L'industrie traverse une crise majeure marquée par une explosion des prix de la mémoire vive (DRAM) et du stockage. Cette situation est principalement causée par une demande insatiable pour les infrastructures d'IA, incitant les fabricants comme Samsung, Micron et SK Hynix à privilégier les puces à haute performance dédiée à l’IA au détriment des produits grand public. Les dirigeants anticpent sur une extension de cette pénurie de RAM jusqu’en 2028.Lors de la conférence de résultats de Micron du 30 septembre 2026, son PDG Sanjay Mehrotra a officiellement déclaré que les pénuries de mémoire (DRAM) allaient s'aggraver en 2027 et 2028. De son côté, la direction de Samsung Electronics (notamment son directeur financier et ses vice-présidents) a également confirmé lors de ses récents bilans financiers que la pénurie s'intensifierait, excluant tout retour à l'équilibre avant 2028.
Les dirigeants anticipent sur une aggravation de la situation en raison du siphonage de la production par l’intelligence artificielle (entre autres facteurs)Nvidia isn't the bottleneck. Memory is.
— NPC Guy (@corj1k) September 25, 2026
Every AI chip needs HBM bolted on, and it's sold out. Three firms make ~88% of it. RAM is booked through 2027.
AI doesn't stall on GPUs. It stalls on memory. pic.twitter.com/eBawjopbey
Pour faire tourner les modèles d'intelligence artificielle, les géants de la filière technologique s'arrachent la mémoire à haute bande passante (HBM), beaucoup plus lucrative pour les fabricants. Or, fabriquer de la mémoire HBM3E ou HBM4 consomme environ 3 fois plus de plaquettes de silicium (wafers) que la RAM classique (DDR5). Chaque ligne de production allouée à l'intelligence artificielle détruit donc le triple de capacité pour les PC et smartphones grand public.
Les limites physiques des usines (salles blanches) font partie des autres raisons mises en avant par les responsables. Augmenter la production globale prend énormément de temps. Micron et Samsung investissent des centaines de milliards de dollars, mais les nouvelles usines et zones hautement contrôlées (salles blanches) n'entreront en service qu'entre fin 2028 et 2030.
Certains de ces entreprises se retirent même déjà de certains de leurs segments grand public. Devant l'explosion des marges sur les serveurs, Micron a purement et simplement abandonné une partie du marché grand public (en fermant notamment sa marque grand public Crucial) pour dédier 100 % de sa production de pointe aux centres de données.
La réalité actuelle est que les carnets de commandes sont déjà complets. Micron a annoncé avoir déjà vendu la quasi-totalité de sa production de 2027 à des tarifs très élevés à des entreprises comme Nvidia, OpenAI ou Microsoft.
Cette rareté extrême engendre des hausses de prix massives (le prix de certains modules serveurs a été multiplié par 5 en un an), ce qui va se répercuter par une hausse importante du prix des ordinateurs individuels et des smartphones d'ici début 2027.
Cette flambée des prix de la mémoire vive crée un contexte économique et technique particulièrement favorable aux systèmes d'exploitation open source, principalement LinuxSamsung did not raise most of its phones. In the US it raised Galaxy S26 prices: about $100 on the 256GB and 512GB models, and $200 on the 1TB Ultra. The S26 FE stayed put. Huawei told Bloomberg prices will have to rise too, moderately, because memory costs are up. That is a… pic.twitter.com/IYC6oAEtou
— News Gurus🦉 (@NewsGurus) October 1, 2026
Le marché informatique grand public et professionnel fait face au problème de l’obsolescence logicielle de Windows et à celle induite des PC censés tourner sous Windows :
- Les PC neufs deviennent excessivement chers en raison du coût de la mémoire vive
- L'arrêt définitif du support de Windows 10 pousse vers Windows 11, un système qui exige au minimum 4 Go de RAM (et en pratique 8 à 16 Go pour tourner de manière fluide avec les outils d'IA natifs comme Copilot). De nombreuses entreprises et particuliers se retrouvent avec des parcs informatiques parfaitement fonctionnels mais jugés obsolètes par Microsoft.
C’est là qu’entre en jeu Linux. Là où Windows a besoin de toujours plus de mémoire pour faire tourner ses services en arrière-plan, une distribution Linux moderne peut redonner vie à un ordinateur équipé de seulement 2 Go ou 4 Go de RAM. Face à l'impossibilité financière de rajouter des barrettes de RAM (devenues hors de prix), basculer sur Linux devient la solution la plus rationnelle pour garder sa machine performante.
Pour les gestionnaires de parcs informatiques, l'équation devient purement financière. Acheter des milliers de licences Windows et mettre à niveau la RAM des ordinateurs au prix fort est un gouffre financier. Migrer vers un écosystème Linux permet de geler les investissements matériels en attendant la fin de la pénurie vers 2028.
Ironiquement, la pénurie de RAM est causée par l'infrastructure Cloud et l'IA, des secteurs où Linux règne déjà en maître absolu (plus de 90 % des serveurs mondiaux). Moins de RAM disponible pour le grand public signifie que le calcul va davantage se déporter vers le Cloud et ce, sur des serveurs tournant sous Linux.
En somme, la crise de la RAM agit en principe comme un frein violent à la course à l’accès à Windows. Cela offre à Linux une opportunité historique de s'imposer chez les particuliers et les professionnels comme l'alternative de la résilience économique.
Et vous ?
Que pensez-vous de la situation actuelle de la filière IT faite de pénurie de mémoire vive ? Y voyez-vous aussi une opportunité pour des systèmes d’exploitation comme Linux de décoller dans la filière des ordinateurs de bureau ?Voir aussi :
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