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La Corée du Sud va investir 1 000 milliards de dollars dans les puces mémoire, les centres de données et les robots humanoïdes, avec l'ambition de s'imposer comme leader mondial de l'IA physique d'ici 2028

Le , par Mathis Lucas

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La Corée du Sud va investir 1 000 milliards de dollars dans les puces mémoire, les centres de données et les robots humanoïdes, avec l'ambition de s'imposer comme leader mondial de l'IA physique d'ici 2028

Le gouvernement sud-coréen et ses géants technologiques lancent un investissement de 1 000 milliards de dollars visant à dominer le secteur de l'IA d'ici 2028. Ce plan stratégique repose sur trois piliers majeurs : une augmentation considérable de la production de puces mémoires, la construction de nouveaux centres de données et le déploiement massif de robots humanoïdes. Le projet vise à doubler les capacités de fabrication tout en intégrant des machines autonomes dans les usines. Il soulève toutefois des inquiétudes concernant les besoins colossaux en énergie et en eau, ainsi que des tensions sociales liées aux risques de suppressions massives d'emplois.

La Corée du Sud a dévoilé un vaste plan d'investissement de plus de mille milliards de dollars afin de consolider sa domination technologique mondiale. Le président Lee Jae-myung a présenté cette initiative comme un grand bond en avant articulé autour de trois piliers principaux : les semiconducteurs, l'intelligence artificielle physique et les centres de données. L'essor de l'IA ravive la course mondiale à la suprématie dans le domaine technologique.

Lors d'une allocution télévisée, il a souligné l'urgence de cette stratégie en déclarant : « nous devons sécuriser les éléments fondamentaux de l'IA plus rapidement que n'importe quel autre pays. Les semiconducteurs, l’IA physique et les centres de données pour l’IA constituent le triple axe d’un grand bond en avant ».

Mais ces initiatives coïncident également avec des débats publics sur les énormes bénéfices réalisés par les fabricants sud-coréens de puces électroniques dans le sillage de l'essor de l'IA, voire avec des propositions émanant de responsables politiques visant à redistribuer cette richesse excédentaire. Dans le même temps, des syndicats sud-coréens s'opposent à la perspective de voir des robots humanoïdes intégrer massivement le marché du travail.

Construire l'IA physique et commercialiser des robots humanoïdes

L'un des objectifs majeurs du gouvernement sud-coréen est la commercialisation, d'ici 2028, de robots humanoïdes spécialisés pour dix secteurs industriels clés. L'IA physique vise à permettre à l'IA de dépasser la simple analyse pour agir directement dans le monde réel via des capteurs et des actionneurs. Selon le gouvernement, les trois prochaines années sont une période en or pour devenir la première puissance mondiale en matière d'IA physique.


Pour y parvenir, le pays compte déployer mille robots humanoïdes par an sur les sites industriels et créer des usines de données destinées à entraîner ces machines avec des données brutes de terrain. En parallèle, le géant sud-coréen Hyundai prévoit de s'appuyer sur la chaîne d'approvisionnement sud-coréenne pour fabriquer massivement le robot humanoïde Atlas de sa filiale Boston Dynamics, avec l'objectif de produire trente mille unités par an d'ici 2028.

Cette initiative intervient peu après que le gouvernement américain a ordonné la suspension brutale de l'accès aux modèles Mythos 5 et Fable 5 d'Anthropic à tous les ressortissants étrangers. Ce geste a été perçu par beaucoup comme une démonstration de force, démontrant une nouvelle fois que les États-Unis peuvent couper l'accès aux technologies les plus avancées à leur guise. De ce fait, l'IA devient un nouveau levier de pression géopolitique.

Lors d'une audition le 12 mai devant une commission d'enquête du Parlement français, le PDG de Mistral AI, Arthur Mensch, a averti l'Europe des risques pour sa souveraineté technologique à l'avenir. Il a déclaré que l'Europe dispose de deux ans pour éviter de devenir un « État vassal » des États-Unis en matière d'IA.

« Tout se jouera au cours des deux prochaines années », a déclaré Arthur Mensch lors de son audition à l'Assemblée nationale sur la souveraineté numérique et l'IA. Face aux États-Unis qui prévoient de déployer mille milliards de dollars dès l'année prochaine, Arthur Mensch prévient que l'Europe risque d'être définitivement distancée et privée de tout moyen de pression si elle laisse les acteurs américains monopoliser ces ressources cruciales.

Investissements massifs dans les puces et les centres de données

Pour soutenir cette ambition robotique et répondre à la demande exponentielle de l'industrie de l'IA, des investissements colossaux sont dirigés vers les infrastructures matérielles. Les Big Tech sud-coréens Samsung et SK Hynix prévoient d'investir jusqu'à 585 de milliard de dollars pour construire de nouvelles usines de fabrication de puces dans les provinces du sud-ouest de la Corée du Sud. C'est le projet le plus coûteux de cette ambition nationale.

Selon le rapport des médias locaux, les deux entreprises vont également intensifier la construction d’usines de fabrication de semiconducteurs dans la région de la capitale, Séoul. L’objectif du gouvernement est de doubler la production sud-coréenne de mémoire vive dynamique (DRAM) d’ici les cinq prochaines années.

Un vaste réseau de centres de données sera également érigé à travers le pays d'ici 2035, soutenu par un investissement de 357 milliards de dollars de la part des géants sud-coréens SK Group, GS Group et Naver. Les provinces plus périphériques sont ciblées, notamment la province du Chungcheong du Sud à l'ouest, la province de Gangwon à l'est, ainsi que les provinces du Jeolla du Nord et du Sud, situées à l'extrémité sud-ouest de la Corée du Sud.

Ces infrastructures titanesques nécessiteront toutefois une quantité énorme d'électricité et d'eau, poussant le gouvernement à sécuriser d'importantes ressources en énergies renouvelables et en énergie nucléaire pour éviter les pénuries. La surconsommation d'électricité et d'eau des centres de données soulève des préoccupations majeures, notamment au sein des communautés qui accueillent ces installations, et une contestation populaire croissante.

Tensions sociales et résistances syndicales face à l'automatisation

Les nouvelles usines de fabrication de puces et les centres de données nécessitent d’importantes quantités d’électricité et d’eau pour fonctionner. Le ministère sud-coréen du Climat, de l’Énergie et de l’Environnement s’efforcerait de garantir 6,3 gigawatts d’électricité et 650 000 tonnes d’eau pour les usines de puces situées dans le sud-ouest du pays, avec 8 gigawatts supplémentaires pour alimenter les nouveaux centres de données dédiés à l’IA.

Selon les responsables gouvernementaux, les centrales électriques renouvelables et nucléaires contribueraient à fournir l’électricité nécessaire aux usines de fabrication de puces et aux centres de données d’IA, parallèlement aux combustibles fossiles. L’énergie nucléaire et le charbon représentaient tous deux plus de 30 % de la production d’électricité de la Corée du Sud en 2024. Le pays dépend du gaz naturel pour près de 25 % de sa production.

Selon des détails rapportés par Reuters, le gouvernement sud-coréen a annoncé son intention de commercialiser des robots humanoïdes dans dix secteurs d’activité majeurs d’ici 2028, tout en formant 10 000 travailleurs à devenir des « spécialistes en robotique et IA » au cours des cinq prochaines années.

Cependant, cette transition technologique accélérée promue par le gouvernement ne se déroule pas sans heurts sur le plan social. Les travailleurs sud-coréens s'inquiètent grandement de la concurrence imminente des robots humanoïdes dans les usines. Le syndicat des travailleurs du constructeur Hyundai Motor a ainsi approuvé un projet de grève pour exiger des garanties de protection de l'emploi face au déploiement imminent des robots Atlas.

Par ailleurs, les profits faramineux générés par les fabricants de puces Samsung et SK Hynix grâce à la demande en IA ont ouvert un débat national sur la répartition plus large des richesses. Cette situation a même amené certains décideurs politiques sud-coréens à évoquer l'idée de créer un dividende national pour partager ces revenus exceptionnels avec l'ensemble des citoyens, bien que cela ne constitue pas encore une proposition officielle.

Les États-Unis soutiennent également la construction de datacenters

Washington a dévoilé un plan de 17,5 milliards de dollars en prêts destiné à financer la construction de dix nouveaux réacteurs nucléaires aux États-Unis. L'objectif est de satisfaire la demande énergétique croissante des centres de données d'IA, tout en renforçant la chaîne d'approvisionnement nationale via un modèle technologique standardisé. Ces 17,5 milliards de dollars de prêts conditionnels contribueront à financer cinq initiatives éligibles.

En dépit de l'enthousiasme manifesté par l'exécutif et les acteurs du secteur technologique, cette initiative suscite d'importantes réserves. Ses détracteurs arguent que la filière nucléaire s'avère particulièrement onéreuse et qu'elle présente des risques supérieurs à ceux d'autres alternatives énergétiques décarbonées. Plusieurs États américains disposent de législatives restreignant ou prohibant l'édification de nouvelles centrales sur leur territoire.

D'un point de vue idéologique et économique, certains analystes fustigent l'ingérence prononcée du gouvernement fédéral dans le domaine de l'électricité. Les analystes préconisent plutôt l'abolition des entraves réglementaires étatiques ainsi que de tout favoritisme fédéral, estimant qu'il incombe aux seules entreprises de concevoir des infrastructures capables de démontrer leur viabilité et leur rentabilité au regard des seules lois du marché.

« Supprimez les barrières étatiques et le favoritisme fédéral, et laissez les entreprises construire les centrales électriques qui résistent à l’épreuve du marché », a déclaré Travis Fisher, directeur des études sur la politique énergétique et environnementale au Cato Institute, un groupe de réflexion libertarien.

Une vague de protestation mondiale contre les centres de données

Dans le nord de la Virginie, plaque tournante historique de ces infrastructures, le développeur Compass Datacenters a dû abandonner un projet colossal de 25 milliards de dollars face à la forte hostilité des résidents. L'impopularité des centres de données y est flagrante, le soutien public des électeurs ayant chuté de 69 % à 35 % en l'espace de deux ans. Selon les commentaires des groupes d'opposition, « ces campus sont nuisibles à leurs localités ».

Cette tendance se confirme à Seattle, où deux promoteurs ont retiré leurs projets après que les élus de la ville ont reçu plus de 54 000 messages d'alerte du public, poussant la municipalité à envisager un moratoire d'un an sur ces nouvelles installations. De son côté, le Maine a récemment failli interdire les nouveaux centres de données pendant 18 mois : les législateurs ont adopté la mesure, mais le gouverneur l'a bloquée de justesse par son veto.

En Europe, les analystes préviennent que les besoins en eau pourraient dépasser l'offre à mesure que les vagues de chaleur s'intensifient. Selon un rapport de Grundfos, les besoins énergétiques des centres de données européens devraient plus que tripler d'ici à 2030, passant de 10 à 35 gigawatts. Leur part dans la consommation totale d'électricité en Europe, aujourd'hui d'environ 3 %, pourrait grimper entre 7 et 9 % à la fin de la décennie.

Cette croissance rapide fait peser une pression considérable sur les ressources locales ; les systèmes de refroidissement absorbent environ 38 % de l'électricité de ces installations et mobilisent d'énormes quantités d'eau. Grundfos estime que les besoins des centres de données peuvent atteindre entre 11 356 et 18 927 mètres cubes d'eau par jour pour les plus grandes infrastructures, soit l'équivalent de la consommation 155 000 foyers européens.

Grundfos affirme que l'Europe doit impérativement concilier ses ambitions en matière d'IA et de cloud computing avec les limites de ses ressources en eau et en énergie. L'entreprise a déclaré que si le développement de ces infrastructures numériques n'est pas rigoureusement coordonné, la mauvaise implantation ou l'inefficacité des centres risquent d'aggraver les problèmes d'approvisionnement et de susciter une vive opposition de la part du public.

Le désastre sanitaire causé par les centres de données pour l'IA

Une étude a quantifié ces impacts en dollars via des indicateurs comme le coût social du carbone, mesurant le préjudice économique de chaque tonne de CO2 émise. Il en résulte que le coût réel des centres de données dépasse largement leur prix d'achat. Il ne s'agit pas d'argent, mais de la santé des personnes vivant à proximité. En 2025, les dommages environnementaux causés par les centres de données ont coûté 25 milliards de dollars à l'économie.

Environ 3,7 milliards sont directement liés aux activités d'IA menées dans ces centres. Selon le rapport de l'étude, ce coût représente une externalité, c'est-à-dire une conséquence indirecte de l'activité économique qui impose des coûts à des tiers n'étant pas directement impliqués dans l'activité initiale.

Ces chiffres ne correspondent pas à des dépenses médicales directes ou à des impôts, mais reflètent la valeur économique attribuée à la réduction de l'espérance de vie et aux décès prématurés causés par l'impact environnemental de ces installations. L'auteur indique : « en ce qui concerne la consommation électrique des centres de données, les coûts externes liés à la production d’électricité sont supportés par les consommation exposés aux PM2,5 ».

Nicholas Muller fait référence aux particules fines inhalables qui peuvent présenter de graves risques pour la santé des communautés locales, notamment des maladies pulmonaires, des troubles cardiaques et, dans certains cas, des taux plus élevés de mortalité prématurée. « L'impact des gaz à effet de serre, quant à lui, se manifeste sur le long terme et représente donc une externalité supportée par les générations futures », a expliqué l'auteur.

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Avatar de RenarddeFeu
Membre averti https://www.developpez.com
Le 02/07/2026 à 2:28
Investissement assez inutile vu que la Corée n'a pas les scientifiques de haut niveau permettant le développement de l'IA contrairement à la Chine et aux USA.
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