Le PDG de Phison Electronics l'a dit sans détour dans une interview : la crise mondiale de la mémoire va provoquer des faillites en cascade dans l'électronique grand public d'ici la fin de l'année. Ce n'est plus une alerte de circonstance. C'est le constat brutal d'un acteur central de la chaîne d'approvisionnement mondiale des semi-conducteurs, qui voit depuis son poste d'observation privilégié comment l'intelligence artificielle aspire littéralement toute la production mondiale de DRAM et de NAND flash, laissant les fabricants de smartphones, de PC et de téléviseurs à court de composants, de trésorerie, et bientôt peut-être d'avenir.Dans un message publié sur X (ex-Twitter), le PDG d'Epic Games, Tim Sweeney, a déclaré que la flambée des prix de la mémoire vive, due à la demande des acteurs de l'IA qui détournent la production de DRAM, aura un impact sur le marché des jeux vidéo haut de gamme pendant des années. (Le kit Crucial Pro 32 Go DDR5 de Micron a vu son prix doublé en l'espace d'un mois.)
Plusieurs grands constructeurs de PC ont récemment signalé des hausses de prix imminentes des desktops et des laptops, liées à la pénurie de RAM provoquée par la demande croissante de l’IA. Lenovo aurait notamment averti ses distributeurs de la fin de ses tarifs actuels début 2026, tandis que Dell envisagerait des augmentations d'au moins 15 % à 20 %.
Selon IDC, la hausse des prix des modules de mémoire RAM pourrait entraîner une contraction du marché des PC pouvant atteindre 9 % en 2026, les fabricants répercutant cette hausse sur les clients. Même dans un scénario modéré, la firme d'analyse prévoit une baisse de près de 5 % des livraisons de PC, avec un impact plus important si les contraintes d'approvisionnement persistent. La capacité de production étant de plus en plus détournée vers les composants d'intelligence artificielle (IA) à forte marge, les appareils grand public traditionnels sont confrontés à une offre plus restreinte, à des prix plus élevés et à un ralentissement des cycles de remplacement.
Une interview-choc aux accents de prophétie industrielle
Le 13 février 2026, une chaîne taïwanaise diffusait une interview exclusive de Pua Khein-Seng, PDG de Phison Electronics, l'un des plus grands fabricants mondiaux de contrôleurs pour SSD et mémoire NAND. En chinois, sans sous-titres anglais, l'entretien est passé relativement inaperçu en Occident avant qu'un résumé traduit ne circule sur X (ex-Twitter) et ne mette le feu aux poudres dans la communauté tech mondiale.
Les propos de Pua Khein-Seng ne décrivent pas une fluctuation temporaire du marché, mais bien une pénurie structurelle et de long terme qui devrait persister au moins jusqu'en 2030, et potentiellement une décennie entière selon sa propre estimation. Ce n'est pas la première fois que le dirigeant tape dans cet angle : dès octobre 2025, dans une interview au magazine taïwanais CommonWealth, il avait déclaré : « La NAND va faire face à des pénuries sévères l'année prochaine. Je pense que l'offre restera tendue pendant les dix prochaines années. »
Mais les révélations de février 2026 sont d'une tout autre nature. Cette fois, le PDG de Phison ne parle plus seulement de prix ou de marges. Il évoque des faillites à venir : « De nombreux fabricants de systèmes vont faire faillite ou abandonner des lignes de produits faute de mémoire d'ici la fin de l'année. La production de téléphones mobiles sera réduite de 200 à 250 millions d'unités, et la production de PC et de téléviseurs sera significativement amputée. » Des chiffres qui donnent le vertige.
La mécanique d'une crise annoncée
Pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut remonter à la genèse de ce que certains observateurs ont commencé à appeler la « RAMpocalypse » ou le « memory supercycle ». L'IA générative, après avoir dévoré les GPU en 2023 et 2024, s'attaque désormais à la mémoire avec la même voracité.
Depuis 2022, les entreprises cloud ont massivement sécurisé des GPU pour entraîner leurs modèles. Mais l'entraînement utilise principalement de la HBM (High Bandwidth Memory) et consomme peu de flash. Maintenant que ces modèles semblent avoir atteint une certaine maturité, la phase d'inférence est en train de décoller, et c'est là que la NAND flash devient la ressource critique. Comme le résume Pua Khein-Seng : « Pour gagner de l'argent, il faut des utilisateurs. Les utilisateurs créent des données. Les données doivent être stockées. Ce qui signifie que les data centers doivent étendre leur capacité de stockage pour la prochaine décennie. »
L'ampleur de ce transfert structurel vers le stockage flash est illustrée par un exemple particulièrement frappant cité par le PDG de Phison. Si les GPU Vera Rubin de Nvidia s'écoulent à des dizaines de millions d'unités, chacun nécessitant plus de 20 To de SSD, cela consommerait à lui seul environ 20 % de la production mondiale annuelle de NAND de l'année dernière, sans même compter le stockage des données générées ensuite.
Parallèlement, un autre phénomène aggrave la situation côté DRAM. Samsung et SK Hynix ont démonté leurs chaînes de fabrication de NAND pour installer à la va-vite des lignes de production de DRAM, créant par ricochet une pénurie de SSD dès la fin 2025, qui devrait se prolonger jusqu'à la fin 2026. Ce jeu de vases communicants entre les deux types de mémoire illustre à quel point la...
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calvaire,

Faite d’abords des bons modèles d'ia, construisez des datacenters et ensuite peut etre vous pourrez vous pencher sur la réglementation. Parce que moi perso mes modèles sont soit américains ou chinois, j'en ai 0 qui vient de l'ue.