Le projet Stargate d'OpenAI devrait consommer jusqu'à 40 % de la production mondiale de DRAM, un accord a été conclu avec Samsung et SK hynix pour un volume pouvant atteindre 900 000 plaquettes par moisUne part importante de la production mondiale de mémoire est détournée par l'industrie de l'IA. Un rapport signale que Samsung et SK hynix ont signé des accords préliminaires pour fournir de la mémoire au gigantesque projet de centre de données Stargate d'OpenAI. Selon les estimations, Stargate pourrait consommer jusqu'à 900 000 plaquettes DRAM par mois, soit environ 40 % de la production totale de DRAM. La demande de l'industrie de l'IA alimente une pénurie de mémoire et fait grimper les prix des kits de RAM. Cette pénurie impacte déjà le prix des appareils électroniques grand public, y compris les ordinateurs monocartes Raspberry Pi.
Le projet Stargate a été annoncé le 22 janvier 2025 par le président Donald Trump. Selon son annonce, OpenAI, Softbank et Oracle vont investir jusqu'à 500 milliards de dollars pour créer une coentreprise appelée Stargate. Cette dernière construira l'infrastructure physique et virtuelle qui alimentera la prochaine génération d'IA, y compris des centres de données dans tout le pays. Le projet vise à permettre aux États-Unis de dominer le secteur de l'IA.
La demande mondiale en infrastructures d'IA est si importante que les experts estiment que nous aurons besoin de 38 centres de données de ce type d'ici 2030 en vue de répondre à l'utilisation prévue. Cette expansion rapide souligne une vérité plus large : l'IA n'est pas seulement une révolution logicielle, c'est aussi une révolution physique, fondée sur l'acier, le silicium et d'énormes flux d'énergie. Certains mettent toutefois en garde contre une bulle.
Stargate : une consommation de mémoire hors norme
Sur le plan du silicium, Stargate absorbe une quantité colossale de mémoire industrielle. Un rapport de Reuters indique que Samsung et SK hynix ont signé des accords préliminaires pour fournir de la mémoire à l'énorme projet de centre de données Stargate d'OpenAI. Et selon un rapport distinct de Bloomberg, au lieu de puces DRAM ou de piles HBM testées et conditionnées, Samsung et SK hynix fourniront à Stargate des « plaquettes non découpées ».
L'accord majeur conclu par OpenAI avec Samsung et SK Hynix marque un tournant dans la chaîne d'approvisionnement des puces IA. Il donne une idée des besoins importants de Stargate en mémoire du projet. Samsung et SK Hynix ont tous deux confirmé que la demande prévue d'OpenAI pourrait atteindre 900 000 plaquettes DRAM par mois, ce qui représente un volume incroyable pouvant représenter environ 40 % de la production totale de DRAM.
Pour mettre en perspective le chiffre de 900 000 plaquettes DRAM : selon TechInsights, la capacité mondiale des usines de fabrication de 300 mm devrait atteindre 10 millions de plaquettes par mois (WSPM) en 2025. La capacité DRAM, qui comprend à la fois les mémoires DDR5 et LPDDR4/LPDDR5 de base, ainsi que les mémoires HBM haut de gamme et les types de DRAM spécialisés, représentait une part de 22 % (2,07 millions de WSPM) en 2024.
La capacité DRAM pourrait augmenter de 8,7 % en 2025 pour atteindre environ 2,25 millions de WSPM, ce qui signifie que Stargate prévoit d'en consommer 40 %. L'accord comprend probablement différents types de mémoire, notamment la mémoire DDR5 standard et la mémoire HBM spécialisée pour les processeurs IA. Reste à savoir quelle entreprise découpera les plaquettes et fabriquera les puces DRAM, les piles HBM et les modules de mémoire.
OpenAI envisagerait d'autres partenariats avec Samsung
Outre l'accord d'approvisionnement en plaquettes de mémoire, les sociétés Samsung envisagent d'autres partenariats de grande envergure avec OpenAI. Samsung SDS collaborera avec OpenAI sur l'architecture et l'exploitation des centres de données Stargate en Corée du Sud. L'entreprise proposera également des services de conseil et d'intégration aux entreprises qui souhaitent intégrer les modèles d'OpenAI dans leurs systèmes internes.
Samsung SDS s'est assuré un rôle de revendeur pour les services OpenAI en Corée du Sud et prévoit d'aider les entreprises locales à adopter ChatGPT Enterprise. Ce plan permet aux entreprises d’accéder à un chatbot avancé capable de répondre à des questions complexes et de fournir des informations pertinentes.
Par ailleurs, Samsung C&T et Samsung Heavy Industries travailleront avec OpenAI pour développer des centres de données flottants qui améliorent l'efficacité du refroidissement et réduisent les émissions. Bien que la construction de ces installations reste techniquement difficile, les divisions maritimes et de construction de Samsung prévoient de tirer parti de leurs capacités d'ingénierie pour surmonter ces limites. Le projet suscite toutefois du scepticisme.
Enjeux de cette consommation de mémoire pour l’industrie
Les besoins en mémoire du mégaprojet Stargate pourraient avoir un impact majeur sur le marché mondial de la mémoire, en réduisant l’offre disponible pour d’autres secteurs comme les PC, les smartphones ou les consoles, tout en faisant monter les prix de la RAM. Des rapports récents soulignent que la demande provenant de Big Tech tels que Google et OpenAI fait exploser les prix et menace l'accessibilité financière des appareils électroniques grand public.
La hausse des prix des modules mémoire va également impacter les GPU, les consoles, la nouvelle Steam Machine de Valve, etc., et tout ce qui contient de la DRAM va devenir plus cher. L'on peut s'attendre à une hausse des prix de tous les produits contenant de la DRAM à partir de 2026. Le partenaire AIB d'AMD, PowerColor, a même récemment déclaré que c'était le moment idéal pour acheter, car les cartes graphiques seront plus chères l'année prochaine.
Dans le but de préserver ses stocks existants, Framework Computer a retiré la mémoire vive DDR de la vente en tant que produit autonome en raison de la pénurie de mémoire. « Le marché de la mémoire est dans une mauvaise passe », a écrit Framework Computer dans un message publié sur X. Framework Computer, un fabricant d'ordinateurs portables évolutifs, vendait auparavant des kits de mémoire vive DDR5 et DDR4 à travers sa boutique en ligne.
Mais la société de San Francisco a désormais suspendu la plupart de ses ventes, indiquant à la place que les produits seraient « bientôt disponibles ». « Nous n'avons pas modifié le prix de nos mémoires, mais nous avons dû retirer les mémoires autonomes de notre boutique en ligne afin de contrer les revendeurs spéculatifs et de préserver nos stocks pour les personnes qui achètent nos ordinateurs portables DIY Edition », a déclaré Framework Computer.
Samsung augmente le prix contractuel de la DDR5 de plus de 100 %
Selon les informations relayées par les médias taïwanais, Samsung aurait brusquement augmenté le prix contractuel de la DDR5 à 19,50 dollars, soit près de 20 dollars. Ce chiffre représente une augmentation de plus de 100 % par rapport au prix contractuel précédent. Selon les médias taïwanais, Samsung aurait baissé les bras et informé ses clients en aval qu'il n'y avait « plus de stock » ! Le secteur considère cette tactique comme assez impitoyable.
En effet, que les clients choisissent de conserver la spécification DDR4 ou de faire passer leurs produits à la DDR5, ils sont contraints de payer des prix inévitablement élevés. N'ayant nulle part où aller, ils se trouvent dans une situation où ils n'ont d'autre choix que d'attendre docilement leur sort. De plus, le dernier prix contractuel de la mémoire DDR4 16G, publié fin novembre 2025, a également augmenté pour atteindre 18 dollars.
Si l'augmentation du prix contractuel de la DDR5 par Samsung affecte directement les équipementiers qui achètent des puces mémoire à grande échelle, ces derniers sont susceptibles de répercuter cette hausse sur les consommateurs. Par exemple, Lenovo pourrait augmenter le prix de sa gamme d'ordinateurs portables 2026 afin de tenir compte de la dernière hausse des prix de la DDR5. Ce qui augmenterait les prix à l'achat pour les consommateurs.
Nvidia aurait cessé de fournir des puces VRAM avec ses kits GPU
Pour ceux qui ne le savent pas, Nvidia fournit des GPU et des puces VRAM à ses partenaires fabricants de cartes, qui se chargent du reste. Nvidia ne fabrique pas lui-même la VRAM ; la société s'approvisionne auprès de fournisseurs tels que Samsung, Micron et SK Hynix. Mais les trois fabricants doivent désormais répondre à une demande de plus en plus élevée provenant des acteurs de la course à l'IA. Ce qui expose le marché à une pénurie.
La demande des entreprises d'IA a aggravé la disponibilité de la mémoire au point que Nvidia ne recevrait plus suffisamment de VRAM de la part de ses fournisseurs. C'est ce que rapporte un informateur de premier plan, « Golden Pig Upgrade », selon lequel Nvidia a cessé de fournir des puces VRAM avec ses GPU.
Selon la rumeur, Nvidia a cessé d'intégrer de la mémoire vidéo à ses GPU vendus aux partenaires AIB (Add-In Board), laissant ses partenaires se procurer eux-mêmes la VRAM nécessaire. Cela ne pose pas encore de problème de problème aux grands fabricants de GPU. Cependant, pour de nombreux petits fournisseurs, les analystes estiment que s'approvisionner en puces VRAM sans disposer d'un réseau de contacts solide pourrait s'avérer très difficile.
Tout cela est déjà assez grave, mais certaines personnes y voient une lueur d'espoir. Certains commentaires suggèrent notamment : « en effet, une fois que la bulle de l'IA aura éclaté, au moins nous aurons une tonne de matériel bon marché qui inondera le marché ». La question est de savoir quand.
Selon des informations rapportées par Benchlife, Nvidia devrait réduire la production de GPU GeForce de 30 à 40 %. Ces réductions seraient liées aux pénuries touchant plusieurs types de mémoire, notamment la GDDR7, plutôt qu'à un seul composant. Nvidia se préparerait à réduire la production de ses GPU GeForce RTX 50 au début de l'année 2026, ce qui soulève des inquiétudes quant à l'approvisionnement et à la disponibilité futurs.
L'IA pollue les nappes phréatiques et rend l'eau impropre à la consommation
Ces gigantesques infrastructures énergivores ont un impact important sur leur environnement et sur les riverains. Dans certaines régions du monde, les centres de données pour l'IA polluent les nappes phréatiques, rendent l'eau impropre à la consommation et exercent une pression sur les réseaux électriques.
À Mansfield, en Géorgie, aux États-Unis, les habitants se plaignent de l'impact critique d'un centre de données de Meta sur leur environnement. Un récent rapport de la BBC relate la façon dont le quotidien de Beverly Morris, une habitante de la ville, est devenu difficile depuis l'installation du centre de données.
Depuis les travaux de construction du centre de données de Meta, la source d’eau privée de Beverly Morris est devenue trouble, chargée en sédiments, et donc impropre à la consommation. Elle ne peut plus boire l’eau du robinet, mais l'utilise pour d'autres usages. Beverly Morris doit désormais s’approvisionner en eau en bouteille ou transporter manuellement de l’eau propre. Le centre de données de Meta se situe à 400 mètres de son porche.
« Je ne peux pas vivre dans ma maison si la moitié de celle-ci fonctionne et que je n'ai pas d'eau. Je ne peux pas boire l'eau », a-t-elle déclaré. Elle explique qu'elle a dû réparer la plomberie de sa cuisine pour rétablir la pression de l'eau. Mais l'eau qui sort du robinet contient encore des résidus. « J'ai peur de boire l'eau, mais je continue à cuisiner et à me brosser les dents avec. Cela m'inquiète-t-il ? Oui », a-t-elle indiqué au journal britannique.
Beverly Morris s'est installée dans la petite ville de Mansfield, en Géorgie, après sa retraite en 2016. D'après ses dires, elle pensait avoir trouvé son « petit coin de paradis », mais il n'en est plus rien désormais. « C'était l'endroit idéal pour moi. Mais ce n'est plus le cas », a-t-elle déclaré. De son côté, Meta estime que son centre de données n'est pas à l'origine des problèmes rencontrés par Beverly Morris, expliquant que le bon voisinage est une priorité.
Pénurie de mémoire et hausse des prix : d'autres raisons de détester l'IA ?
La vague actuelle d'engouement pour l'IA ne semble pas près de s'essouffler. Ainsi, une fois que les stocks de technologies grand public existants des fabricants seront épuisés, les consoles, les ordinateurs portables et bien d'autres encore pourraient connaître une forte augmentation de prix au fil du temps. La volatilité entre la demande en IA et les droits de douane explique pourquoi nous n'avons obtenu les prix de la Xbox Ally qu'à la dernière minute.
Elle explique également pourquoi nous ne connaissons toujours pas les prix de la Steam Machine. La situation est tout simplement « folle » en ce moment. Les premiers à en ressentir les effets seront ceux qui achètent de la mémoire vive seule pour mettre à niveau leur PC ou leur ordinateur portable existant.
La capacité mondiale de production de RAM est limitée, ce qui signifie que la demande dépassera probablement l'offre bientôt. Samsung, SK Hynix et Micron contrôlent à eux trois environ 90 % du marché. Les fabricants de produits grand public achèteront directement les puces de ces entreprises pour leurs propres produits. De l'autre côté, on assiste aux achats démesurés d'entreprises comme OpenAI et Meta, inondées de liquidités provenant d'investisseurs.
Les simples mortels devront se contenter des miettes pour le moment. C'est peut-être une raison de plus parmi tant d'autres de détester cette grande mode de l'IA : destruction des moyens de subsistance, gaz à effet de serre, hausse du prix de l'électricité, licenciements, vol des réserves d'eau, produits chimiques toxiques, industrie de la désinformation à plein régime, dégradation de la santé mentale et, désormais, flambée des prix des biens de consommation.
Conclusion
L'époque des SSD, DRAM et HDD ultra bon marché touche rapidement à sa fin. La tempête provoquée par la demande croissante en IA et le resserrement de l'offre mondiale exerce une pression sur la chaîne d'approvisionnement en mémoire et stockage, poussant les prix vers les sommets. Les analystes du secteur lancent désormais des avertissements alarmants, prédisant une pénurie de mémoire flash NAND et de DRAM qui pourrait durer une décennie.
Les centres de données conçus pour les charges de travail de l'IA font preuve d'un appétit insatiable, consommant la grande majorité de la capacité mondiale de production de mémoire et de flash. En raison de cette demande sans précédent, il est de plus en plus difficile pour d'autres secteurs, notamment l'informatique grand public, de s'assurer un approvisionnement suffisant, ce qui entraîne des hausses de prix significatives pour les consommateurs.
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