements de priorités politiques et économiques.
Si le CHIPS Act venait à disparaître, les entreprises de fabrication de puces pourraient ralentir leurs dépenses dans les programmes pour lesquels elles pensaient obtenir un financement au titre du CHIPS Act, voire annuler carrément ces projets. Ce qui est contraire à la vision du président Donald Trump.
« Si je dirigeais une entreprise de fabrication de puces, je ne compterais pas sur le financement du CHIPS Act, même si j'avais un contrat signé, car il ne vaut clairement pas le papier sur lequel il est écrit si le NIST est éviscéré », conclut Robert Maire dans son analyse sur l'avenir du CHIPS Act.
Source : billet de blogue
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