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Meta est en train de royalement foirer le lancement à l'international de ses lunettes connectées Ray-Ban,
L'entreprise tente un rattrapage en suspendant un paywall intégré à ces « lunettes de pervers »

Le , par Patrick Ruiz

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Les lunettes connectées Ray-Ban Meta Display (avec écran intégré) sont sorties aux États-Unis le 30 septembre 2025 au prix de 799 USD. En mars dernier, les rapports faisaient déjà état de 7 millions de ventes. Leur lancement international (notamment en France et en Europe) était prévu pour début 2026, mais il a été repoussé en raison de contraintes réglementaires sur lesquelles l’entreprise doit s’arrimer. En effet, une question que ni les partenariats avec Prada ni les LED de signalement ne peuvent résoudre : comment protéger la vie privée de ceux qui ne portent pas ces lunettes ?

La situation est telle que les Ray-Ban (et dispositifs similaires) portent désormais le nom péjoratif de « lunettes de pervers »

Les lunettes connectées Ray-Ban de Meta, équipées de caméras et d'une IA, suscitent aujourd'hui une controverse si vive que de nombreux utilisateurs préfèrent désormais les laisser chez eux. Cette forte réticence s'explique en partie par la profonde méfiance du grand public à l'égard du géant mondial des réseaux sociaux. Meta possède en effet un historique marqué par la mauvaise utilisation des données personnelles et des informations biométriques.

Le cas le plus connu de violation de données par Meta est le scandale Cambridge Analytica. L'intégration controversée de technologies de reconnaissance faciale dans ces lunettes n'a fait que renforcer les craintes légitimes liées à la surveillance et aux violations de la vie privée.

La réputation de ces appareils a été particulièrement détériorée par des usages malveillants. De nombreux influenceurs, majoritairement masculins, se sont servis de ces lunettes pour filmer discrètement et sans leur consentement des femmes qu'ils tentaient de séduire, dans le seul but de publier ces vidéos sur Internet. D'autres individus sont allés jusqu'à faire du chantage en tentant d'extorquer de l'argent aux personnes enregistrées secrètement.

Une enquête de la BBC a identifié des centaines de vidéos enregistrées sans consentement par des dizaines d’influenceurs à l’aide de lunettes connectées. Des hommes filmaient secrètement des femmes dans des salles de sport, sur les plages et dans les transports en commun, accumulant ainsi des millions de vues en ligne. Un homme a secrètement filmé une femme, diffusé les clips sur les réseaux sociaux, puis exigé un paiement pour les supprimer.

Bien sûr, Meta et les autres fabricants ne disposent d'aucun moyen pour empêcher les usages malveillants, si ce n'est de compter sur la bonne moralité des utilisateurs. En raison de ces dérives extrêmement aliénantes pour le public, ces appareils sont désormais fréquemment qualifiés de « lunettes de pervers ».

Meta présente ses lunettes connectées comme la réponse immédiate à tout, mais la réalité s'apparente davantage à un épisode de Black Mirror. Pour les femmes qui se trouvent de l'autre côté de l'objectif, la façon dont ces lunettes combinent une base de données et une caméra en fait un cauchemar de surveillance high-tech et intrusif. Lorsque vous enregistrez une vidéo avec votre smartphone, vous devez le tenir à la main. Il est à la vue de tout le monde.

Cette posture indique clairement que vous filmez. Mais les lunettes connectées sont conçues pour passer inaperçues, prêtes à enregistrer à tout moment. Meta que « la LED qui s’allume chaque fois que quelqu’un prend une photo ou enregistre une vidéo indique clairement aux autres que l’appareil est en train d’enregistrer ». Toutefois, sur les réseaux sociaux, des bricoleurs clandestins montrent déjà comment masquer le témoin lumineux de ces appareils.


L’entreprise tente un rattrapage en suspendant un mur de monétisation intégré à ces dernières, suite à une vague de critiques

De multiples rapports font état de la suspension par Meta de son test d'abonnement payant pour le mode « Conversation Focus » de ses lunettes connectées.

L’entreprise avait discrètement annoncé que la fonctionnalité « Conversation Focus » de ses lunettes connectées serait bientôt limitée à trois heures d’utilisation par mois, à moins que vous ne souscriviez à un abonnement Meta One Premium à 19,99 dollars.

Elle avait ensuite insisté sur le fait qu’aucun abonnement ne sera nécessaire pour utiliser vos lunettes. Elle promettait alors à ce moment de se contenter de simplement de mettre en place une espèce de « limite de débit » pour certaines fonctionnalités d’IA. Ainsi, même les abonnés Premium ne devaient bénéficier que que de 15 heures de « Conversation Focus » par mois dans le cadre de ladite limite.

Le problème est que la fonctionnalité « Conversation Focus » qui amplifie la voix de votre interlocuteur pour vous permettre de mieux l’entendre dans les environnements bruyants, ne devrait en aucun cas faire l’objet d’une telle limitation, car elle n’utilise pas les serveurs de Meta. Elle fonctionne directement sur l’appareil, en utilisant les puces intégrées aux lunettes que vous avez déjà achetées.

Même si une fonctionnalité telle que « Conversation Focus » est traitée en local sur l'appareil (au travers des puces intégrées à vos lunettes connectées Ray-Ban Meta), Meta l'a néanmoins associée à un système d'accès payant via votre application compagnon et votre compte synchronisé dans le cloud.

Votre application compagnon synchronise en permanence vos données d'utilisation vers les serveurs de l'entreprise. Elle comptabilise le nombre de minutes ou d'heures que vous passez à utiliser la fonctionnalité intégrée à l'appareil et compare ce chiffre à votre quota mensuel (par exemple, 3 heures pour les utilisateurs gratuits contre 15 heures pour les abonnés premium).

Dès que vous atteignez votre seuil d’utilisation local, votre application pour smartphone connectée coupe l’accès ou affiche une invite vous invitant à vous abonner. Vos lunettes se connectent à votre profil, détectent que le compte n’a pas souscrit à la mise à niveau premium et bloquent la commande en question.

Le logiciel applique nativement ces limites via des contrôles d’authentification. Même lorsque le traitement ne s’effectue pas à distance, les lunettes n’exécuteront pas la fonctionnalité sans un jeton d’authentification valide et payant émis par les serveurs de Meta. D’avis de nombreux observateurs, les Ray-Ban de Meta allongent la liste des cas dits d’enshittification de la filière Tech ou de dégradation des services en ligne au travers de mécanismes visant à maximiser le profit des entreprises

Et vous ?

Quelles sont les entreprises à classer dans le lot de celles susceptibles de gagner la palme d’or des désastres informatiques imposés pour servir leurs intérêts ? Partagez vos anecdotes

Voir aussi :

Enshitification du web et de la Tech : le palmarès des désastres informatiques imposés pour servir les intérêts des big tech au travers de l'atteinte au droit de propriété et la mode des abonnements

Mark Zuckerberg a proposé de remettre le compteur d'amis Facebook de tout le monde à zéro pour améliorer la pertinence de la plateforme, révèle le procès antitrust qui pourrait l'obliger à vendre Instagram

Pour Mark Zuckerberg, il n'est pas question d'envisager le démantèlement de Facebook, le PDG penche plutôt pour une « régulation d'internet »
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 12/08/2026 à 13:25
Le praticien a déclaré ne pas enregistrer la séance
Si c'est pas pour enregistrer, à quoi est-ce que le port de lunettes connectées peut bien lui servir???

Est-ce un médecin qui a fait passé ses examens universitaires à une IA au lieu d'apprendre les bases de la médecine et il se voit aujourd'hui obligé de se référer aux cours qu'il n'a jamais lu en toute discrétion???
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Avatar de kain_tn
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 12/08/2026 à 21:06
Citation Envoyé par Artaeus Voir le message
Je ne vois pas en quoi un abus clair et très spécifique doit aboutir à une interdiction complète et générale ...
Il est tout simplement interdit de filmer en consultation, que cela soit avec une caméra de surveillance, un téléphone ou même une go-pro.
Disons que quand tu portes une go-pro ou un téléphone, ça se voit tout de suite... Ce n'est pas forcément le cas avec des lunettes connectées.
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 30/07/2026 à 13:51
Comment protéger la vie privée de ceux qui ne portent pas ces lunettes?
Il n'y a pas de "comment", il est tout simplement IMPOSSIBLE de protéger la vie privé... Parce ce que l'on oublie de dire, c'est que ces lunettes ne sont pas seulement munies d'une caméra, mais également de micro!!!

Le porteur peut donc filmer et enregistrer les conversations de tous ceux qui passent à sa proximité...

Ces lunettes violent les lois en vigueur dans l'ensemble des pays du continent européen... Pas de problème aux USA, il suffit aux sociétés US de "graisser la patte" à Trump et aux membres de sa famille pour que les lois en vigueur soient modifiées en leur faveur... Exemple avec Tesla qui est responsable directement de la mort de plusieurs dizaines de personnes avec son pseudo système de conduite autonome et jamais inquiété par la justice...
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Avatar de totozor
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 13/08/2026 à 7:59
Pour moi les choses sont simples : des données particulièrement critiques sont évoquées pendant une consultations : des données médicales.
Ces données ne doivent pas être mises à disposition de Meta ou de toute autre société.

Et ce n'est pas parce qu'elles sont mal protégées en nominal qu'on doit ouvrir grand les portes de la grande surface.
D'autant plus quand on sait ce que Facebook a déjà fait de nos données par le passé.
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Avatar de totozor
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 31/07/2026 à 7:16
D'autant plus qu'il est probablement parmi les buts non avoués de Meta de récolter des informations sur les personnes qui ne portent pas ces lunettes.
Rappelons que Facebook créait "des comptes masqués" de personnes qui n'utilisaient l'application.
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Avatar de TJ1985
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 06/08/2026 à 12:50
Ça m'agace, je voulais en acheter une paire pour garder une trace objective du comportement de mes chats. Mais dans ce contexte, je renonce... et je comprends pourquoi l'opticienne a qui j'avais posé la question m'avait regardé d'un air bizarre !
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 14/08/2026 à 11:19
Citation Envoyé par totozor Voir le message
Ces données ne doivent pas être mises à disposition de Meta ou de toute autre société.
Les données des "neuneux" qui utilisent des app pour enregistrer leur données physiologiques ou pour gérer des programmes d'entrainement physique finissent où?

Petit indice: Bon nombre de ces app sont mises gratuitement à disposition par des assureurs maladie quand ce ne sont pas ces mêmes assureurs maladie qui signent de discrets contrats avec les éditeurs tiers de ces app!!!

---

Ces app et leur données "baladeuses" sont même un risque pour les services de sécurité: A plusieurs reprises, des dirigeants politiques comme le président américains ont pu être localisés grâce aux membres de leur service de sécurité allant faire un jogging avec dans la poche une petite app bien pratique... Pour l'adversaire!
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Avatar de totozor
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 17/08/2026 à 7:40
Citation Envoyé par Anselme45 Voir le message
Les données des "neuneux" qui utilisent des app pour enregistrer leur données physiologiques ou pour gérer des programmes d'entrainement physique finissent où?
Je suis d'accord mais il y a un monde entre installer Strava sur son GSM pour faire un concours de quequette avec les voisins.
Et un médecin qui met à disposition les données de ton dossier médical sans que tu n'ai même été informé du début du risque.
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Avatar de Access_to_folder
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 01/08/2026 à 6:34
Citation Envoyé par totozor Voir le message
D'autant plus qu'il est probablement parmi les buts non avoués de Meta de récolter des informations sur les personnes qui ne portent pas ces lunettes.
De manière générale, tel il a été développé, il a le problème du consentement à la captation (par exemple un traitement automatisé qui n'utiliserait que certaines données sans les enregistrer mais capterait malgré tout des données biométriques : exemple : les détecteurs de panneaux de limitation de vitesse de certains navigateurs à la conduite, qui n'ont que pour but de détecter un panneau sur la route, n'enregistre pas, mais capte des personnes sur la route), du consentement à l'enregistrement de la captation (exemple : les Google Cars qui parcourent le moindre coin du monde, captent et enregistrent des personnes, qui apparaissent floutées post traitement, et la personne même floutée, dans un contexte, peut être aisément reconnues), et le consentement de la diffusion (souvenez vous jadis des débuts de Picassa, qui détectait sur des photos des visages non référencés ... Cela fait longtemps que techniquement, il est possible pour des plateformes de diffusion de contenus : réseaux sociaux, ... de détecter des visages, savoir si c'est un de leurs usager (empreinte biométrique dans profil) et bloquer toute publication sans que le tiers concerné sur la photo diffusée n'ait donné accord par signature numérique à la diffusion de cette photographie).
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Avatar de Artaeus
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 12/08/2026 à 15:33
Je ne vois pas en quoi un abus clair et très spécifique doit aboutir à une interdiction complète et générale ...
Il est tout simplement interdit de filmer en consultation, que cela soit avec une caméra de surveillance, un téléphone ou même une go-pro.
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