Mark Zuckerberg a une vision dystopique d'une société surveillée, puisqu'il prévoit d'intégrer des risques pour la vie privée avec la reconnaissance faciale dans les lunettes connectées de Meta L'Union américaine pour les libertés civiles (American Civil Liberties Union, ACLU) a récemment partagé son avis sur la reconnaissance faciale dans les lunettes connectées Ray-Ban et Oakley de Meta. L'ACLU affirme que Mark Zuckerberg, PDG de Meta, a une vision dystopique d'une société surveillée. L'ACLU déclare notamment : « Mark Zuckerberg et sa famille n'auront pas à subir les conséquences de la technologie que son entreprise s'apprête à déverser sur le monde, car c'est un milliardaire qui n'interagit pas avec notre société de la même manière que nous. » L'ACLU encourage à agir pour riposter contre les risques importants en matière de vie privée et de sécurité du projet de Meta.
Sept millions de paires vendues en 2025, une LED quasi invisible, des employés sous-traitants qui visionnent vos images en temps réel et un projet de reconnaissance faciale baptisé « Name Tag » : les lunettes connectées de Meta cristallisent toutes les tensions entre innovation technologique et respect de la vie privée. Ces lunettes ne ressemblent presque à rien d'autre qu'à de banales Ray-Ban Wayfarer, et c'est précisément le problème. Les lunettes intelligentes illustrent de façon saisissante le paradoxe technologique permanent : l'innovation court en tête, tandis que les normes sociales et les cadres juridiques peinent à suivre.
Dans ce contexte, l'Union américaine pour les libertés civiles (American Civil Liberties Union, ACLU) a partagé son avis sur la reconnaissance faciale intégrée dans les lunettes connectées Ray-Ban et Oakley de Meta. L'ACLU est une association à but non lucratif américaine dont la mission est de « défendre et préserver les droits et libertés individuelles garanties à chaque personne dans ce pays par la Constitution et les lois des États-Unis ». Ses moyens d'actions sont les poursuites judiciaires, le lobbying législatif et l'éducation civile communautaire.
Dans son avis, l'ACLU affirme que Mark Zuckerberg, PDG de Meta, a une vision dystopique d'une société surveillée. Les lunettes de Meta posent déjà des risques importants en matière de vie privée et de sécurité, permettant à ceux qui les portent d’enregistrer secrètement des conversations et des rencontres sensibles. Le projet de Meta d’ajouter la reconnaissance faciale à ses appareils portables d’enregistrement audio et vidéo constituerait une escalade dramatique de ce risque.
L'ACLU déclare notamment : « Mark Zuckerberg et sa famille n'auront pas à subir les conséquences de la technologie que son entreprise s'apprête à déverser sur le monde, car c'est un milliardaire qui n'interagit pas avec notre société de la même manière que nous. Mais nous autres, nous ne pouvons pas nous réfugier dans des avions privés, des propriétés privées ou derrière des murs gardés par des équipes de sécurité privées. Nous vivons dans la sphère publique, aux côtés de tous ces gens ordinaires qui tentent de se débrouiller dans la vie. »
Mark Zuckerberg a une vision dystopique d'une société surveillée
Vous marchez dans la rue quand vous entendez quelqu’un vous appeler par votre nom. Vous levez les yeux et voyez un homme que vous n’avez jamais rencontré auparavant, qui vous sourit. Il vous demande si vous « soutenez toujours le meurtre de bébés » et si vous voulez dire quelque chose à ses followers qui regardent en ligne.
Vous êtes dans le bus, en train de lire les actualités sur votre téléphone, quand vous remarquez un groupe d’hommes qui rient et vous montrent du doigt. L’un d’eux s’approche. Il vous dit que vous êtes jolie et vous demande si vous voulez sortir avec lui. Vous répondez non et vous détournez le regard. En réponse, il vous appelle par votre nom, débite votre adresse personnelle et votre lieu de travail, et vous avertit de ne pas être si impolie avec des gens qui essaient simplement d’être gentils.
Vous êtes à la fête d’anniversaire de l’amie de votre fille, en train de discuter avec les autres parents, quand l’une d’entre elles vous prend au dépourvu. Elle mentionne qu’elle connaît beaucoup d’anciens élèves de votre alma mater et dit qu’elle serait ravie de vous présenter à eux puisque vous êtes nouvelle en ville. Vous trouvez cela étrange car vous n’avez jamais rencontré cette femme auparavant, et vous vous demandez comment elle en sait autant sur vous.
Heureusement, ce genre de rencontres dérangeantes est rare dans notre société actuelle. Mais si Meta, la société de Mark Zuckerberg, parvient à ses fins, elles deviendront notre nouvelle norme. En effet, selon une note interne de l’entreprise divulguée au New York Times plus tôt cette année, la société prévoit d’ajouter la reconnaissance faciale à ses lunettes connectées à Internet Ray-Ban et Oakley.
Selon l'ACLU, les lunettes de Meta posent déjà des risques importants en matière de vie privée et de sécurité, permettant à ceux qui les portent d’enregistrer secrètement des conversations et des rencontres sensibles. Le projet de Meta d’ajouter la reconnaissance faciale à ses appareils portables d’enregistrement audio et vidéo constituerait une escalade dramatique de ce risque. L'ACLU affirme : « Transformer des lunettes en logiciels espions serait une atteinte à la vie privée véritablement dystopique. Toute personne portant ces lunettes serait en mesure d’identifier et d’extraire secrètement les informations personnelles de quiconque elle croise — dans la rue, à l’école, dans les transports en commun, chez le médecin, lors de manifestations politiques, lors de rassemblements sociaux, et partout ailleurs. »
Meta a démontré qu’on ne pouvait pas lui faire confiance pour gérer nos données de manière responsable ; ces dernières années, l’entreprise a versé des milliards de dollars en amendes et en règlements pour avoir violé la vie privée des utilisateurs. Sa note interne sur la technologie de reconnaissance faciale, divulguée au New York Times, montrait clairement que l’entreprise savait qu’elle ferait face à une vive réaction et décrivait un plan cynique pour l’étouffer. C’est le moment idéal pour Meta de lancer ce produit dangereux, indique la note, car les organisations de la société civile qui s’y opposeraient normalement sont trop occupées à lutter contre la montée de l’autoritarisme aux États-Unis pour pouvoir agir.
Comment l'ACLU riposte au projet de Meta ?
Mi-avril 2026, l’ACLU et plus de 70 organisations alliées ont adressé une lettre à Mark Zuckerberg, PDG de Meta, et à ses partenaires chez EssilorLuxottica, la société mère de Ray-Ban et Oakley, les appelant à abandonner leur projet d’intégrer la reconnaissance faciale à leurs lunettes. Comme l’indique la lettre, cette technologie présente des risques inacceptables pour nous tous, mais surtout pour les personnes les plus vulnérables de notre société et les groupes historiquement marginalisés.
L'ACLU déclare : « Vous pouvez nous aider en contactant directement Meta et en transmettant vous-même ce message. Nos partenaires et nous-mêmes travaillons d’arrache-pied pour utiliser le pouvoir de notre démocratie afin de garantir que l’avenir de la technologie joue en notre faveur, et non contre nous, et que les lois sur la protection de la vie privée soient rédigées par nous, et non pour nous par des milliardaires déconnectés de la réalité comme Mark Zuckerberg. »
Dans l'état du Massachusetts aux États-Unis, l'ACLU rapporte qu'elle s'associe à des législateurs de l'État de tous horizons politiques pour élaborer une législation sur la protection des données des consommateurs qui interdirait à des entreprises comme Meta de collecter les données biométriques, sauf si cela est strictement nécessaire pour fournir un service demandé. Il est important de noter que cette législation empêcherait Meta d'utiliser la reconnaissance faciale pour identifier et suivre les personnes à travers leurs lunettes, à moins qu'elles n'aient explicitement demandé à l'entreprise de le faire.
Plusieurs autres États disposent déjà de lois strictes en matière de protection des données, notamment l'Illinois, où les particuliers ont le droit de poursuivre les entreprises en justice pour violation de leurs droits à la confidentialité biométrique. Dans d'autres États, le procureur général a le pouvoir de faire respecter les lois existantes en matière de protection de la vie privée et des consommateurs. L'ACLU encourage les américains à contacter les procureurs généraux pour demander d'utiliser leurs pouvoirs afin d'enquêter et de mettre un terme aux projets de Meta.
Cet avis de l'ACLU rappelle celui de l'Electronic Frontier Foundation (EFF). En mars 2026, l'EFF a mis en garde contre le fait que les enregistrements réalisés avec les lunettes intelligentes de Meta pourraient non seulement être visibles par l'utilisateur, mais également accessibles à Meta, à des sous-traitants tiers, voire aux forces de l'ordre. Si ces lunettes permettent d'enregistrer sans les mains, elles soulèvent d'importantes questions concernant la surveillance constante, le partage des données et le risque d'abus. L'EFF invite ainsi les consommateurs à y réfléchir à deux fois avant d'acheter ou d'utiliser les lunettes Ray-Ban de Meta.
L'ACLU conclut : « En partie grâce au pouvoir des lobbyistes des géants de la tech, nous n’avons pas de loi fédérale sur la protection de la vie privée qui interdirait à une entreprise comme Meta de collecter nos données biométriques contre notre gré ou de les utiliser pour mettre en place ce type de surveillance dystopique. Mais cela ne signifie pas que nous devons accepter la vision de l’avenir des milliardaires. Nous conservons le pouvoir démocratique de riposter — et c’est exactement ce que font l’ACLU et nos alliés. »
À propos de l'ACLU
Depuis plus de 100 ans, l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) œuvre sans relâche devant les tribunaux, au sein des assemblées législatives et au sein des communautés pour défendre et préserver les droits et libertés individuels garantis par la Constitution, la Déclaration des droits et les lois des États-Unis.
Source : ACLU du Massachusetts
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