
Intel est désormais une entreprise partiellement détenue par l'État. La société technologique qui conçoit et fabrique des puces informatiques, entre autres composants, a reçu 5,7 milliards de dollars en espèces dans le cadre de son accord d'investissement avec le président américain Donald Trump.
Pour rappel, la semaine du 18 août dernier, Intel a annoncé un accord avec le gouvernement américain qui permet à Washington de prendre une participation de 10 % dans l'entreprise autrefois florissante, aujourd'hui en difficulté. L'investissement de 8,9 milliards de dollars réalisé par l'administration Trump fait des États-Unis le le plus grand actionnaire d'Intel. Cependant, le gouvernement fédéral est un actionnaire passif, ce qui signifie qu'il ne dispose d'aucun droit de gouvernance, tel qu'un siège au conseil d'administration de l'entreprise.
Cet accord découle de subventions déjà accordées à Intel, mais qui n'ont pas encore été versées. Au lieu de lancer un nouveau plan d'investissement, la Maison-Blanche a converti les fonds du CHIPS Act et du programme Secure Enclave en actions, ce qui lui a permis d'acquérir près de 10 % du capital d'Intel. En résumé, les États-Unis n'ont rien payé pour ces actions, ce dont Donald Trump se félicite. Washington a en outre négocié un bon de souscription supplémentaire de 5 % au cas où Intel cesserait de détenir plus de 51 % de son activité de fabrication sous contrat.
L'investissement du gouvernement dans Intel intervient à un moment où l'ancien géant technologique est en train de prendre du retard sur ses concurrents tels que Nvidia dans la course mondiale à la fabrication de puces IA. En juin, Intel a annoncé des licenciements dans le cadre d'une campagne de réduction des coûts.
L'accord convertit tout ou partie des subventions allouées à l'entreprise dans le cadre de la loi bipartisane américaine « Chips and Science Act » en actions. Intel a reçu un total de 10,9 milliards de dollars de subventions au titre de cette loi pour la fabrication commerciale et militaire, que l'ancien président Joe Biden a promulguée en 2022. Le financement prévu par la loi CHIPS devait être réparti dans le temps et destiné à renforcer la fabrication nationale de puces informatiques d'Intel grâce à de nouveaux projets, notamment une nouvelle usine dans l'Ohio.
Ce nouvel accord est inhabituel compte tenu de l'importance traditionnelle accordée par les États-Unis au capitalisme de libre marché. Washington a généralement évité de prendre des participations directes dans des entreprises privées, mais Donald Trump n'a pas hésité à étendre l'autorité du gouvernement au secteur privé tout au long de son second mandat. Il avait initialement exigé qu'Intel licencie son PDG, Lip Bu-Tan, en raison de ses liens passés avec l'armée chinoise.
Historiquement, le gouvernement américain a toujours évité d'intervenir directement dans l'économie, sauf dans des cas particuliers présentant un danger énorme, comme lorsqu'il a pris des participations temporaires dans des constructeurs automobiles et de grandes banques pendant la crise financière de 2008.
Aujourd'hui, sous la présidence de Donald Trump, les États-Unis rejoignent la Chine dans la promotion des « champions nationaux », ces multinationales présentes dans des secteurs stratégiques qui servent les intérêts nationaux de leur gouvernement. La Semiconductor Manufacturing International Corporation (SMIC) est considérée comme le champion chinois de la fabrication de puces de pointe.
La prise de participation du gouvernement dans Intel est la dernière tentative du président Donald Trump d'intervenir dans l'industrie de la fabrication de puces. Au début du mois d'août, le gouvernement américain a annoncé un accord qui obligerait deux concurrents d'Intel, Nvidia et Advanced Micro Devices, à verser 15 % de leurs revenus provenant des ventes en Chine.
Cependant, la nature politique de l'accord entre Intel et Washington a suscité des inquiétudes chez les investisseurs. Certains ont en effet fait valoir que les pressions exercées par Donald Trump sur le PDG d'Intel, Lip-Bu Tan, avaient contraint l'entreprise à conclure ce deal.
Ces inquiétudes se sont intensifiées lorsque le président américain a présenté cet accord comme la preuve de son influence, affirmant que Lip-Bu Tan n'avait conservé son poste qu'en « cédant une participation de 10 milliards de dollars aux États-Unis ». Un résultat que certains actionnaires ont jugé déstabilisant.
Source : Déclarations du directeur financier d'Intel, David Zinsner, lors d'une conférence avec les investisseurs
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