Choisir son PC pour le développement

Que ce soit pour un PC de bureau ou un PC portable, le choix de la configuration peut être assez compliqué. Ce guide est là, pour vous aider à mieux choisir votre prochain PC de développement.

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I. Introduction

Vous êtes développeur et vous souhaitez acheter un nouveau PC pour vos futurs développements. Ce guide vous aidera à mieux déterminer quelle est la configuration répondant à vos besoins.

Cet article mentionne les PC. Il est évident qu’un développeur souhaitant développer une application pour macOS ou pour iOS devra s’orienter vers l’achat d’un Mac. Toutefois, avec une moindre liberté dans les possibilités de configuration, les conseils prodigués dans cet article restent valides.

II. Configuration

En réalité, pour le développement, vous n’avez pas nécessairement besoin d’une machine de guerre (sauf besoin très spécifique). En effet, même une machine vieille de six ans pourra suffire pour écrire du code. Toutefois, il existe deux cas où vous pourriez avoir besoin d’une machine plus puissante, ou comportant un matériel spécifique :

  • un développement nécessitant des technologies spécifiques (Vulkan, DirectX, OpenGL, CUDA, OpenCL, extensions d’instructions CPU…) ;
  • le besoin de lancer des machines virtuelles.

II-A. CPU

Pour le processeur, c’est principalement un choix lié au prix et au constructeur : Intel ou AMD. Globalement, les performances sont équivalentes chez les deux constructeurs. Cela est d’autant plus vrai avec les derniers correctifs liés aux failles CPU.
En bref, choisissez un CPU Intel i3/i5/i7/i9 ou un CPU AMD Ryzen et qu’il soit de dernière génération ou de la génération précédente.

Au moment de l’écriture de cet article, les Ryzen de troisième génération d’AMD offrent des performances équivalentes au i3/i5/i7/i9 de neuvième génération d’Intel.

Le nombre de cœurs du processeur est un important paramètre pour les tâches hautement parallèles (notamment la compilation de programme). C’est une caractéristique qui pourra aider à départager deux CPU.

Un processeur ayant une enveloppe thermique plus haute aura une meilleure puissance brute et apportera donc un gain de performance non négligeable. Évidemment, cela impactera l’autonomie (pour un PC portable) et la température du PC pouvant entraîner des ralentissements (throttling).

II-B. Disque dur

Le choix se fera entre les disques durs mécaniques et les SSD. Ces derniers apportent un important gain de rapidité à l’ouverture du système et des applications.

Microsoft recommande un SSD dans la configuration pour Visual Studio, et ce, depuis la version 2017.

Pour la capacité des SSD, il est recommandé d’avoir au moins 256 Go, surtout si vous utilisez Windows. Avec Linux, un disque de 128 Go pourra suffire. Si vous souhaitez exécuter des machines virtuelles, vous aurez besoin de beaucoup plus d’espace (pour les disques durs des machines virtuelles) et vous aurez donc besoin d’un disque de plus grande capacité. Sachant que les prix des SSD montent rapidement suivant leur capacité, un disque plateau sera préférable dans ce cas.

Pour les disques durs des machines virtuelles, la meilleure solution serait de les placer sur un NAS. Évidemment, si vous optez pour un PC portable, cette solution pourrait devenir une contrainte : indisponibilité de la machine virtuelle en déplacement.

Alors que la vitesse des SSD s’exprime en mégaoctets par seconde, les disques durs étant limités par la mécanique interne, leur vitesse est quantifiée par leur nombre de tours par minute. Bien qu’il soit toujours possible de trouver des disques durs fonctionnant à 5400 tours par minute dans les PC portables en raison de leur faible consommation, il est préférable d’opter pour un disque dur fonctionnant au minimum à 7200 tours par minute.

II-B-1. Connectique

Alors que la connectique des disques durs plateau est simple : SATA, les SSD ont nécessité de nouvelles connectiques afin d’exploiter au maximum leurs performances. Ainsi, on retrouve :

  • des disques SSD en SATA (généralement au format 2,5’’ comme pour les disques durs classiques) ;
  • des disques SSD à connecter en PCI Express, comme pour les cartes d’extensions.  ;
  • des disques SSD au format M.2, à connecter sur un port dédié. Les extensions à connecter en M.2 ont, elles aussi, plusieurs formats (quatre longueurs de carte). Il faut donc vérifier la compatibilité de la carte mère avec le disque.

Deux normes de communication existent pour les disques SSD connectés en PCI Express : le SATA III et le NVMe. Le SATA III est limité à environ 600 Mo par seconde et est souvent l’élément limitant du débit de transfert. Quant au NVMe, il offre assez de bande passante pour que la vitesse de transfert dépende du disque et non pas de la communication. Ainsi, en NVMe il est possible d’atteindre des débits jusqu’à 6 fois plus important qu’en SATA III.

II-C. Mémoire vive

Le minimum sera de 8 Go. Toutefois, 16 Go est toujours préférable, surtout si vous utilisez des machines virtuelles.

II-D. Carte graphique

La carte graphique dédiée n’est pas obligatoire. Les puces graphiques intégrées au CPU suffiront à la plupart des besoins. Évidemment, si vous comptez développer des programmes reposant sur OpenGL, Vulkan ou DirectX ou si vous comptez utiliser un moteur de jeux vidéo, la carte graphique dédiée deviendra incontournable.

Si vous devez développer avec CUDA, vous devez obligatoirement prendre une carte graphique NVIDIA.

II-E. Réseau

Les connecteurs RJ-45 (Ethernet) supportent couramment les débits allant jusqu’à 1 Gbit. Il est possible de trouver quelques rares configurations proposant des connexions plus rapides.

Certains PC portables ne disposent pas de port RJ-45. Il faudra donc utiliser un adaptateur (USB vers RJ-45).

Pour le Wi-Fi, le Wi-Fi 5 (802.11ac) ou plus récent est privilégié afin d’avoir de bons débits. Ce dernier peut être directement intégré à la carte mère. Autrement, vous pouvez utiliser une carte en PCI-Express ou en M.2 ou plus simplement, une clé USB WiFi.

Il ne faut pas oublier que le débit peut aussi bien être limité par le reste de l’infrastructure, notamment par le routeur auquel vous vous connectez. En effet, il est encore courant de trouver des liaisons filaires 100 Mbit, ou du Wi-Fi ne proposant pas de bande 5 GHz.

II-F. Clavier

Évidemment, le clavier est un périphérique essentiel au programmeur. Notamment, le choix portera sur les particularités suivantes :

  • agencement des touches (AZERTY/QWERTY…) ;
  • emplacement des touches (certains PC portables n'ont pas la touche « Menu » placée entre le Ctrl droit et le Alt Gr, d’autres ont le Ctrl gauche à droite de la touche Fn) ;
  • le mécanisme du clavier : mécanique, à membrane. Pour les claviers mécaniques, il y a plusieurs interrupteurs, ayant chacun une résistance et une réactivité propre ;
  • le rétroéclairage (le RGB peut être vu comme gadget, mais le rétroéclairage simple peut être quant à lui utile).

Le choix du clavier reste une préférence personnelle qui ne peut être guidée. Pour faire le meilleur choix, il est toujours possible de tester en magasin.

II-G. Fixe ou portable ?

Ce choix est évidemment suivant votre préférence, tant que vous vous sentez à l’aise lors de vos sessions de travail.
Pour le PC portable, sachant que vous n’avez pas besoin d’une machine de guerre : vous pouvez donc choisir une machine ayant une haute autonomie. Évidemment, la taille, le poids et la disponibilité du pavé numérique sont des aspects à prendre en compte.

Il est aussi nécessaire de vérifier les connectiques disponibles. En effet, il peut rapidement devenir obligatoire d’acheter des adaptateurs (USB vers le port non proposé par défaut) ou des hubs USB pour augmenter le nombre de ports. En effet, vous devrez sûrement connecter un clavier, une souris ou même un écran externe.

II-H. Écran

II-H-1. Taille physique

La taille physique de l’écran doit être choisie en corrélation avec la résolution. Cependant, il y a quelques contraintes pour assurer un confort optimal :

  • ne pas dépasser 24 pouces pour les résolutions 1920 x 1080 ;
  • ne pas dépasser 27 pouces pour les résolutions 1440p ;

Du côté des portables, la taille de l’écran impactera sur l’encombrement (taille et poids) de la machine.

II-H-2. Résolution

Le mieux sera de choisir un écran 4K permettant d’aligner plusieurs fenêtres sur la surface. Toutefois, vérifiez bien que votre configuration permet l’affichage d’images 4K. Normalement, les CPU d’Intel à partir de la huitième génération gèrent ces résolutions.

Si votre budget ne permet pas d’opter pour un écran 4K, vous pouvez aussi choisir deux ou trois écrans identiques. Toutefois, dans ce cas, vous aurez une coupure inévitable séparant les écrans. Pour éviter la coupure, vous pouvez aussi considérer les écrans très larges.

Il est aussi possible de mettre un des écrans en position verticale. Par contre, tous ne proposent pas cette fonctionnalité.

N’oubliez pas de vérifier la compatibilité entre les sorties vidéo du PC et les entrées de l’écran, ainsi que leur nombre.

Du côté des portables, la résolution la plus répandue est de 1920 x 1080. Quelques constructeurs proposent des résolutions originales (telles que la Surface de Microsoft) et d’autres proposent du 4K, mais la surface reste petite pour une telle résolution.

II-H-3. Type de dalle

Vous avez le choix parmi trois types de dalles :

  • Twisted Nematic (TN) ;
  • Vertical Alignment (VA) ;
  • In-Plane Switching (IPS).

Les dalles TN sont déconseillées pour les programmeurs. Les dalles VA et IPS apportent de meilleurs contrastes et offrent un angle de vision plus large. Entre VA et IPS, les dalles VA offrent de meilleures constrates, mais un angle de vision réduit.

II-H-4. Dalle tactile

Il est possible de trouver des écrans tactiles sur des PC portables. Toutefois, l’utilisation du touché est loin d’être optimale sur les systèmes d’exploitation pour PC (à l’inverse des téléphones portables) et revient alors à une fonctionnalité gadget.

Seul un artiste voulant faire de la peinture numérique pourrait opter pour une dalle tactile. Toutefois, il prendra aussi en compte :

  • le respect des couleurs ;
  • la qualité du tactile (notamment pour l’utiliser avec un stylet).

III. Terminal

Une alternative, certes moins courante, existe dans le choix de PC. En effet, avec l’amélioration des connexions Internet et sans fil, il est maintenant possible d’opter pour un terminal léger qui se connectera à une machine dans le cloud. Cette dernière peut embarquer une puissance dépassant tout type de machine personnelle, tout en permettant de travailler quasiment de n’importe où.
Ainsi, même si le PC servant de terminal est en panne ou volé, vous ne perdez rien de votre travail.

Ce terminal nécessitera juste une configuration peu puissante. Par contre, la connectivité (WiFi, câble, 3G/4G), le poids, la taille d’écran et l’autonomie seront des caractéristiques à mettre au premier plan.

IV. Fiabilité

L’achat d’un PC est un investissement et celui-ci doit être rentabilisé sur la durée. D’autant plus que perdre (suite à une panne) son matériel informatique peut aussi vouloir dire perdre ses données, telles qu’un important travail.

Certains constructeurs offrent des gammes de produits pour lesquels la fiabilité est mise en avant. Nous pouvons ainsi retrouver des cartes mères estampillées « PRO », des alimentations plus fiables, des disques durs avec une garantie étendue ou avec un taux d’erreur plus faible (notamment pour les NAS), de la mémoire à correction d’erreur ECC (notamment pour accompagner les CPU Intel Xeon).
De la même façon, il est possible de comparer le prix des extensions de garantie et estimer que si une garantie est moins chère, c’est que le constructeur sait que, statistiquement, il a moins de retours sur telle ou telle gamme.

Même si certains composants proposent une meilleure fiabilité, il ne faut pas les privilégier pour autant. Ceux-ci peuvent apporter des caractéristiques certes intéressantes, mais superflues pour un simple poste de développement.

V. Où acheter ?

Trouver un PC est relativement simple. Déjà, vous pouvez trouver des machines rien qu’en allant dans les grandes surfaces. Toutefois, les configurations vont du bas au milieu de gamme, alors que les prix montent rapidement. Par contre, vous ne trouverez pas les pièces pour monter votre PC vous-même.

Ensuite, vous pouvez chercher des configurations dans des chaînes spécialisées dans le matériel informatique (LDLC, Materiel.net, PC Specialist…). Vous y trouverez toutes les gammes de PC, ou encore, vous aurez la possibilité d’acheter les pièces individuellement.

Finalement, vous pouvez aussi vous monter une machine sur mesure, soit en achetant les pièces individuellement, soit en passant par un assistant de configuration (généralement proposé sur le site du revendeur).

Les sites marchands ne proposent pas toujours l’envoi à destination de votre pays. Dans ce cas, vous pouvez contourner le problème en utilisant un service de réexpédition (par exemple : ColisExpat).

VI. Ressources utiles

La documentation officielle d’Intel (appelée Ark) permet de connaître avec grand détail la capacité du CPU en question. Ainsi, vous pourrez vérifier si le CPU de votre choix supporte OpenGL, OpenCL, quel type de mémoire…
AMD propose une documentation similaire sur cette page.

La société BackBlaze publie chaque année un rapport de fiabilité des disques durs qu’elle utilise. Évidemment, l’utilisation de ces disques est particulière et les disques choisis ne représentent pas nécessairement l’intégralité des produits disponibles pour tel ou tel constructeur.

VII. Conclusion

Ce document offre une vision claire permettant de déterminer quel PC conviendra ou ne conviendra pas aux développeurs. Toutefois, outre l’aspect programmation et informatique, le choix du PC peut être dirigé par d’autres aspects tels que le budget, ou les autres utilisations du PC (jeux vidéo, par exemple). En bref, c’est en déterminant quel est l’usage que vous en ferez, que vous trouverez la meilleure des configurations.

VIII. Remerciements

Je tiens à remercier les relecteurs techniques ayant permis de grandement améliorer le contenu de cet article. Donc, un grand merci à : gaby277, chrtophe, Pierre Fauconnier, andry.aime et dourouc05.
Évidemment, je remercie aussi Claude Leloup pour sa relecture orthographique.

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