Vous êtes nouveau sur Developpez.com ? Créez votre compte ou connectez-vous afin de pouvoir participer !

Vous devez avoir un compte Developpez.com et être connecté pour pouvoir participer aux discussions.

Vous n'avez pas encore de compte Developpez.com ? Créez-en un en quelques instants, c'est entièrement gratuit !

Si vous disposez déjà d'un compte et qu'il est bien activé, connectez-vous à l'aide du formulaire ci-dessous.

Identifiez-vous
Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ?
Créer un compte

L'inscription est gratuite et ne vous prendra que quelques instants !

Je m'inscris !

Huawei prévoit le lancement de son prochain téléphone sans les applications populaires de Google, notamment Maps et YouTube,
Le smartphone n'aura pas non plus accès à Google Play

Le , par Stan Adkens

104PARTAGES

11  0 
Malgré l’interdiction américaine qui a privé Huawei d’importantes licences, le géant chinois des télécommunications veut progresser dans ces activités smartphone. Huawei prévoit le lancement de nouveaux smartphones haut de gamme en Europe, même s’ils ne pourront pas être alimentés par le système d'exploitation officiel Android de Google et des applications populaires telles que Google Maps et YouTube en raison de l’interdiction américaine, selon Reuters.

Un porte-parole de Google a confirmé à Reuters que le Mate 30 ne peut pas être vendu avec des applications et services Google sous licence en raison de l'interdiction américaine des ventes à Huawei. Un sursis temporaire annoncé par le gouvernement américain la semaine dernière ne s'appliquant pas aux nouveaux produits tels que le Mate 30, selon le porte-parole.

En effet, la première période de sursis qui a expiré le 19 août dernier a été renouvelée pour 90 jours supplémentaires. Pendant cette période, le Département américain du Commerce permet à Huawei de continuer d'acheter des produits de fabrication américaine. Cette décision a pour but de permettre au fabricant d’équipement de télécommunication de soutenir des clients existants dans le secteur des téléphones intelligents et de l'infrastructure cellulaire afin de réduire au minimum les perturbations liées à l’interdiction. Mais cette exemption ne s’applique pas au nouveau Huawei Mate 30.


Le Mate 30, conçu pour fonctionner sur les nouveaux réseaux mobiles 5G, est le premier smartphone phare de Huawei depuis que l'administration du président américain Donald Trump l'a effectivement mis sur liste noire à la mi-mai, alléguant qu'elle est impliquée dans des activités qui compromettent la sécurité nationale américaine, une accusation que la société nie. Selon une source familière avec le sujet, le géant chinois va présenter sa nouvelle gamme de téléphones Mate 30 le 18 septembre à Munich.

Google pouvait demander la permission d'offrir ses applications à Huawei, mais Reuters ne dit pas s’il l’a fait. Toutefois, aucune des plus de 130 demandes de licences reçues par le Département américain du Commerce de la part des entreprises pour vendre des marchandises américaines à Huawei n'a été accordée, selon Reuters. Cela signifie également que le prochain téléphone Huawei n'aura pas accès au magasin d'applications Google Play, ce qui pourrait laisser les clients sans accès à d'autres applications populaires.

Bien que Huawei ait été ajouté à la liste noire en réponse à des préoccupations sécuritaires, l'incertitude qui entoure le Mate 30 ne pourrait être levée que si un accord est trouvé dans le cadre de la guerre commerciale qui fait rage entre Pékin et Washington depuis plusieurs mois – le président Trump avait indiqué cela par le passé.
Selon Reuters, Huawei a dit dans une déclaration : « Huawei continuera à utiliser l'OS et l'écosystème Android si le gouvernement américain nous y autorise. Sinon, nous continuerons à développer notre propre système d'exploitation et écosystème. »

L’entreprise a mis en ligne un site Web nommé « Huawei Answers » pour répondre aux préoccupations des consommateurs concernant la relation de l'entreprise avec Android. On peut lire sur ce site ce qui suit :

« Tous les smartphones, tablettes et ordinateurs Huawei continueront de recevoir les correctifs de sécurité, les mises à jour Android et le support technique de Microsoft.

« Quiconque a déjà acheté ou est sur le point d'acheter un smartphone Huawei peut continuer à accéder au monde des applications comme ils l'ont toujours fait. Tous les appareils continuent d'être couverts par la garantie de notre fabricant et bénéficieront d'une assistance technique complète en conséquence ».

Huawei, qui est seulement à quelques semaines du premier lancement majeur de smartphone depuis l'application des restrictions américaines en mai dernier, compte également sur les autres équipements du nouveau téléphone. Selon Reuters, le cerveau de la ligne Mate 30, le chipset Kirin 990, sera officiellement dévoilé le 6 septembre par Richard Yu, le plus haut responsable des consommateurs de Huawei, lorsqu'il prononcera le discours d'ouverture du salon IFA à Berlin. Le Kirin 990 a été développé par HiSilicon, l'unité des puces de Huawei, à partir des plans du designer britannique ARM Holdings.

ARM fait partie des entreprises qui ont suspendu leurs activités avec Huawei après l'interdiction américaine parce que ses conceptions contiennent des technologies d'origine américaine. Mais selon Reuters, Huawei a déclaré la semaine dernière qu'il est propriétaire perpétuel de la licence ARMv8 et que les puces basées sur cette licence, y compris le Kirin 990, ne seraient pas affectées par cette interdiction.

ARM n’a pas répondu à une demande de commentaire de Reuters concernant sa relation avec Huawei. La société s’est contentée de dire que « ARM continue de se conformer aux dernières restrictions du Département du Commerce américain et nous nous conformons aux directives relatives aux types spécifiques de conversations autorisées, techniques ou autres ».

Huawei pourra-t-il vendre sa ligne Mate 30 sans Google Services ?

Huawei peut toutefois utiliser une version open source d'Android sans enfreindre l'interdiction de vente des États-Unis. Mais les applications de Google ne peuvent être utilisées en Europe que sous une licence payante du géant de la recherche.


Selon les analystes, le lancement sans les applications de Google en Europe sera un coup dur. « Sans Google Services, personne n'achètera l'appareil », a déclaré l'analyste indépendant Richard Windsor.

En effet, les consommateurs s'attendent à avoir accès à toutes les principales applications auxquelles ils sont habitués, y compris Maps et YouTube. Sans elles, les téléphones de Huawei sembleront beaucoup moins attrayants. Et ne pas accéder au Play Store signifie que Huawei devra fournir aux clients un autre moyen d'accéder à d'autres applications populaires telles que Facebook, Twitter et WhatsApp.

Ces dernières années, Huawei s'est rapidement hissée au sommet de l'industrie mondiale des smartphones grâce à son matériel de haute qualité, et l'Europe a été un marché clé. Mais l'interdiction américaine a eu un impact négatif sur la part de marché de Huawei en Europe qui est passée de 24,9 % au premier trimestre 2019 à 19,3 % au deuxième trimestre, selon les chiffres de Counterpoint Research.

Huawei a également annoncé plus tôt ce mois-ci son propre système d'exploitation mobile, baptisé Harmony OS. Mais les analystes et les dirigeants de Huawei sont sceptiques quant au fait qu'il s'agit d'une alternative viable à Android.

Lancer un produit majeur en Europe sans les applications Google sera un véritable défi pour Huawei. Quel avenir est réservé à la ligne Mate 30 de Huawei sans le magasin de jeu en ligne ?

Sources : Reuters, Huawei Answers

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Quel commentaire faites-vous du lancement de Mate 30 sans les services Google ?
« Tous les smartphones, tablettes et ordinateurs Huawei continueront de recevoir les correctifs de sécurité, les mises à jour Android … ». Qu’en pensez-vous ?
Quel avenir prévoyez-vous pour la branche smartphone de Huawei avec Harmony OS ?

Lire aussi

Les États-Unis accordent à Huawei 90 jours supplémentaires pour acheter auprès de fournisseurs américains, afin de permettre aux consommateurs américains d'être prêts à s'éloigner du matériel Huawei
Huawei aurait arrêté sa production de smartphones après son ajout sur la liste noire des Etats-Unis, en pleine guerre commerciale avec la Chine
Google met une pause à sa collaboration avec Huawei : plus de PlayStore, plus de Gmail pour les futurs smartphones Android du constructeur chinois
ARM coupe ses liens avec Huawei à cause des sanctions US, ce qui menace la capacité du Chinois à concevoir de nouvelles puces pour ses smartphones

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-le nous !

Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 11/10/2019 à 4:52
Les États-Unis envisageraient de subventionner les concurrents européens de Huawei,
le pays aurait envisagé de porter son soutien aux européens Ericsson ou Nokia

Même si Huawei ne parle presque plus de ses déboires avec l’administration Trump et semble déterminé à survivre après la rupture de ses rapports commerciaux avec les entreprises américaines, Washington n’a peut-être pas encore fini avec sa campagne de boycott qu’il a entamé vis-à-vis de l’entreprise chinoise. Selon des informations rapportées par le média britannique Financial Times, les États-Unis envisageraient de subventionner les concurrents européens de Huawei à l'instar du finlandais Nokia et du suédois Ericsson.

Donald Trump et son administration ont accusé le chinois Huawei de fabriquer des équipements qui pourraient permettre à la Chine d’espionner les autres gouvernements dans le monde et d’autres systèmes sensibles. Résultat, le président américain a signé un décret en mai dernier qui a placé l’entreprise chinoise sur une liste noire. Elle est interdite, du moins jusqu’à nouvel ordre, de nouer des partenariats commerciaux avec les entreprises américaines, une situation qui a eu pour effet de déclencher une guerre commerciale entre Pékin et Washington.

Le président américain a voulu étendre sa campagne de boycott vis-à-vis de Huawei vers le reste du monde, notamment vers l’Europe en prévenant sur les dangers que représente l’utilisation des équipements du chinois, mais plusieurs pays européens comme l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont refusé de suivre les USA dans leur décision. Néanmoins, Trump et son administration semblent déterminés à poursuivre la guerre contre Huawei, cette fois en donnant du soutien et du poids à certaines entreprises européennes qu'ils jugent capables de concurrencer Huawei.

À en croire les récentes informations rapportées par le quotidien londonien Financial Times, l’administration Trump pourrait envisager de subventionner (à travers des crédits) les concurrents de Huawei, à savoir le suédois Ericsson et le finlandais Nokia (qui a avalé le franco-américain Alcatel-Lucent) pour les rendre plus attractifs auprès des opérateurs télécom. Selon les analyses du journal, ce geste revient à admettre que Huawei est clairement le moins cher. Cela pourrait aussi signifier que malgré la position actuelle délicate de Huawei, bon nombre d’opérateurs télécom dans le monde ont tout de même du mal à le concurrencer.


Selon le Financial Times, Washington serait prêt à délivrer des crédits à Ericsson et Nokia pour leur permettre de mieux résister au géant chinois. Parallèlement, les États-Unis tentent de convaincre des sociétés américaines de se lancer sur le marché des équipements 5G. Le Financial Times a expliqué que l'objectif de Washington est de permettre à ces entreprises de s'aligner commercialement avec Huawei qui propose des conditions de financement généreuses (grâce au soutien des banques de Pékin) à ses clients et des délais de paiement plus longs.

Washington s’est-il rendu compte de son échec dans sa campagne de boycott des équipements de Huawei ? Si la démarche annoncée par le Financial Times s’avère être vraie, cela pourrait signifier que les USA n’ont pas pu évincer Huawei de sa position de leader mondial sur le marché des équipements 5G, ce malgré la panoplie de barrières commerciales dirigées contre l’entreprise. Si l’on doit se référer à certaines bouches indiscrètes proches du dossier, cela représente une préoccupation majeure à l’heure actuelle de la Maison-Blanche.

« C’est l’une des grandes préoccupations du gouvernement à l’heure actuelle. Tout le monde, du département de la Défense au département du Commerce en passant par le département de la Sécurité intérieure, examine la question », a déclaré au Financial Times une source proche du dossier. La Maison-Blanche a toutefois refusé de commenter le sujet. D’autres sources ont également indiqué qu’une autre alternative évoquée par Washington serait la création d'un champion local. Mais la tâche s’avère plus compliquée qu’on pourrait le croire.

Pour certains, on ne s'improvise pas équipementier 5G, un domaine ultra-technique et très coûteux, en seulement quelques mois. Il est bien trop tard pour réagir, d'ailleurs d’autres acteurs concernés comme Oracle ou Cisco auraient poliment décliné. Nokia et Ericsson ont refusé de commenter l'article du Financial Times. Par contre, interrogé par BFM Business sur la question, le président de la branche française d’Ericsson a réfuté les dires selon lesquels Huawei aurait deux ans d'avance sur ses concurrents en 5G. Selon lui, il n’y a aucune évidence pour affirmer cela.

« Nous avons signé 47 accords de partenariats avec des opérateurs dont 26 sont déployés ou sont en cours de déploiements et 19 sont allumés sur les quatre continents, ce qui représente la moitié des réseaux 5G ouverts commercialement dans le monde », a déclaré Franck Bouétard, PDG d’Ericsson France. En juillet dernier, Huawei revendiquait 50 accords. Franck Bouétard a aussi ajouté qu'Ericsson est leader en matière de contributions de brevets (49.000), « il n'y a donc pas d'évidence que Huawei a deux ans d'avance sur ses concurrents en 5G ».

Un coup de pouce de l'administration américaine serait-il inutile ? Les opérateurs télécom restent pragmatiques. Le déploiement rapide de la 5G à coûts maîtrisés est stratégique. Une étude a montré cette année que sans les fournisseurs chinois, les déploiements coûteront 62 milliards d'euros de plus et provoquerait un retard de 18 mois en Europe. « Si nous concentrons nos efforts sur deux acteurs, je pense que c'est une position malsaine, non seulement pour nous en tant qu'industrie, mais également pour l'infrastructure nationale du pays », avait déclaré Nick Read, PDG de Vodafone en février dernier.

Sources : BFM Business, Financial Times

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?

Voir aussi

Trump signe un décret pavant le chemin vers le blocage d'Huawei aux USA, la France assure qu'elle n'a pas l'intention de faire la même chose

Abandonner les équipements Huawei retarderait le déploiement de la 5G en Europe « de probablement deux ans », selon le PDG de Vodafone

La 5G européenne coûterait environ 62 milliards $ supplémentaires si les fournisseurs chinois sont bannis, d'après un groupe de lobbying des télécoms
7  0 
Avatar de yahiko
Rédacteur/Modérateur https://www.developpez.com
Le 11/10/2019 à 7:59
Subventionner Ericsson et Nokia ? Pourquoi pas, à condition que l'argent aille dans la R&D (les ingénieurs) et pas dans la poche des dirigeants et des commerciaux...
8  1 
Avatar de Jon Shannow
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 11/10/2019 à 9:24
Citation Envoyé par pboulanger Voir le message
Subventionner des entreprises privées, ce n'est pas interdit par l'OMC? Les US ont bien fait condamner Airbus pour ça récemment, non?
Trump la loi c'est seulement quand ça l'arrange...
Pour une fois, je dirais que Trump est dans la même ligne que ses prédécesseurs. Les lois internationales ne sont valables pour les USA que si ça les arrange.
7  0 
Avatar de pboulanger
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 11/10/2019 à 8:58
Subventionner des entreprises privées, ce n'est pas interdit par l'OMC? Les US ont bien fait condamner Airbus pour ça récemment, non?
Trump la loi c'est seulement quand ça l'arrange...
6  0 
Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 20/10/2019 à 20:48
Huawei affirme que des entreprises américaines ont manifesté leur intérêt pour l'octroi de licence pour sa technologie 5G,
Alors que la firme demeure sur a liste noire américaine, selon un rapport

Alors que le géant chinois de la technologie Huawei est toujours sous le coup des sanctions américaines, la firme serait actuellement engagée dans des pourparlers préliminaires avec certains opérateurs de télécommunications américains au sujet de l'octroi d'une licence pour sa technologie de réseau de cinquième génération (5G), a révélé un nouveau rapport de Reuters. Le géant mondial des télécommunications, qui avait annoncé qu’il continuerait à développer sa technologie malgré les difficultés, a parié ses chances de succès aux Etats-Unis sur l'octroi d'une licence pour sa technologie de réseau 5G à des opérateurs télécom américains.

Selon Reuters, Vincent Pang, vice-président sénior et directeur du conseil d'administration de l'entreprise, a déclaré que certaines entreprises américaines avaient exprimé leur intérêt pour une opération à long terme ou un transfert unique, sans donner plus de détails sur les noms ni le nombre des sociétés concernées. Lors d’une visite à Washington plus tôt cette semaine, M. Pang a déclaré ceci :

« Il y a des entreprises qui nous parlent, mais il faudrait un long voyage pour vraiment tout finaliser ». « Ils ont montré de l'intérêt », a-t-il ajouté. M. Pang a aussi indiqué que les conversations ne datent que de quelques semaines et n'ont pas encore atteint un niveau détaillé.


Les entreprises auraient entamé des discussions avec Huawei alors que la société chinoise est toujours sur la liste noire commerciale américaine. En mai dernier, le ministère américain du Commerce a ajouté le plus grand fournisseur mondial d'équipement de télécommunications et 70 autres entreprises alliées sur cette liste, les interdisant de faire affaire avec les entreprises américaines sans licence spéciale. Les raisons évoquées étaient d’ordre de la sécurité nationale, Huawei étant soupçonné d’être en lien avec les autorités, l’armée, le renseignement chinois, et le gouvernement américain craignant que l'équipement Huawei puisse être utilisé à des fins d’espionnage.

Washington a également porté des accusations criminelles contre l'entreprise, alléguant des fraudes bancaires, des violations des sanctions américaines contre l'Iran et des vols de secrets commerciaux. Huawei a plusieurs à plusieurs reprises nié ces accusations, mais cela n’a rien changé jusqu’à présent. Selon Reuters, les règles qui devaient être publiées par le ministère du Commerce au début de ce mois devraient effectivement bannir l'entreprise de la chaîne d'approvisionnement des télécommunications aux États-Unis.

Le gouvernement américain a mené une campagne en fin de l’année dernière pour convaincre ses alliés d’interdire Huawei du processus de mise en place de leurs réseaux 5G. Mais alors que le président américain Donald Trump a annoncé en avril que la course à la 5G est ouverte et que l'Amérique doit gagner, le fait est qu'il n'y a actuellement aucun fournisseur américain de réseaux 5G. Outre Huawei, les seuls autres fournisseurs 5G sont les sociétés européennes Nokia et Ericsson, qui pratiquent des prix beaucoup plus élevés que Huawei, selon Reuters.

Les sanctions ont impacté durement les activités internationales de Huawei, mais les firmes américaines en souffrent aussi. Selon un rapport du New York Times qui date de juin, les entreprises américaines de technologie contournaient l’interdiction du gouvernement américain pour continuer de vendre des composants au géant chinois des télécommunications. De nouvelles entreprises d’intelligence artificielle chinoises, clients des sociétés américaines, ont également été ajoutées à la liste noire plus tôt ce mois, pour sanctionner Pékin pour son mauvais traitement des minorités musulmanes, a rapporté Reuters.

Huawei avait proposé de concéder sous licence sa technologie 5G à des sociétés américaines

Ce nouveau développement est intervenu dans l’affaire après que Ren Zhengfei, PDG et fondateur de la société, ait proposé le mois dernier, lors d'une interview accordée au New York Times, de concéder sous licence sa technologie 5G à des sociétés américaines afin qu'elles puissent développer leur propre industrie 5G. En effet, M. Zhengfei a proposé cette offre, permettant de concéder sous licence sa technologie avec une redevance unique comprenant l'accès au brevet 5G de Huawei, les licences, le code et le support.

Dans l’interview, M. Zhengfei avait dit qu’ « Il n'y a aucune restriction sur ce dont nous serions prêts à discuter avec le ministère de la Justice ». « Huawei est ouvert à partager nos technologies et techniques 5G avec des entreprises américaines afin qu'elles puissent développer leur propre industrie 5G. Cela créerait une situation équilibrée entre la Chine, les États-Unis et l'Europe », a-t-il ajouté.


Cette offre pourrait permettre à l'acheteur de modifier le code source, ce qui signifie que ni Huawei ni le gouvernement chinois n'auraient le contrôle d'aucune infrastructure de télécommunications construite à l'aide des équipements produits par la nouvelle société. Pourtant, aux Etats-Unis, une telle idée sera impopulaire étant donné la guerre commerciale qui fait rage entre Washington et Pékin depuis plusieurs mois déjà, et les problèmes avec Huawei. Dans une interview accordée à Reuters le mois dernier, un représentant du département d'État a exprimé son scepticisme à l'égard de l'offre du fondateur de Huawei.

« Il n'est tout simplement pas réaliste que les opérateurs adoptent cet équipement et gèrent ensuite tous les logiciels et le matériel eux-mêmes », a déclaré la personne. « S'il y a des bogues logiciels qui sont intégrés au logiciel initial, il n'y a aucun moyen de savoir s'ils sont présents et ils pourraient être activés à tout moment, même si le code logiciel est remis aux opérateurs mobiles », a ajouté le responsable.

Plus tôt cette année, l’opérateur de télécommunication britannique Vodafone avait constaté que des vulnérabilités étaient présentes dans les équipements Huawei depuis un bon bout de temps et pourraient permettre, entre temps, au fournisseur d’avoir accès à certaines installations de Vodafone en Italie et dans d'autres pays d'Europe. Vodafone avait interrompu le déploiement de l'équipement Huawei dans ses réseaux centraux en janvier, en attendant que les gouvernements occidentaux accordent à l'entreprise chinoise une autorisation de sécurité complète. Ces failles de sécurité avaient été constatées pour la première fois dans les équipements fournis par la société chinoise à l’activité italienne de Vodafone en 2011.

Bien que M. Zhengfei ait fait une offre exceptionnellement généreuse pour sortir de l'impasse avec les États-Unis et que les opérateurs de télécommunications américains aient exprimé leur intérêt, il est toujours possible que les pourparlers préliminaires s'enlisent pour plusieurs autres raisons, étant donné le contexte actuel. M. Pang n’a pas non plus voulu prédire si un éventuel accord pourrait être signé. Toutefois, il a averti que l'investissement en recherche et développement nécessaire pour améliorer continuellement la plateforme après un transfert unique de Huawei serait très coûteux pour les entreprises. Cependant, l’offre de Huawei n’est-elle pas une meilleure option pour les opérateurs américains ?

Source : Reuters

Et vous ?

Quels commentaires faites-vous de l’intérêt des sociétés américaines pour la licence de la technologie 5G de Huawei ?
Pensez-vous que les autorités américaines permettront que les firmes américaines acquièrent cette licence ?

Lire aussi

Les Etats-Unis élargissent leur liste noire pour inclure les principales startups d'IA chinoises, avant les pourparlers commerciaux de cette semaine
Les sociétés américaines de technologie contournent l'interdiction de Trump, pour continuer à vendre les composants à Huawei, selon un rapport
Abandonner les équipements Huawei retarderait le déploiement de la 5G en Europe « de probablement deux ans », selon le PDG de Vodafone
Les motifs avancés par Trump pour justifier l'embargo contre Huawei sont inacceptables, les USA auraient-ils bluffé depuis le début ?
6  0 
Avatar de Christian Olivier
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 19/11/2019 à 9:38
Les États-Unis prolongent de 90 jours supplémentaires la période de grâce durant laquelle Huawei est autorisé
À faire des affaires avec les entreprises américaines

L’administration Trump a publié ce lundi un nouvel arrêté qui prolonge de 90 jours (désormais jusqu'en février 2020) « la période de grâce » durant laquelle elle autorise les entreprises américaines à faire des affaires avec l’entreprise chinoise Huawei Technologies, a récemment rapporté Reuters. Le média précise qu’en parallèle, les régulateurs américains s’attèlent à l’élaboration de nouvelles dispositions réglementaires permettant d’encadrer les entreprises de télécommunications qui présentent des risques de sécurité nationale.


Pour rappel, invoquant des préoccupations en matière de sécurité nationale l’administration Trump a pris des mesures extrêmes et sans précédent contre Huawei en mai dernier en mettant l’entreprise chinoise sous embargo. Ces mesures incluaient l’ajout du géant chinois des télécoms dans une liste noire (comme la société russe de cybersécurité Kaspersky auparavant) qui contraint les entreprises étasuniennes à ne plus faire affaire avec Huawei, à moins d’avoir une autorisation officielle préalable. Cette décision avait poussé de nombreuses entreprises technologiques américaines (Microsoft, Intel, ARM, Google…) à mettre un terme à leurs relations commerciales avec le second fabricant mondial de smartphones qui occupe près du quart du marché dans la zone EMEA.

Par la suite, le département américain du Commerce avait fini par autoriser temporairement Huawei à continuer à faire des affaires avec ses homologues américains. La période de grâce initiale avait été fixée à 90 jours. L’administration Trump vient donc simplement de renouveler le moratoire qu’elle avait accordé au géant technologique chinois, en marge du bras de fer économique qui oppose Pékin à Washington depuis plusieurs mois, un conflit dans lequel la surenchère verbale, l’arrestation de hauts responsables de multinationales de part et d’autre et la manipulation des tarifs douaniers font partie des principaux instruments de cette confrontation économique. Il faut noter que la Maison-Blanche laissait jusque-là entendre qu’elle n’accorderait qu’un sursis supplémentaire de deux semaines au géant chinois à l’expiration du premier délai.

« L’extension de la licence générale temporaire permettra aux opérateurs de continuer à desservir des clients dans certaines des régions les plus reculées des États-Unis, qui seraient autrement laissés pour compte », a expliqué le secrétaire US du Commerce Wilbur Ross. Ce dernier précisera toutefois : « le Département continuera de surveiller rigoureusement les exportations de technologies sensibles pour s’assurer que nos innovations ne sont pas exploitées par ceux qui pourraient menacer notre sécurité nationale ».

Le département du Commerce examine également la possibilité d’octroyer des licences individuelles aux entreprises américaines qui souhaiteraient continuer à faire des affaires avec des entités sur liste noire comme Huawei, en attendant la publication par ses soins du plan d’application réclamé par le président Trump.

Parallèlement à ces annonces, l’entreprise technologique Huawei a souligné que cette prolongation n’aura de toute manière aucun d’impact substantiel sur les affaires du groupe, précisant que « cette décision ne change rien au fait que Huawei continue d’être traité injustement » : malgré la répression américaine, le chiffre d’affaires de l’entreprise chinoise était en hausse de 23 % au premier semestre de 2019. La firme qui serait déjà engagée dans des pourparlers avec un certain nombre d’opérateurs de télécommunications américains au sujet de l’octroi d’une licence pour sa technologie de réseau 5G soutient par ailleurs que la décision de l’inclure dans cette fameuse liste noire a causé plus de tort aux États-Unis qu’à Huawei, notamment un préjudice économique important aux entreprises US avec lesquelles le chinois fait affaire.

En ce qui concerne les smartphones, par exemple, Huawei pourrait très bien se passer de matériels en provenance des USA pour concevoir ses appareils, mais le faire sans logiciel américain serait plus difficile. La société a déjà dû livrer son Mate 30 Pro en Europe sans les applications Google traditionnelles, ce qui en fait l’un des rares smartphones Android du marché à être livré sans Google Maps, Gmail, YouTube, et la Play Store (qui donne accès à 2,8 millions d’applications Android). L’entreprise essaye malgré tout de mettre en avant différentes alternatives pour compenser : Huawei Mobile Services et HarmonyOS en sont de parfaits exemples. Mais il faudra encore du temps au groupe pour que ces solutions soient parfaitement au point et mieux connues des consommateurs.

Source : Reuters

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?

Voir aussi

Les motifs avancés par Trump pour justifier l'embargo contre Huawei sont inacceptables, les USA auraient-ils bluffé depuis le début ?
:fleche: Le chiffre d'affaires de Huawei est en hausse de 23 % au premier semestre de 2019, malgré la répression américaine
Les États-Unis envisageraient de subventionner les concurrents européens de Huawei, l'administration Trump voudrait porter son soutien aux européens Ericsson et Nokia
Huawei affirme que des entreprises américaines ont manifesté leur intérêt pour l'octroi de licence pour sa technologie 5G, alors que la firme demeure sur a liste noire américaine, selon un rapport
6  0 
Avatar de yahiko
Rédacteur/Modérateur https://www.developpez.com
Le 31/08/2019 à 8:48
Je suis très curieux de voir comment le Mate 30 va se vendre sans accès au Play Store.

On pourrait se dire que même si les parts de marché de Huawei vont continuer à dégringoler en Europe, la marque peut se maintenir en Asie et notamment en Chine, patriotisme économique oblige.
Ce qui pourrait lui donner du temps pour développer un écosystème alternatif à celui de Google.

Néanmoins, je doute que d'autres constructeurs de smartphones, comme Samsung par exemple, soient enclins à adopter l'OS et le store d'un de leur concurrent...
Pour que la sauce prenne, il faudrait que Huawei puisse rallier d'autres constructeurs.

Maintenant, quand on regarde l'état du marché, à part Apple (US) et Samsung (Corée), on peut constater que les autres principaux constructeurs sont chinois : Xiaomi, vivo et Oppo.
La partie pourrait ne pas être perdue donc, avec un effet boomerang qui serait de contribuer à l'émergence d'une réelle alternative aux Etats-Unis dans le domaine de la tech.
4  0 
Avatar de sylsau
Membre actif https://www.developpez.com
Le 21/09/2019 à 9:11
Apparemment, le bootloader du Mate 30 et du Mate 30 Pro pourrait être déverrouillé ce qui pourrait permettre à certains d'installer tout de même le Play Store et les autres services Google sur ces appareils.
Huawei pourrait même envisager de proposer un guide montrant aux utilisateurs les moins avertis comment réaliser cette opération.
Les prochains mois seront difficiles pour Huawei mais je pense qu'au final la perte de la licence Android est une opportunité unique pour Huawei qui a la puissance nécessaire pour créer un écosystème complet libéré de l'emprise Américain. J'en parle ici en détails si ça intéresse certains : https://medium.com/@ssaurel/the-loss...i-9d346ebcef59
3  0 
Avatar de bk417
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 31/08/2019 à 17:03
On a compris ton point de vue, mais tu n'expliques pas pourquoi.
Citer un produit n'est pas interdit à ce que je sache.
2  0 
Avatar de Fleur en plastique
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 19/11/2019 à 14:22
Donc la sécurité nationale soi-disant mise en danger par Huawei, ça peut attendre ?

Ou alors c'était juste un argument bidon, pour faire une guerre commerciale afin de montrer c'est qui qui a la plus grosse ? On s'en doutait. Mais maintenant, on en est sûrs.
2  0